Le moins que l'on puisse dire, c'est que nous ne sommes pas sortis de la crise, et que le pire est probablement devant nous. Jour après jour, l'inquiétant spectacle des temples du capitalisme, les bourses, nous conforte dans l'idée que les vraies victimes de ce bug généralisé sont d'abord, et seront de plus en plus, les salariés, les chômeurs et les retraités.
Alors l'agitation frénétique de ceux qui veulent sauver le système sans le remettre en cause, sous l'hypocrite prétexte que, ce faisant, ce sont les plus fragiles qu'ils préserveraient ne saurait nous satisfaire du statut de spectateurs impuissants dans lequel ils se complaisent à nous considérer.
Pour en sortir, il est bien sûr nécessaire que l'organisation de l'opposition offre de réelles alternatives. Maintenant qu'il est sorti de son inopportun psychodrame, c'est au parti socialiste d'y jouer un rôle prépondérant.
Considérant que souvent les mêmes causes produisent les mêmes effets, il n'est pas incongru de penser que si le système capitaliste se sort des affres actuelles qu'il traverse, et même si on l'affuble des oripeaux d'une soi-disante morale financière pendant un temps, celui de la pilule à avaler, il retombera dans les errements consubstantiels à sa nature même: la recherche du profit immédiat, et pour le plus petit nombre.
L'aveuglement dont il a fait preuve des années durant, pendant lesquelles, alors que la croissance occidentale flirtait péniblement avec les 3 %, et qui conduisait ses bénéficiaires à exiger des rendements de l'ordre de 15 % pour financer les profits des actionnaires et des fonds de pension, reste d'une brulante actualité tant que le système de retraite américain restera appuyé sur le principe de la capitalisation. La pyramide des âges et l'allongement de la durée de la vie montre les limites mortifères du système, qui conduit à détruire l'économie réelle pour assouvir les besoins de revenus des séniors américains, à très court terme.
Notre système français, que d'aucuns jugeaient il y a encore peu de "ringard" parce que fondé sur la solidarité intergénérationnelle et la répartition a le mérite d'exercer une pression beaucoup plus supportable à l'entreprise. Même s'il est de bon ton chez les libéraux de pester contre les charges qui pèsent sur les entreprises, celles-ci sont à l'évidence beaucoup moins destructrices que l'exacerbation naturelle du système capitaliste tel que nous le connaissons.
Les Etats-Unis, confrontés du coup à l'une des plus graves crises sociales de leur histoire, qui voit des foules de retraités privés désormais de toute ressource, seraient bien inspirés de prendre exemple sur notre vieux système de retraite, et de mettre en place la répartition. Ce serait pour eux une véritable révolution, d'introduire ainsi dans leur organisation sociale une véritable solidarité, eux qui sont d'avantage enclins à la charité. Elle aurait le mérite, non sans intérêt pour les capitalistes que rien ne leur interdirait de rester, de lever l'hypothèque que fait peser sur leur économie les exigences de leurs retraités.
L'autre piste à explorer, concommitante, c'est de sortir un certain nombre d'entreprise de la pure logique capitaliste. L'alternative existe depuis longtemps, sans qu'il soit besoin d'invoquer les mannes du communisme: c'est le mouvement coopératif. Transformer des SA, voire des SARL, en SCOP, évite la dépendance aux profits des rentiers. Sans rejeter l'économie de marché, elle permet à ces entreprises de mutualiser les profits entre ses salariés-actionnaires, ce qui conduit ces derniers à ne partager avec personne d'autres les richesses qu'ils ont contribué à créer.
A l'heure où l'Etat revendique des participations directes dans le capital de certaines entreprises, on pourrait imaginer, sans être immédiatement taxé d'utopiste, qu'un système incitatif à la mise en oeuvre de solutions coopératives soit engagé par nos gouvernants.
Il est désormais de bon ton de considérer que l'économie doit être au service de l'homme, y compris par ceux qui, hier, affichait une foi ultra-libérale inébranlable.
Cette conviction affichée, légitime, doit être suivi d'actes dont la portée dépasse le simple confort cosmétique et médiatique dont il serait tentant de se contenter. Avec les SCOP, avec les mutuelles, un autre modèle économique concurrentiel, débarrassé d'une bonne part des tentations spéculatives, est possible.
C'est le rôle de la gauche, c'est le rôle des socialistes de lui redonner ses lettres de noblesses.
Yes, we can !

Bonsoir ! Oui, c'est intéressant avec le bémol néanmoins que c'est par ces méthodes également que le patronat et les capitalistes recherchent la paix sociale... En faisant croire aux salarié(e)s qu'ils/elles font partis comme actionnaires de l'entreprise, qu'ils/elles ont leur mot à dire... qu'ils/elles sont à égalité avec les cadres et le patronat, qu'ils/elles engrangent et participent aux bénéfices... C'est un leurre et une tromperie !
Car un-e salarié-e est toujours sous le joug de l'exploitation capitaliste ! Ce système qui perpétue l'inégalité économique et sociale ! Des riches et des pauvres toujours... Des exploité(e)s et des patrons(nnes)...
Si l'on parle d'entreprises réellement alternatives, OK..., c'est à dire d'entreprises où l'égalité économique est véritablement effective. (style Ambiance Bois par exemple) mais çà reste quand même assez rare...
Donc, un autre système économique concurrentiel, non merci !
Un système économique et social débarrassé du capitalisme et du libéralisme: voui ! Via un fédéralisme libertaire égalitaire sans patrons(nnes). Avec l'idée d'abolir ainsi le salariat, l'exploitation économique, les inégalités, etc...
Reproduire un système d'entreprenariat faussement égalitaire n'est pas the solution.
Rédigé par : Alayn | 03/12/2008 à 20:39
tout à fait d'accord sur les SCOP et aussi les entreprises d'insertion (en statut SARL) : intégrer le facteur humain dans les objectifs principaux d'une entreprise, redistribuer la richesse produite aux salariés eux-mêmes, gestion par les salariés,... c'est la clé d'un développement soutenable, au sens social notamment. Et en particulier sur des territoires comme les nôtres, souvent délaissés par les entrepreneurs traditionnels. Celà me fait penser à une SCOP que j'ai visitée dans l'Ardèche profonde (entreprise + musée vivant) autour de la laine. Les vallées revivent grâce à elle. Des gens peuvent rester , il y a du travail, une activité économique et touristique grâce au musée, qui permet au touriste de s'éveiller à de belles idées . Leur site internet : http://www.ardelaine.fr/
Je soumet à votre réflexion creusoise cette belle histoire d'Ardelaine : "Faire revivre la filature de St Pierreville, fermée depuis les années 60, était un pari risqué : les études de marché assuraient qu´il n´y avait plus de place pour les laines de pays, créer une entreprise dans un petit village situé à une heure de la première ville paraissait voué à l´échec et hors de la dimension industrielle, point de salut ! Pourtant, une réflexion basée sur le moyen/long terme, la détermination d´une équipe solidaire et la conviction qu´on peut vivre et travailler autrement ont eu raison de cette vision pessimiste. Après sept années de préparation, la SCOP Ardelaine a vu le jour en 1982.
Avec 1 salarié au départ, la SCOP a su franchir bien des obstacles et se développer étape par étape, en créant en moyenne un emploi par an. Elle a su concevoir un projet diversifié reliant toutes les étapes de la filière dans une structure commune : tonte des moutons, cardage des laines, fabrication de matelas et articles de literie, tricotage et confection de vêtements et commercialisation sur place, sur les foires, salons et magasins bio. En effet, elle s´est dès le départ appliquée à proscrire de ses procédés de fabrication tout traitement chimique et à protéger l´environnement. La dimension culturelle a aussi pris une place importante avec la création de deux parcours muséographiques qui vous présentent l´histoire de la laine.
L'histoire d'Ardelaine est une véritable aventure. Béatrice Barras vous la raconte dans un livre intitulé « Moutons rebelles, la fibre développement local » (collection "Pratiques Utopiques" aux éditions REPAS 2003, également diffusée par Ardelaine). « Au delà du témoignage, les associés d'Ardelaine nous invitent à revisiter l'ensemble des enjeux sociétaux auxquels nous sommes tous quotidiennement confrontés : le salaire, l'entreprise, le capital, la concurrence, la qualité, la consommation, l'équité, le travail, la place de l'art et de la culture, la désertification rurale, etc. Ce que nous propose Ardelaine, ce n'est pas d'affiner notre regard critique sur les incohérences du monde économique et social, c'est de trouver les voies pour se libérer de leurs influences./ » JF. Draperi - Extrait de la préface. Pour plus de renseignements : www.reseaurepas.free.fr La collection "Pratiques Utopiques" des Editions REPAS rassemble d'autres titres.
Je muris dans ma petite tête des projets de ce type. J'espère un jour tenter cette aventure (avis aux amateurs, l'union des intelligences et aussi un peu des moyens financiers faisant la force). Les emplois, il faut s'efforcer de les créer, territoire par territoire, ne pas attendre seulement un hypothétique et bien peu probable bienfaiteur venu des villes ou des grandes zones industrielles.
En attendant, le gouvernement propose des "sarkozettes" (prime à la casse pour relancer l'industrie automobile). Notre salut ne viendrait que de notre consommation de masse de produits polluants!!! Moi je vois surtout des Cosette et des Gavroche, jusqu'à Guéret hier où j'ai donné à un jeune très propre sur lui un ticket restaurant pour qu'il aille manger et j'espère passer 1h ou 2 au chaud au "petit creux", le resto où il voulait aller grâce à son sésame ticket resto, lui qui semblait transis de froid et de faim à midi!!! Créons des emplois, la misère reculera. Ce n'est pas réservé aux gens de droite d'entreprendre. Je trouve que c'est une belle façon de mettre en œuvre ses idées de gauche, de donner du travail à des gens tout en se réalisant soi-même à travers un beau projet. Depuis 10 ans que je travaille au SIERS, c'est certainement ma plus grande satisfaction d'avoir contribué à travers la réalisation de projets environnementaux par ailleurs très importants à créer 43 emplois durables non délocalisables de plus qu'en 1999, et en plus surtout des emplois non qualifiés redonnant de l'espoir à ceux qui n'en avaient plus... Le socialisme, n'est-ce pas "fournir des garanties collectives pour permettre l'épanouissement de chaque individu"?
Rédigé par : Cécile FORTINEAU | 03/12/2008 à 22:05
Bonsoir ! Bah... Au SIERS, je n'y ai vu que les déchets scandaleux d'une société de consommation putride et gaspilleuse... Une poubelle où il est facile de se délester de ses surplus consuméristes en se donnant bonne conscience.
Et des gens exploité(e)s à trier de la m...
Rédigé par : Alayn | 04/12/2008 à 02:04