Monsieur le Sous-Préfet,
Monsieur le Sénateur, Président du Conseil Général,
Madame la vice-présidente du Conseil Régional,
Mesdames et Messieurs les conseillers généraux,
Mesdames et Messieurs les maires et élus municipaux,
Mesdames et Messieurs les représentants des autorités civiles et militaires,
Mesdames et Messieurs les représentants du monde économique, du monde associatif, du monde culturel,
Mesdemoiselles et Messieurs les élus du conseil municipal des jeunes,
Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités,
L’an passé, je vous avais souhaité la bienvenue dans ce hall polyvalent d’Aubusson, en vous expliquant que la Bourse du Travail, où se déroulait jusqu’alors les vœux de la municipalité, était indisponible. Or si nous renouvelons ici cette année encore l’organisation de cette cérémonie de début d’année, bien que la Bourse soit disponible, c’est qu’il nous a semblé que ce lieu est particulièrement propice pour ce rassemblement, d’autant plus qu’il bénéficie d’un chauffage tout neuf, tellement neuf qu’il est encore en phase d’essai. Il sera pleinement opérationnel dans quelques jours pour cette salle.
Je suis d’autant plus heureux de vous présenter les vœux de la municipalité, entouré des élus de la commune, qu’ils sont les premiers de ce deuxième mandat, puisqu’en mars derniers les citoyens d’Aubusson ont choisi de renouveler leur confiance à l’équipe que j’ai eu l’honneur de diriger. Vous comprendrez aisément le sentiment de satisfaction que nous avons pu éprouver , en même temps que celui de responsabilité confiée, pour poursuivre le mandat ainsi confirmé et tenir les engagements que nous avons pris.
C’est ce même sentiment de satisfaction que j’ai pu éprouver après la relaxe prononcé par le tribunal correctionnel de Guéret à mon endroit. C’était pour moi la 2eme bonne nouvelle de 2008 !
2008 a été une année difficile, pour les aubussonnais comme pour les Français, bien sûr. Mais je ne peux m’empêcher de penser que ce qu’il est convenu d’appeler la crise est plus durement ressentie dans un territoire rural comme le notre, mais que c’est aussi un prétexte commode pour poursuivre une politique de destruction du pacte républicain.
Il y a un an, on nous expliquait que la « politique de civilisation » était désormais la Lumière qui allait guider l’action publique de l’Etat.
En fait de lumière, c’est surtout l’obscurité, et parfois l’obscurantisme, qu’on s’est attaché à répandre dans les territoires ruraux. Il y a un an, le citoyen pouvait s’interroger sur le sens de ce concept de « politique de civilisation ». Aujourd’hui, il sait ! La RGPP est là pour le lui faire comprendre !
La civilisation, c’est désormais moins d’Etat proche de ses administrés.
Et Aubusson paye un lourd tribut à cette nouvelle religion, qui veut qu’en dehors des grands centres urbains, point de salut !
C’est ainsi que nous avons d’abord appris la disparition au 1er janvier 2010 de notre tribunal d’instance, rattaché à celui de Guéret. La méthode, expéditive et détestable, sans la moindre concertation aura même connu comme un point d’orgue, avec la parution le 31 décembre dernier d’un décret supprimant notre tribunal avec un an d’avance, soit le 1er janvier 2009. C’est ça la civilisation tant promise !
Mais le cortège de mauvaises nouvelles ne devait pas s’arrêter en si bon chemin, puisque nous venons d’apprendre la menace qui pèse sur 6 postes à l’Hôtel des Finances d’Aubusson, dont les effectifs auront été divisés par deux en moins de dix ans. Ainsi , le service du cadastre comptait-il 8 agents le 1er septembre 2007, 5 agents le 1er janvier 2008, et bientôt un seul, le 1er septembre 2009.
C’est la fin de ce service public de proximité, et on peut craindre que celui des hypothèques ne suive le même chemin sans tarder. Désormais les aubussonnais, et pas seulement eux, devront se résoudre à se rendre à Guéret pour les domaines gérés par ces deux services. On l’aura compris, c’est un élément de réponse, là aussi, sur le type de civilisation qu’on nous propose : la civilisation de l’automobile.
La justice qui disparaît de notre arrondissement, des services dépendants de l’administration des impôts itou, n’y aurait-il donc rien pour équilibrer les choses, je n’ose plus parler de plateaux de la balance avec un tribunal disparu. ?
L’honnêteté intellectuelle m’oblige à reconnaître que si.
Il y a bien compensation, si on peut désigner ainsi les radars fixes automatiques qui nous guettent désormais entre Aubusson et Guéret. C’est le principe non pas de la double mais de la triple peine : on retire des services publics d’Etat, on oblige le citoyen à se rendre en voiture à 40 kms, et on l’attend, au tournant ou dans la ligne droite, pour le délester de quelques points et plus encore d’euros.
C’est en quelque sorte la légalisation de la chasse à la passée, dès lors qu’il s’agit de contribuables, et pas de bécasses !
Moins de justice, mais plus de répression : c’est cela aussi, la politique de civilisation !
Vous l’aurez compris, ce que je viens d’évoquer, sans être exhaustif malheureusement (et j’aurais pu développer longuement nos craintes sur l’organisation de l’offre éducative) , relève des questions touchant à l’égalité républicaine.
Comprenez notre surprise d’abord, notre colère ensuite que ce soit au nom de ce sacro-saint principe que le conseil constitutionnel a censuré le projet de refonte de la carte électorale, s’agissant de la Creuse, en annonçant la suppression d’une circonscription. Que ne faut-il pas entendre, que ne faut-il pas subir ? La Creuse aurait-elle gravement porté atteinte à l’intégrité de la République, en conservant ses deux postes de députés ? Se voir accuser de ce que nous reprochons tous les jours à l’Etat ne manque pas de sel…
Comment fera l’unique député de la Creuse pour conserver l’indispensable lien de proximité avec ses concitoyens ? Les responsabilités de cette affaire sont avant tout politiques, elles sont celles de ceux qui ont changé la Loi Constitutionnelle, de la manière la plus importante depuis 1962, et qui n’ont pas veillé à pondérer le critère de population par celui du territoire . Ils ont également commis l’imprudence de figer dans le marbre le nombre de députés composant l’Assemblée Nationale.
Si les choses restent en l’état, ce qui n’est pas souhaitable, la Creuse sera donc deux fois moins représentée à l’Assemblée Nationale. Toujours la politique de civilisation…
Nos gouvernants seraient bien inspirés de renoncer à la précipitation qui accompagne les mesures ou réformes engagées.
-Suppression des juges d’instruction ? Pourtant le parlement a voté il y a un an le principe du pôle de l’instruction . Ce dernier n’aura pas eu le temps d’être mis en œuvre…
-Mise en place du RSA ? sans attendre la fin et le bilan des expérimentations départementales.
-Des centaines de milliards pour les banques ? Pas un euro de plus pour l’hôpital public…
-Disparition des conseils généraux ? Les conclusions semblent déjà exprimées, alors que la commission Balladur n’a pas terminé sa mission.
Je vous disais l’année dernière, Monsieur le Sous- Préfet que j’aimais l’Etat. Vous comprendrez ma douleur de le voir ainsi se désagréger.
Face à cela, il reste le travail des collectivités de proximité, les communes, les intercommunalités, des conseils généraux et régionaux.
A Aubusson, nous plaçons plus que jamais la solidarité au cœur de notre action. J’en veux pour preuve le pôle enfance famille, dans la maison Braquenié, qui est un exemple, remarqué par la Caisse Nationale d’allocations familiales, d’un service public de qualité en milieu rural. Il illustre la volonté partagée d’élus, de collectivités, d’acteurs du monde social, de répondre au mieux au besoin des familles, que ce soit en matière de garde, mais aussi d’accueil, d’animation et de formation. Chacun comprendra que j’ai choisi cette réalisation pour illustrer ma carte de vœu, ce qui m’a semblé bien préférable à je ne sais quel trombinoscope personnel.
La satisfaction des usagers est notre meilleure récompense.
De nouveaux chantiers nous attendent, importants pour l’avenir de la commune et de ses habitants. 2009 verra, enfin suis-je tenté de dire, le démarrage du chantier de la maison de l’emploi, site Philips. Sa pertinence, au service de l’emploi, à un moment crucial pour nos concitoyens, ne fait de doute pour personne, ou quasiment personne, comme me l’a confirmé le secrétaire d’Etat à l’emploi, Laurent Wauquiez, lorsque que je l’ai rencontré le 2 septembre dernier à Paris. Les difficultés administratives ont été surmontées les unes après les autres, et nous venons de recevoir la notification de notre budget de fonctionnement pour cinq ans, avec la participation de l’Etat.
Monsieur le sous-préfet, ça, c’est l’Etat que j’aime…
2009 sera également l’année de la passerelle jetée sur la Creuse, pour relier le centre-ville d’Aubusson avec l’esplanade Charles de Gaulle , qui sera réaménagée en parking paysager, à l’emplacement des anciens sheds.
La municipalité souhaite poursuivre les travaux engagés sur la voirie de centre-ville, notamment à l’entrée du Pont de la Terrade, par la rue des Déportés Politiques, qui nécessite une attention toute particulière, en raison de sa vocation commerciale affirmée.
Le monde des sports ne sera pas en reste, avec l’aménagement de la maison des sports, en continuité de l’actuel dojo. Deux courts de tennis extérieurs seront également réhabilités stade pakomoff. La Communauté de Communes lancera également cette année le concours d’architecte de la future piscine intercommunale.
Sur le plan économique, répondant en cela à la sollicitation des professionnels, nous nous rendrons propriétaire, commune ou communauté, de terrains susceptibles d’accueillir de nouvelles activités . Une première parcelle est d’ores et déjà en cours d’acquisition. La communauté de communes, sous l’impulsion de Renée Nicoux a missionné le bureau d’études chargé de l’étude économique pour son territoire.
En 2009, nous lancerons les premiers travaux d’aménagement d’un nouveau lotissement communal à La Chassagne, sur des terrains acquis en 2008.
Vous le voyez, votre équipe municipale, malgré le pessimisme légitime ambiant, est tout à fait déterminée à relever les défis qui l’attendent, avec obstination et volonté, comme elle l’a toujours fait. Les difficultés seront là malgré tout, notamment budgétaires, et nous devrons redoubler d’efforts d’optimisation de la gestion municipale, pour que chaque euro dépensé soit un euro utile.
Nous voulons le faire sans accroître la pression fiscale de la commune, et sans toucher aux taux communaux, qui sont inchangés depuis 2003, date à laquelle nous les avions baissé de 3%.
Nous pouvons le faire aussi grâce à l’engagement des agents de la commune dans les missions de service public dont ils ont à s’acquitter . Et vous me permettrez, en leur rendant collectivement hommage, de distinguer l’un d’entre-eux, qui vient de faire valoir, de manière méritée, ses droits à la retraire. Vous le connaissez tous, je veux parler d’André Jaffier, notre contremaître, que je vous remercie d’applaudir.
André s’est dépensé sans compter pour Aubusson depuis 1981, toujours disponible, toujours porteur d’une solution aux problèmes rencontrés, mais toujours modeste et discret. Mon cher Dédé, je sais combien je vous fais souffrir en cet instant, mais je tenais à affirmer publiquement ce compliment devant les forces vives de la commune, pour , en notre nom à tous, vous adresser ce simple, mais ô combien important, mot de gratitude : merci !
Je veux également saluer la mémoire d’un agent de la commune, Alain Philiponnet, décédé cet après-midi, à l’âge de 55 ans. Alain laisse bien des regrets et le souvenir d’un agent disponible, discret et d’une grande gentillesse. A ses parents, à ses enfants, à toute sa famille et à ses proches, je veux exprimer ici les condoléances de la municipalité et les assurer de notre compassion dans cette terrible et injuste épreuve.
Mesdames et messieurs, je l’évoquais à l’instant, vous êtes les forces vives de notre commune, et votre nombre ici ce soir démontre à l’évidence la vitalité d’Aubusson. Cette vitalité, c’est la richesse première de notre ville.
Je voudrais, à cet égard, et pour conclure ce propos, souligner l’initiative de l’Office Municipal des Sports d’Aubusson, qui, sous la double impulsion de Michel Giraud et Michel Galvaing, organise samedi dans cette même salle la soirée des trophées des sports. Ce sera l’occasion de mettre à l’honneur le sport et les sportifs. 350 personnes sont déjà inscrites. J’y vois là encore la démonstration de la vitalité aubussonnaise.
Avant de vous inviter à faire honneur au buffet confectionné par le CAT d’Aubusson (et c’est là encore une manière de pratiquer la solidarité), je vous renouvelle donc mes vœux, en formulant le souhait qu’elle vous apporte le bien le plus précieux : la santé.
Bonne année 2009 à toutes et à tous. Avec Courage et Fraternité
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