Je me suis rendu il y a quelques jours , en compagnie d'Emmanuel Gérard, chef de projet de la "cité de la Tapisserie" à La Géroulde, en Haute-Normandie, pour visiter l'association "La Source", dont le président-fondateur est Gérard Garouste.
Créée en 1991, cette association s'est fixée comme objectif d'aider les plus jeunes à rencontrer l'expression artistique, lors d'ateliers de création, encadrés par des animateurs et des artistes.
L'association a investi un ancien site industriel, et met à la disposition des enfants et des artistes de vastes ateliers et des lieux de vie.
Ce qui est très novateur dans la démarche de Gérard Garouste, artiste mais aussi citoyen engagé, c'est cette rencontre entre créateurs et enfants. Ce qui pouvait paraitre improbable devient réalité, parfois à la grande surprise des artistes, dont l'univers personnel peut parfois être assez éloigné des problématiques rencontrés par les jeunes. Inversement, ceux-ci découvrent l'univers de leur propre créativité, avec un certain étonnement d'abord, un enthousiasme certain ensuite.
Lorsqu'il est venu à Aubusson, j'ai évoqué avec Gérard Garouste le projet de "Cité de la Tapisserie", et la manière d'articuler dans le projet cet aspect d'échange entre enfants et artistes. D'emblée, Gérard a manifesté de l'intérêt pour cette idée, et le site de l'Ensa l'a fortement impressionné. La perspective de pouvoir accueillir des artistes en résidence s'inscrit évidemment totalement dans la philosophie du projet départemental. Reste à en définir précisément les conditions et les objectifs, mais notre visite à La Géroulde a achevé de me convaincre de la pertinence d'engager un partenariat avec La Source.
C'est d'ailleurs lors de la tombée de métier du "murex et l'araignée", dans les locaux même de l'Ensa, que Gérard Garouste a rencontré Nathalie Baye, invitée par Jean-Pierre Saintrapt, qui parrainera la prochaine saison de "La Source".
N'était-ce pas là un bon présage ?

Le projet d’extension des activités de l’association « La source » à Aubusson me paraît enthousiasmant et d’une grande justesse de vue. La vocation première de cette association, tournée vers l’enfance en difficulté, offre l’opportunité d’une articulation pertinente entre la politique sociale de la municipalité et son action en faveur de l’art.
Les ateliers de « La source » à Aubusson seraient sans doute habilités à accueillir, autour des artistes locaux et en résidence, des enfants d’ici, mais aussi des jeunes venus d’autres régions de France, ce qui situe le projet à la croisée des enjeux dont une municipalité comme la nôtre doit se saisir : éducation, solidarité sociale, art et tourisme.
J’apprécie particulièrement la déclaration d’intention formulée par G. Garouste sur la page d’accueil du site de « La source » : non pas forcément faire des enfants des artistes mais favoriser leur épanouissement par l’art et en faire « des êtres de désir ». C’est là l’intitulé d’un projet éducatif majeur, tant il est vrai que les jeunes générations souffrent d’une crise du désir et où les valeurs esthétiques véhiculées par l’art sont les plus susceptibles d’éveiller la faculté désirante à sa fonction naturelle de transcendance. Sous l’égide des créateurs locaux et résidents de « La source », la tradition artistique de notre ville la destine à consacrer une partie de ses missions éducatives à la formation du regard artistique, premier principe de toute forme de civilisation. Kant ne dit-il pas que le goût est l’expression d’un « sens commun » qui fonde subjectivement la possibilité d’une existence politique ?
Il n’empêche qu’Aubusson doit tout autant pouvoir former de véritables artistes. D’une part parce que la compétence artistique doit être une composante essentielle de la qualification des lissiers que formera la Cité de la Tapisserie, d’autre part pour devenir une pépinière de créateurs dont certains se tourneront naturellement vers la tapisserie.
En outre l’existence de l’ENSA et de deux options de spécialités artistiques au lycée Eugène-Jamot (l’option théâtre et l’option arts plastiques, dont on n’a pas encore assez compris combien elle peuvent participer de l’attractivité de cet établissement en raison de la rareté de tels enseignements) orientent, depuis longtemps déjà, l’offre de formation aubussonnaise vers la spécificité artistique. Afin qu’Aubusson tienne son rang de pôle de l’enseignement artistique à l’échelle de l’académie, il faudrait confirmer et élargir l’identité artistique du cycle secondaire (création d’une option cinéma/audio-visuel, d’une option musique…) et lui donner un prolongement dans le supérieur. Nous renforcerions alors - par synergie avec ces formations - les trois principaux axes de la vie culturelle aubussonnaise que sont la Scène Nationale, le tissu associatif et, prochainement, la Cité de la Tapisserie.
Qui doute encore aujourd’hui que la formation artistique, aussi bien dans sa dimension éducative que dans sa dimension qualifiante soit l’un des leviers de l’essor économique d’Aubusson ?
Rédigé par : Michel Dias | 12/05/2009 à 07:29
Tiens, en parlant d'inspiration, la Loi Falloux vient de passer... par décret!
Derrière l'écran de fumée de réformes bancales et de fumeux projets "pédagogiques", le fait du Prince, encore, n'en manque pas d'inspiration, lui.
Rédigé par : Jérôme Mathias Bel | 16/05/2009 à 11:13
Très beaux projets en effet. Je souhaite à Aubusson et à son maire que ce bébé voit le jour. Quand le social rejoint l'art et si possible le tourisme, c'est l'espoir et l'identité d'Aubusson qui sont boostés.
Continue d'avoir de belles sources d'inspiration comme ça !
Rédigé par : Cécile | 21/05/2009 à 10:21