A l'heure où la mondialisation libérale et le modèle économique mondial dévorent et gaspillent les ressources naturelles de notre planète, je trouve que ce texte de Fred Vargas pose de façon saisissante les termes de la problématique que nous allons laisser en héritage à nos enfants et petits enfants.
Quand je dis nous, et comme le souligne Fred Vargas, c'est bien de cette petite fraction de l'Humanité que représente le monde occidental qu'il s'agit, même si d'autres parties du monde montrent désormais leur capacité à nous dépasser dans cette course à l'auto-destruction...Comme elle, je doute que la réaction des Hommes soit, en ce moment, à la hauteur de l'enjeu de la survie de la planète. Comme souvent dans l'Histoire, c'est brutalement et sous la contrainte que nous devrons changer de civilisation.
Merci à Arnold S. d'avoir attiré mon attention sur ce texte.
" Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal.
Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes. Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières ( la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.
« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement
laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.
D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, - attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille - récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie -une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut - être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.
Fred Vargas
Archéologue et écrivain

L'homme est certes l'un des responsables de la destruction de la nature mais il n'est pas le seul, la nature se détruit elle même et se renouvelle,quant aux énergies fossiles que l'homme consomme depuis deux siécles elles ne sont pas inépuisables mais ont encore une longue durée de vie sans doute plusieurs siécles.
Ce qui est important c'est que sans renoncer au progrés qui ferait régresser l'humanité l'homme repense son mode de développement en privilégiant les transports collectifs, arrête de gaspiller le plastique,revienne à une agriculture plus respectueuse de l'environnement.
N'oublions pas cependant que les nouvelles technologies ont elle même des contraintes le développement souhaité des véhicules électriques entrainera une augmentation imoportante de la consommation d'électrictié d'où accroissement des capacités nucléraires.
Si l'on en revient au réchauffement climatique, grande peur de nos contemporains, il n'est pas dû qu'à l'effet de serre conséquence des émissions de Co2 mais également à de phénoménes de géophysiques mal connus qui dans le passé ont déjà provoqué des réchauffements plus importants,la terre est un organisme vivant dont nous dommes les membres il faut la protéger mais pas nous croire responsables de tout.
Alors que le Grenelle de l'environnement pouvait laisser espérer que la France avait pris consience des problêmes écologiques que voit-on dans le plan dit de "relance": développement des autoroutes avec plus de camions,plus de pollution, alors qu'il eut été nécéssaire de développer le réseau ferroviaire non seulement pour les TGV mais aussi pour les TER qui irriguent nos provinces et malheureusement ce n'est pas le cas,BORLOO s'il était conséquent avec lui même devrait démissionner à moins que SARKOZY lui adjoigne un "médiateur" dernier moyen qu'il a trouvé pour suppléer les ministres incompétents (la grande majorité) sans prendre le risque politique de les virer !
Rédigé par : Robert | 13/02/2009 à 10:00
Que la paix soit là.
Effectivement,je suis d'accord, la paix est primordiale,comme le respect de l'autre et de Dame Nature.
Mais sans porter de jugement, vos discours Monsieur Moine ne prônent pas la paix particulièrement .Je les pense acides,incitant les hommes à se monter les uns contre les autres.Alors qu'un sourire est plus fort qu'une parole ou une volonté sectaire et que la puissance d'une main offerte rassemble davantage les hommes.
il ne faut jamais oublier que la violence verbale est toujours le prodrome de la violence physique.
Cordialment
Marie-Christine.
Rédigé par : Marie-Christine Bouligaud | 13/02/2009 à 14:44
Depuis un moment qu'on nous bassine avec ces discours catastrophistes, eh bien ça fini par porter, dans le sens où il y en a un peu marre, dans le sens où on ne peut en rester là, à des déclarations prophético-apocaliptiques (qui commencent à sentir le vieux).
On s'attendrait, de la part d'un homme politique dont l'intelligence porterait à croire qu'il devance les schémas ordinaires de pensée, à des actes, des réflexes, des actions, etc ... toutes choses qui, au lieu de se situer dans la rumination de ce qu'on commence à trop connaître, porterait au contraire vers un avenir différent.
Il y a dors et déjà une multitude de choses entreprises qui aident à aller dans le sens d'une amélioration de la santé de la planète, dans le sens d'une amélioration de la santé de l'humanité, et ça ne serait pas inutile de les faire connaître, parce que de l'espoir, il y en a, des points de départ valides, il y en a, et des avenirs possibles, autres que ceux qui annoncent la destruction, il y en a aussi.
La vraie question est : nous-même, individuellement, à quel point sommes-nous prêts à changer ? Quels (faux-) conforts sommes-nous prêts à abandonner ? A quelles alliances et liens d'intérêt sommes-nous prêts à renoncer ?
Là se trouve la réelle mesure de la possibilité de changement.
Rédigé par : Tenryu | 16/02/2009 à 10:12
Je suis d'accord avec le commentaire de Tenruy,en effet le catastrophisme à outrance,ça suffit!!Que chacun prenne ses responsabilités,mais de grâce"laissez-nous vivre".Cela fait plusieurs années maintenant que les politiques relayés par les médias culpabilisent les populations.Certes l' information est ô combien importante et indispensable ,mais le bourrage de crâne,s'il vous plaît ,arrêtez.
Car si, il a une chose plus triste à perdre que la vie,c'est bien la raison de vivre ....
Cordialement
Marie-Christine
Rédigé par : Marie-Christine Bouligaud | 18/02/2009 à 14:39
Ce texte de Fred Vargas est effectivement très fort car il rappelle qu'il ne suffira pas de sauver la Nature pour être heureux sur cette planète, il faudra la paix aussi.
Elle passera notamment par le codéveloppement, car si on laisse l'Afrique par exemple dans sa situation actuelle de pauvreté et de non-développement, les émeutes de la faim et les exils de la misère continueront... ce qui viendra troubler notre petit bonheur et pas qu'au journal de 20h...
Donc Environnement + Paix + Réduction des injustices / développement des pays pauvres. Tout le monde ne pourra pas avoir le même niveau de vie, il faudrait plusieurs planètes pour satisfaire les besoins de tous les Terriens, au niveau du notre, mais il faudra trouver un ordre mondial juste.
Tout le monde a droit à un avenir, même les creusois, même si on semble très oubliés de notre super-président : la nature et la paix, on les a. Par contre il manque l'ordre juste : une fiscalité juste (péréquation) permettant de répondre aux besoins d'une population vieillissante et dispersée, des services publics base indispensable du développement économique, etc...
Il faut donc changer de mode de gouvernance pour garantir le rétablissement et le maintien de la paix (politique, sociale,…), pour garantir une évolution de nos sociétés en harmonie avec la Nature, afin que nos enfants puissent évoluer dans un monde vivable.
Rédigé par : Cécile Fortineau | 19/02/2009 à 12:15