Notre dernière Lettre, au lendemain des calamiteuses élections européennes dressait déjà le constat de l’urgence de la rénovation du Parti socialiste. Martine Auby avait semblé ratifier cette urgence en parlant devant le Conseil national du 9 juin d’une nécessaire «totale refondation».
Un mois plus tard, où en sommes-nous ?
Le rapport sur les primaires ouvertes à toute la gauche a été remis à la Première secrétaire le 18 juin. Il a tenu ses promesses sur au moins trois points :
• Il est resté jusqu’au bout le fruit d’un travail collectif, rassemblant toutes les sensibilités sans exceptions du parti. Certes l’unanimité ne s’est pas faite, mais tous les participants, même les plus réticents sur le principe, ont contribué à la définition souvent minutieuse de la procédure. De fait c’est bien la construction d’une imagination commune qui s’est faite ainsi. Et cette méthode de travail est sans doute ce qui manque le plus à la direction du parti à l’heure actuelle où les clubs et écuries présidentielles refleurissent à qui mieux mieux. En soi, la «commission primaires» pourrait servir d’exemple dans la «remise au travail» du parti.
• Le rapport a fait événement, la presse en général rivalisant pour en avoir la primeur puis s’en faire largement l’écho, allant jusqu’à organiser des débats dans ses colonnes ou dans des lieux publics. Plusieurs leaders d’opinions ou de sensibilités partisanes ont pris position. Il n’est donc pas exagéré de dire que nous avons contribué à créer une véritable opinion publique sur ce sujet et au sens fort du terme. C’est le signe que celle-ci a perçu la dimension innovante d’un rapport destiné à lancer le débat.
• Le rapport a ouvert une perspective de rassemblement de toutes les gauches décidées à battre Sarkozy en 2012 et à gouverner ensemble ensuite. Les Primaires ne suffisent évidemment pas pour cela. Il faut un projet, des accords de candidatures pluriélectorales, un programme de gouvernement et un contrat de législature. Mais la pré-condition rendant crédible tout cela aux yeux des Français, c’est la convergence des intérêts que les Primaires permettent en dépassant enfin les micro-stratégies personnelles Il y a donc urgence à tenir cette promesse que pratiquement toutes les motions présentées au congrès de REIMS annonçaient.
Il faut que le Parti socialiste s’accorde au plus vite sur le cadre général de la procédure et qu’il se presse pour en discuter avec ses partenaires de gauche afin de faciliter le débat sur la maison et le projet communs. Au lieu de cela, le parti hésite comme à chaque fois que, depuis dix ans au moins, il a dû constater les progrès de sa propre mise en crise. Aucun débat sur les Primaires n’est programmé ni au Bureau National ni à l’Université d’été de La Rochelle. Une Convention sur la rénovation est annoncée pour les lendemains des Régionales, ce qui signifie que son organisation n’aboutira pas avant l’automne vu le temps nécessaire pour le débat. C’est acter une forme d’enterrement tant il est vrai que plus nous nous rapprocherons de l’échéance des présidentielles, plus les Primaires seront à la merci de manipulations par les candidats, très nombreux, d’ores et déjà, dans le seul périmètre du parti. Sans prendre le temps du moindre échange, quelques dirigeants du parti ont argumenté dans la presse contre les Primaires allant jusqu’à leur opposer le projet. Peut-on accepter une telle situation, reproduisant la culture de l’échec sans rien risquer de neuf pour oser le rassemblement des gauches ? Peut-on ressasser l’idée que la crise de la social-démocratie est historique et continentale sans rien tenter pour la dépasser, sans imaginer un nouveau parti socialiste ? Cette crise n’est pas seulement celle de l’orientation et des valeurs ; c’est aussi celle du rapport à une base sociale, à la société civile, aux acteurs innombrables du changement dans la vie réelle. La crise est dans le fait que la société ne nous entend plus et ne veut plus nous entendre.
Aussi nous ne pouvons en rester à ce constat de l’immobilisme systémique d’un parti devenu très vieux. Il nous faut mener la bataille militante de la refondation. Elle passera si nécessaire par la mise en oeuvre de l’article 6.11 des statuts du parti qui prévoient qu’ « à la demande de 35 fédérations ou d’au moins 15% des adhérents, le Conseil national peut décider, après en avoir débattu sur le fond et à la majorité qualifiée des deux tiers de ses membres, d’organiser une consultation directe des adhérents ». Il faudra donc sans doute en passer par là et il faut dès maintenant en préparer les conditions dans les fédérations et autour.
Ce sera l’occasion de savoir si le socialisme français a encore les forces suffisantes pour se rénover enfin.
Arnaud Montebourg Paul Alliès, Carlos Da Silva,
Secrétaire national Secrétaires nationaux adjoints
chargé de la Rénovation chargés de la Rénovation

Le PS aurait intérêt à arrêter de faire de la cuisine interne et de s'engager dans une campagne vigoureuse pour dénoncer le Président qui de dérive en dérive conduit notre pays à la catastrophe,des solutions existent elle doivent être radicales et ne pas ressembler à celles dépassées de la social démocratie.
En outre il est évident que Martine AUBRY n'a pas le charisme nécéssaire pour s'imposer face à SARKOZY,le PS aurait intérêt à régler son problême de leader au plus tôt.
Rédigé par : Robert | 13/07/2009 à 15:29
Mais où va le PS ?
Manuel VALLS ayant osé dire tout haut ce que pensent nombre de socialistes et d'hommes et de femmes de gauche se voit sommé par Martine AUBRY de se taire ou de quitter son parti,quel sens de la démocratie!quelle façon de ressouder la Gauche !
Rédigé par : Robert | 15/07/2009 à 23:24
tout à fait d'accord pour appliquer l'article 6.11. On a trop attendu, ce que nous propose Martine n'apportera pas le changement rapide et indispensable et que penser de sa demande de rassemblement de toute la gauche sans préalable. elle est naïve ou quoi? quel mépris, quelle fierté, tout ce que les français détestent au PS...
On a vraiment un problème de leadership et de mépris des militants aussi... On n'est pas consultés, on ne nous invite à rien au plan national : le laboratoire des idées, c'est pour les huiles seulement?
Pendant ce temps Europe Ecologie fait son chemin. je pense qu'ils vont confirmer en 2010, peut-être pas dans les mêmes proportions mais quand même. Corinne Lepage vice-présidente du Modem appelle au rassemeblement Modem-Europe Ecologie pour 2010 : http://www.cap21.net/dynamic/actu.php?act=1588
Et le PS : est-il capable de mettre avec conviction du vert dans sa garde-robe? l'écologie politique est un vrai projet alternatif de société, crédible et de plus en plus compris et attendu par les frabnçais. Dans l'écologie politique, contrairement à que disent certains (notamment à gauche de la gauche), il y a le SOCIAL et l'ECONOMIE. Ce n'est pas de l'utopie, c'est la politique de demain, dès aujourd'hui!!!
Si le PS ne prend pas ce virage-là, l'Histoire se fera sans nous. Un président Europe Ecologie en France en 2012, ça me va très bien. Je serais rassurée pour l'avenir de la France et du Monde, car on s'attaquera alors aux vraies priorités pour construire une société plus juste et plus vivable.
Rédigé par : Cécile | 20/07/2009 à 05:59
Le comportements des dirigeants du PS est tout simplement consternant.C'est à qui poussera ses pions ,se mettra en avant,fera des déclarations le plus souvent acides afin qu'on parle de lui dans les médias.Quel spectacle affligeant et pour les sympathisants et surtout pour les militants dont le bénévolat va finir par s'émousser.Ils devraient penser aussi à tous ces élus modestes (conseillers generaux,maires) qui se sont présentés sans mettre leur étiquette dans leur poche et qui doivent sacrément se demander de quoi demain sera fait.On dit que le PS est un parti d'élus ce qui est plutôt vrai,mais heureusement qu'ils sont là.Si on les décourage,BHL aura eu trés vite raison
Rédigé par : Carte | 20/07/2009 à 20:49