Demain jeudi, les militants socialistes sont appelés à entériner les listes pour les élections européennes telles que le Conseil National du parti les présente.
C'est un euphémisme de dire que la pilule ne passe pas en Limousin, puisqu'aucun candidat issu de notre région n'aura l'opportunité de porter nos couleurs lors de ce scrutin.
Jean-Paul Denanot, député sortant, a été écarté au dernier moment.
Chacun comprend la difficulté de l'exercice, au niveau national, pour composer ces listes. Il faut bien sûr respecter la parité, mais aussi l'équilibre des courants issu du Congrès de Reims. Je comprends, et j'approuve d'ailleurs, le souhait de la Direction nationale, de ne pas présenter de candidats déjà détenteurs d'un mandat important, comme celui de président de région. Indiscutablement, il est difficile d'être à la fois à Bruxelles ou à Strasbourg, et dans sa capitale régionale, sans affaiblir chacune des fonctions cumulées.
Ce souhait louable me semble engager le parti socialiste dans la bonne voie, celle de sa rénovation, au moins dans le chapitre des pratiques.
Mais pour être crédible, encore faudrait-il que plusieurs conditions soient réunies :
- D'abord que cette rénovation des pratiques s'étendent à tout le champ concerné. On ne saurait faire adhérer les militants à cette nouvelle règle si dans le même temps on l'accompagne de la plus bureaucratique d'entre elle: le parachutage. Le moins qu'on puisse dire, c'est que s'agissant du Limousin, on ne retient guère les leçons creusoises du passé récent, même si les modes de scrutin sont différents. Certes le résultat ne sera pas le même, puisque la tête de liste aux européennes a toutes les chances d'être élu (!) , mais les dégats causés au parti socialiste, dans une région jusque-là bastion, risquent de s'inscrire dans la durée. Méconnaitre ainsi cette double réalité relève de la faute politique.
La levée de bouclier chez les socialistes limousins est totale, même si je souris de voir les amis de François Hollande, responsable du parachutage en Creuse aux dernières législatives, hurler comme des pendus depuis quinze jours. Si j'étais ségoléniste, je dirais qu'on est toujours puni par là où on a pêché...
- Ensuite, il faut que la règle s'applique à tous. Or, nous voyons bien que ce n'est pas le cas, puisqu'une députée nationale en exercice a reçu l'investiture du parti. Deux poids, deux mesures donc, puisque Jean-Paul Denanot n'a jamais affirmé qu'il conserverait ses deux mandats, en cas d'élection au parlement européen...
- Enfin, même si le parachutage est par nature condamnable, sauf vacance évidente de resource locale, il importe de le parer des meilleures vertus possibles. En l'espèce, on ne peut que s'interroger sur la qualité de la candidature imposée, quand on lit le tableau publié par Rue 89, qui classe les eurodéputés sortants en fonction de la réalité de leur activité parlementaire. Henri Weber y occupe une bien peu flatteuse 21e place, sur 24. Dès lors, comment justifier, autrement que par des intérêts qui n'ont que peu à voir avec le Limousin, cette candidature imposée ?
Les circonscriptions européennes, voulues par nous les socialistes, ont été créées afin d'assurer une représentativité des territoires. Les socialistes,et à travers eux les électeurs, limousins sont donc confrontés à un double mépris de la part de leur parti, qu'ils ont pourtant valeureusement servis dans la batailles électorales locales et nationales passées. Ils ne sont plus représentés es-qualité, et on leur impose quelqu'un dont les états de service dans le mandat brigué sont plus qu'approximatifs.
Décidement, il y a loin de la coupe aux lèvres rénovatrices. Je n'ai pas aujourd'hui le sentiment que ce pour quoi je me suis battu, dans le NPS, avec Arnaud Montebourg, soit véritablement à l'oeuvre dans l'épisode que nous vivons.
Je souhaite que la liste présentée par la Direction ne soit pas validée par le vote militant. Un fort taux d'abstention en sera un signe indiscutable. A ce moment, il faudra rediscuter pour qu'une nouvelle liste soit constituée, où le Limousin sera représenté. Je serais très étonné qu'on ne trouve pas, dans notre région, un homme ou une femme de valeur, prêt(e) à s'engager totalement et entièrement dans son mandat ...

L'image que donne le PS avec la constitution des listes européennes est déplorable,le désastreux Congrés de Reims a détruit ce Parti et il ne pouvait en être autrement car faire d'abord voter les militants sur des motions présentées par des courants qui ne sont que des écuries pour les prochaines élections présidentielles,puis faire élire par les mêmes militants leur premier secrétaire est contraire à toute logique.
En réalité Martine AUBRY ne représente pas 70 % des militants mais 50 % et la composition des instance nationales et des listes électorales aurait dû être faite en conséquence.
N'étant pas membre du PS je ne veux pas me méler de sa cuisine interne mais je ne me désintéresse pas du sort du plus grand parti de la Gauche et je crains qu'il ne subisse aux élections européennes une cuisante défaite qui ne profitera pas à l'UMP dont la politique est rejetée par une majorité de français mais au Centre et à l'Extréme Gauche et je comprends que dans ces conditions Ségolène ROYAL se tienne à l'écart comme François MITTERRAND a eu l'habileté de le faire à plusieurs moments de sa carriére.
Rédigé par : Robert | 11/03/2009 à 08:58
Ton amère et visiblement douleureuse expérience du parachutage reparait encore dans cette note... Il est vrai que pour cette élection de 2009, c'est encore une fois cruel si les choses restent en l'état. Je trouve que passer de président de région à député européen, c'est une suite logique, les régions travaillant étroitement avec l'Europe.Cette candidature de Denanot me paraissait intéressante.
Ce n'est pas l'argument du poste déjà occupé qui a prévalu (surtout qu'on sait depuis longtemps, que Denanot quitterait la présidence de région s'il devait siéger à l'Europe). Comme tu l'as bien remarqué avec ton oeil de lynx, la belle lorraine ségoléniste, Aurélie Filipetti, investie pour les européennes est actuellement députée... J'imagine qu'elle laissera son poste, amené à disparaitre dans le cadre des suppressions de circonscriptions... Donc pas de cumul de mandat pour elle non plus, ce serait un pêché ségoléniste. mais ce pêché-là n'est pas vraiment puni encore en politique. Le "catéchisme" ségoléniste dans ce domaine ferait bien d'être entendu par le plus grand nombre.
Ce qui est donc choquant c'est que c'est bien une histoire de courants, qui a nui à Denanot, quand il y a plus de courants que de places d'elligibles, on fait bien des malheureux.
Le pseudo vote de demain est aberrant dans le sens où on nous demande de surtout voter pour ces listes car elles ont été adoptées à une écrasante majorité par les instances parisiennes : à quoi bon alors nous faire perdre une soirée? La vraie démocratie aurait été de soumettre les candidatures aux militants pour que les listes soient établies par le vote des militants, sans donc tenir compte des courants... plus qu'un courant d'ère, il va falloir une vraie tempête pour balayer les vieilles coutumes socialistes et faire que le PS ne devienne pas un parti éphém-ère... A la cathédrale de Reims, plus que Synthèse on aurait du implorer sainte Rénovation !
et le pire de tout, c'est que la presse ne relayera que nos états d'âmes et toujours pas le fond du projet socialiste pour l'Europe. Que de temps de parole médiatique gâché et contreproductif...
Rédigé par : Cécile Fortineau | 11/03/2009 à 21:58
Et oui, et oui...
Mais pour une rénovation du PS et une implosion des pratiques douteuses, il fallait voter Ségolène Royal et non pas Martine Aubry !
Rédigé par : jironi | 14/03/2009 à 22:39
Nous attendons la suite du feuilleton sur les élections européennes
Rédigé par : Robert | 18/03/2009 à 11:35