La polémique grandit autour des dispositions prises par la France pour soutenir la production automobile de notre pays.
En effet, le prêt de 6,5 millions d'Euros à cette branche professionnelle, en l'occurence PSA et Renault, s'assortit de contre-parties somme toute assez légitimes, s'agissant d'argent public. Il est en effet exigé des constructeurs français de ne pas procéder à des fermetures de sites ou à des licenciements dans les usines françaises.
je n'épiloguerais pas, ni n'ironiserais, encore qu'il y ait matière, sur le cynisme, à moins qu'il ne s'agisse d'une pure provocation, ou pire encore une spéculation sur la position de l'UE du patron de Peugeot, qui n'aura pas attendu plus de 24 heures après la déclaration de Nicolas Sarkozy, pour annoncer 6 à 7.000 suppressions d'emplois en 2009 en France.
L'Union Européenne semble en effet s'émouvoir d'une remise en cause des règles de cette fameuse "concurrence libre et non faussée".
A y regarder de près, il semble bien que ce soupçon soit avéré, mais que l'Union Européenne soit restée sans réaction depuis de bien trop nombreuses années. Comment qualifier autrement, en effet, cette concurrence faussée par le dumping social et fiscal des pays nouvellement entrés ? Est-il normal que le prix de revient d'un véhicule produit en France soit 2.000 € plus cher qu'en Tchéquie par exemple ?
Plutôt que de remettre en cause, sur ce constat, la taxe professionnelle (non pas que je la défende dans l'absolu) sans la moindre réflexion sur l'alternative fiscale, ou le montant des cotisations sociales, autrement dit le modèle français de protection sociale, ne serait-il pas temps, et opportun, de mettre en place l'Europe sociale, dont la pertinence économique ne peut désormais échapper à quiconque ?
Ne pourrait-on pas envisager de soumettre à cotisation les produits manufacturés importés, délocalisés, dont la réalisation a été soustraite à la main d'oeuvre de notre pays ?
Qu'on ne m'objecte pas que je transgresse le dogme de la libre concurrence. On voit où cette religion est en train de conduire le monde.
Il est temps d'en rejeter les effets destructeurs, et de réinventer de nouvelles règles du jeu.
Il est temps d'imposer et de construire l'Europe Sociale !

Fils de garagiste je m'intéresse depuis mon enfance à l'automobile, merveilleux moyen de liberté, mais je m'interroge sur la politique des constructeurs français qui ont commis des erreurs stratégiques considérables.
Fabriquer des voitures haut de gamme pour concurencer les allemands était une aberration,tout miser sur le développement du moteur diesel en était une autre alors que l'avenir appartient tout au moins dans un proche avenir aux voiture hybrides;à cela s'est ajouté chez un constructeur comme RENAULT des ereurs de design qui ont rebuté la clientéle (Mégane,Velsatis ..)
Et maintenant les constructeurs automobiles appellent au secours l'Etat qui leur prête sans doute comme tu les dis Michel au mépris des régles européennes et avec le risque qu'en cas de dépôt de bilan l'Etat perde ce qu'il a avancé.
Il est inimaginable qu'en vertu du sacro saint dogme libéral l'Etat français ne soit pas entré dans le capital des grandes entreprise en diffculté pour influer sur leur stratégie.
Rédigé par : Robert | 12/02/2009 à 09:36
... Europe sociale urgente et nécessaire, que les partis sociaux démocrates européens ont transformé en voeu pieu avec l'adoption du "Manifesto" qui servira de plate forme commune pour les élections européennes.
Notamment ce texte validé par le parti socialiste à Madrid les 1 et 2 décembre dernier. Ce programme valide le traité de Lisbonne (..."C’est pourquoi l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne adopté dans le dos des citoyen-ne-s qui interdit une réelle harmonisation sociale !, après ratification par tous les Etats membres,
donnerait à l'Europe plus de moyens pour mener, face à nos problèmes, une action démocratique"...),il propose en lieu et place d'une défense européenne indépendante "...Le développement des initiatives de l’Union Européenne pour sa défense doit faire l’objet d’une coordination avec l'OTAN...".
Il fait l'impasse sur la notion d'harmonisation sociale et fiscale qui irait dans le sens de ta démonstration quant à la production automobile en Europe et le dumping social existant...
Bref Michel, la solution ne sera vraisemblablement pas de ce côté de l'échiquier politique dont l'axe s'est figé au centre gauche en Europe.
Une autre Europe n'est pas possible avec cette gauche social démocrate qui gouverne avec la droite dans de nombreux pays européens (Allemagne, Slovaquie, Autriche, Hollande...)
amitiés
David
Rédigé par : David Gipoulou | 12/02/2009 à 21:38
David devrait nous expliquer quelle solution il propose pour l'économie européenne,le collectivisme ayant échoué lamentablement et étant mort depuis la chute du mur de Berlin,l'ultra capitalisme ayant lui même échoué ainsi qu'on le constate chaque jour il ne reste que la social démocratie mais avec une vision nouvelle de la société incluant une large participation des citoyens ainsi que le préconise Ségolène ROYAL,il n'est d'autre solution qu'une économie sociale de marché,les illusions de la gauche de la gauche ne servent qu'à renforcer la droite.
Rédigé par : Robert | 12/02/2009 à 23:47
Le problème, Robert, c'est que les socialistes européens ne proposent pas les régulations qui nous feraient passer de l'économie de marché à l'économie sociale de marché. Quant aux socialistes du FMI et de l'OMC, leurs propositions en ce domaine sont inconnues car probablement inexistantes. Tous se satisfont donc du système tel qu'il est. Ce sont des imposteurs qui ouvrent un boulevard au tandem Besancenot/Sarkozy, à la précarité généralisée et à la violence!
Rédigé par : Jean-Pierre Léry | 16/02/2009 à 18:32
Ah Robert, toujours en embuscade, avec le souci du débat argumenté, de l'exemple qui sonne juste et ce balancement circonspect qui fait la gloire du débat démocratique dans les salons...
Allons cher ami, soyons sérieux, on dirait un Dominique Paillé énervé. Qui a parlé de collectivisme ? Dans quel manuel conservé dans le formol et transmis par un arrière grand oncle radsoc qui avait serré la pogne d'Edouard Herriot. Oui le communisme d'Etat a failli avec le mur, qui songe à le remonter, vous ? Pas moi ! Oui l'ultra capitalisme (Robert ne se résoud pas à lâcher le capitalisme tout court, mais son prétendu enfant terrible puisqu'ultra, il en aura besoin pour sa démonstration finale) n'en finit pas de s'écrouler sur le dos des peuples mais la social démocratie comme seul horizon me semble un petit peu exagéré ne trouvez-vous pas ? Je ne discute pas les bons mots de Mme Royal, simplement je conteste sa vision de la société. Son économie sociale de marché que vous pourriez ajouter "hautement compétitive" pour ressusciter finalement l'esprit de feu la constitution libérale européenne rejetée par les citoyen-ne-s français-e-s ce qui est la seule chose qui se respecte n'est-ce pas ?
Non la social démocratie ne se porte pas bien, elle entraine la confusion , elle a accompagné la dégradation capitaliste des économies, des solidarités des services publics. Aujourd'hui nombre d'entre eux entretiennent la confusion en gouvernant avec la droite, simplement parce que de grandes proximités idéologiques sur la conservation de l'Etat du monde comme il est permet cela.
Alors que proposons nous ? Robert il faut se rendre à l'évidence , vous avez besoin de changer de chaîne ou de fréquence et ainsi vous rendre compte que d'autres politiques sont possibles en dehors du champ politique dépassé par les évènements dans lequel vous semblez laisser errer vos espoirs...
Alors que proposons nous cassandre ?
Evidemment quand on pose une question comme cela on ne doit pas s'attendre à une réponse courte, hélas qui doit interroger le modérateur. Notre hôte, lui même un des rares de sa formation politique qui travaille sérieusement les questions politiques ne m'en voudra donc pas de recopier ces mesures principales de notre projet européens. Source de discussion surement, de débat tant mieux et d'ouverture d'horizon, ce qui est pour vous Cher Robert la bonne nouvelle du soir que je vous souhaite grand :-)
salutations républicaines
Les propositions du PG pour l'Europe :
Pour répondre à la crise sociale
* Socle minimal européen de protection contre les licenciements collectifs: l'obligation sera affirmée de négocier, sur des propositions alternatives, avec les représentantes et représentants des travailleurs qui disposeront d'un droit de veto suspensif
* Instauration de l'obligation d'un salaire minimum interprofessionnel dans chaque pays de l'UE en fonction du niveau de richesse par habitant. Une procédure de convergence vers le haut sera établie.
* Reconnaissance du droit de grève européen et interdiction de la confiscation par les patrons des moyens de production, ou «lock-out».
* Lancement d'un plan de grands travaux pour les modes de transports les moins polluants, dont le train pour les voyageurs et les marchandises, les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique des bâtiments
* Retrait de la directive Bolkenstein, qui institutionnalise et développe le dumping social avec le principe du «pays d'origine»et abandon définitif dela proposition de la Commission visant à autoriser la semaine de 65 heures.
* Soutien à l'économie sociale et solidaire.
Pour répondre à la crise économique et financière
* Abandon de l'actuel Pacte de stabilité et assujettissement de la BCE à une politique économique de relance.
* Augmentation du budget européen et autorisation d'emprunts pour assurer des interventions publiques conséquentes et garantir la solidarité entre pays.
* Lancement d'un plan d'investissement dans la recherche à l'échelle européenne, à la fois dans la recherche fondamentale, scientifique, universitaire et académique, et dans la recherche appliquée et le développement des technologies nouvelles.
* Mise en place d'un bouclier douanier européen, permettant de réguler les échanges commerciaux avec les pays extérieurs à l'UE en fonction d'exigences sociales et environnementales et dans l'intérêt mutuel de tous les peuples. Il ne s'agit pas d'empêcher les importations et de s'opposer au développement des pays pauvres mais de lutter contre les pratiques de dumping et de délocalisation des multinationales
* Suspension des directives imposant la mise en concurrence des services publics et arrêt des privatisations.
* Lutte contre les paradis fiscaux, abrogation des clauses interdisant toute restriction aux mouvements des capitaux et mise en place d'un dispositif d'harmonisation fiscale et d'une taxe de type «Tobin» sur les mouvements de capitaux spéculatifs
Pour répondre à la crise environnementale
* Augmentation massive des investissements en recherche et développement dans le secteur des énergies renouvelables.
* Arrêt des cultures destinées aux agrocarburants.
* Création du pôle public européen de l'énergie.
* Planification d'une sortie progressive et réfléchie des énergies polluantes et productrices de gaz à effet de serre et du nucléaire.
* Mise en place d'une fiscalité environnementale de type taxe carbone.
* Moratoire sur la commercialisation et la mise en culture des OGM.
* Réorientation des aides de la PAC vers une agriculture locale, paysanne et vivrière respectueuse de l'environnement.
Pour répondre à la crise démocratique
* Abandon du processus de ratification du traité de Lisbonne
* Arrêt du processus d'élargissement tant que les institutions n'auront pas été démocratisées et que les droits sociaux n'auront pas été garantis
* Pas de nouveau traité européen sans référendum dans tous les pays de l'Union
Pour répondre à la crise géopolitique
* Suppression du dumping que représentent les aides de l'Union européenne à ses exportations agricoles, et promotion du droit à la souveraineté alimentaire des pays dans les négociations internationales et dans les accords commerciaux bilatéraux.
* Rupture avec les politiques européennes de fermeture des frontières et leur arsenal de mesures relevant du "tout répressif" au mépris du droit et de la dignité de la personne humaine". Retrait de la « directive de la honte » et harmonisation vers le haut des droits des migrants ; droit de vote aux élections locales accordé aux résidents permanents étrangers dans les mêmes conditions que celles des résidents européens
* Retrait de tous les services publics et d'intérêt général, notamment éducatifs, ainsi que des biens culturels, du champ des négociations de l'Accord Général sur le Commerce des Services
* Initiative européenne pour l'annulation de la dette des pays pauvres
* Abandon du grand marché transatlantique prévu entre l'Europe et les Etats-Unis Sortie de l'OTAN
* Consolidation juridique du Code de conduite européen de 1998 en matière de contrôle des exportations d'armement pour le rendre contraignant à l'égard des membres
* Action européenne sur une réforme démocratique et multipolaire des institutions internationales.
V - COMMENT CHANGER RADICALEMENT LE COURS DE LA CONSTRUCTION EUROPÉENNE ?
A/ QUE VOULONS NOUS ?
V - 1 - Le cadre actuel de la construction européenne interdit la satisfaction durable des besoins sociaux et de l'exigence démocratique. Si l'on veut réorienter l'Union, il est nécessaire de mener de pair les ruptures économico-sociales et celles qui concernent les institutions. Les traités existants devront être remplacés pour permettre le libre déploiement d'autres orientations que celles imposées par la logique libérale aujourd'hui dominante. Car la logique libérale actuelle ne construit pas l'Europe. En mettant les peuples en concurrence, elle suscite au contraire les rejets et les replis nationalistes. L'orientation que nous proposons vise à construire vraiment l'Europe en faisant en sorte qu'elle soit l'affaire des Européens, qu'ils puissent définir ses finalités, et agir sur les mécanismes de sa construction. Dans ces conditions, une démarche de refondation démocratique est nécessaire.
V -2. En effet, les politiques appliquées doivent traduire une volonté populaire majoritaire exprimée lors d'élections européennes. Avec un exécutif représentant et chargé de mettre en œuvre cette volonté populaire sous le contrôle du parlement européen, dans des domaines clairement définis par rapport aux Etats nations. Les institutions doivent reposer sur une citoyenneté européenne élargie, sur des droits d'initiative citoyenne renforcés, sur un renforcement des pouvoirs du Parlement européen pour réduire les prérogatives de la Commission, et sur une coopération plus solide avec les Parlements nationaux. Les députés européens s'engagent à une obligation d'assiduité et à rendre compte au cours de leur mandat de leurs actions et de leurs votes devant les citoyens de leur circonscription.
V-3. Sur l'architecture des nouvelles institutions, nous sommes attachés au fait que, pour combiner la double réalité de l'Union et des Etats, il faut s'appuyer sur un double principe :
* La souveraineté populaire; elle suppose qu'en toute circonstance les citoyens interviennent sur les choix politiques, économiques et sociaux en élisant et contrôlant leurs représentants ou, de plus en plus, par leur participation directe aux procédures d'évaluation, de délibération et de choix.
* Une redéfinition politique des domaines de souveraineté (ceux qui sont propres à l'Union, ceux qui relèvent de la souveraineté nationale et ceux qui sont partagés) en fonction de nouveaux objectifs du projet européen et de la reconnaissance d'un intérêt général européen. L'Union ne se substitue pas aux Etats, mais joue d'abord un rôle de coordination, d'impulsion et d'harmonisation pour éviter le jeu désastreux de la concurrence, de l'inégalité et de l'impuissance et pour porter les nouvelles politiques dont nous avons dressé les contours.
Rédigé par : David Gipoulou | 17/02/2009 à 00:19
Il n'est pas interdit de réver.Tout cela me fait penser aux critiques dont sont souvent l'objet les élus des collectivités de la part de citoyens mettant le plus souvent en avant le fait qu'ils paient des impots.A les entendre,les élus sont souvent incompétents,voire corrompus,et eux feraient bien mieux.Mais il arrive que ces memes citoyens deviennent à leur tour des élus et ,confrontés aux problèmes quotidiens,changent de discours.Du reve à la réalité il existe bien souvent un fossé difficile à franchir
Rédigé par : Carte | 17/02/2009 à 10:58