Je viens de lire attentivement le texte publié dans le Monde.fr de monsieur Patrick Martin-Genier, Maître de conférence à Sciences-Po Paris , intitulé "Parti socialiste : les conditions du renouveau". Chacun comprendra mon intérêt à prendre connaissance de l'analyse d'un spécialiste aussi éminent de cette problématique.
"Dire que le PS va mal est une litote", indique en préambule notre mandarin de la rue St Guillaume, ce que nous avions nous-mêmes soupçonné depuis quelques temps, mis sur cette piste par les multiples et néanmoins lamentables démonstrations données en et au public par des dirigeants socialistes égarés sur les chemins de traverse de l'ambition personnelle.
Je m'attendais donc, en parcourant cette chronique, à de nouvelles pistes de travail, issues de la féconde réflexion qui caractérise l'intelligence universitaire. Je suis un peu resté sur ma faim, tant les lieux communs, ponctués d'erreurs d'analyse, m'ont semblé être les seuls constituants d'une chronique que Le Monde a jugé digne de ses colonnes.
Las !
Ainsi, on lira à quelques lignes de distance, la justification de la trahison, au profit de Nicolas Sarkozy, de certains socialistes par leur prétendue humiliation par l'appareil et la candidate aux présidentielles, et en même temps une vigoureuse exhortation à la discipline militante ( "Il faut savoir jouer collectif de temps en temps, ainsi va la vie politique" ). Ce qui n'empêche pas l'auteur de stigmatiser la 1ere secrétaire lorsqu'elle rappelle le vibrionnant député-maire d'Evry à l'ordre collectif du parti ( "même François Mitterrand n'avait pas osé dire une chose pareille à Michel Rocard !" ). Nul doute que Manuel Valls appréciera d'être ainsi élevé au même rang que son ancien mentor.
L'auteur affirme ensuite le postulat de l'alliance avec le Modem, pour une possible victoire électorale. Et c'est bien-là que se situe pour moi la principale erreur stratégique qui condamne depuis un certain temps la PS à la stérilité politique. Ce qui détourne de lui aujourd'hui les Français, c'est d'abord l'inexistence d'un projet politique clairement identifié, et ensuite la carence d'un leader porteur de ce projet. Avant de courir derrière un Modem, objet de mode politique en phase de démonétisation, le PS doit au contraire affirmer un projet de société, solidaire, éco-compatible et redistributeur. Courir après les Verts, comme le suggère l'auteur, uniquement dans un souci électotaliste relève davantage de la manigance politique, alors que vis à vis de ces partenaires, c'est bien une stratégie de construction de projet commun qu'il faut engager.
Revendiquant la "modernité", l'auteur se contente de nous resservir la vieille lune de l'alliance avec le centre, qui n'est qu'un leurre politique, dès lors qu'on n'a pas mis en oeuvre les conditions d'un rapport de force favorable. Une tel accord ne peut être envisagable que dans le cadre d'un projet de société, élaboré collectivement par les socialistes et ses alliés naturels, qui placerait les centristes en situation de force d'appoint. Postuler l'alliance produirait l'effet inverse. Il faut donc postuler le projet.
On aura compris ma déception à la fin de la lecture d'une chronique inutile à la réflexion. On ne peut parler d'un apport significatif au débat, pour un texte qui, au motif de dénoncer les litotes, s'y livre avec une déconcertante application. A l'heure des laboratoires d'idées, j'attends des contributions intellectuelles d'une autre dimension que celle-ci. Ce ne sont pas les portes ouvertes qui ont besoin d'être enfoncées.
Certains se sont fait une spécialité de bucheron de la vie politique, ne ménageant pas leurs efforts à la cognée, sans doute pour abattre l'arbre sec qui les contrarie tant. Souhaitons simplement que son bois permette de raviver la flamme du feu socialiste, dont les chaudes braises n'attendent que ça.

Je voudrais compléter ton analyse Michel,je crois que la grave erreur que commet le PS est de croire qu'il peut se sortir de la crise par des moyens traditionnels,comme le préconisent plusieurs présidents de région il est indispensable qu'il convoque un congrés extraordinaire ouvert à tous ceux qui à gauche veulent travailler ensemble.
La présidentialisation du régime, que je regrette, oblige un parti qui veut conquérir le pouvoir à avoir un chef porteur d'un programme; c'est ce qui manque actuellement au PS.
La question des accords avec le MODEM, les Verts, le PRG..est importante pour les élections locales ou les législatives d'aprés la présidentielle mais elle n'est pas déterminante pour l'élection suprême; les vieilles propositions de la social-démocratie ne font plus recettes,les français attendent de la gauche:
-qu'elle arrête la dégradation des services publics.
-qu'elle régule le monde de l'entreprise en créant les conditions pour éviter la délocalisation.
-qu'elle prenne en main la promotion d'une économie écologique en liaison avec les verts.
-qu'elle porte un coup d'arrêt aux mesures anti-sociales;allongement de la durée de la retraite,atteintes aux droits sociaux et.. mesures qui sont à la fois régressives et inefficaces.
-qu'elle rétablisse la sécurité trés dégradée par l'insuffisance du gouvernement qui malgré des lois de plus en plus répressives qui portent atteintes aux droits de l'homme et n'arrivent pas à assurer l'ordre républicain.
-que le problême urgent de la restructuration des collectivités locales fasse l'objet d'une vaste concertation et non de diktats de l'Elysée.
En agissant dans ce sens la gauche retrouvera la confiance du peuple et l'épisode SARKOZY ne sera qu'une triste parenthèse dans notre histoire.
Rédigé par : Robert | 27/07/2009 à 09:29
J'approuve ce que dit Robert à 200% sauf sur les retraites, où je pense qu'il faut arriver à moderniser l'idéologie à gauche, qui veut que les acquis sociaux on n'y touche pas : dans un monde qui évolue sans cesse, et alors que des besoins immenses apparaissent (retraites, hopital, dépendance, 3ème âge, services publics,...) et que les caisses sont vides, il faut savoir réformer et accepter les efforts : la retraite ne doit pas être à 60 ans pour tous d'office, à mon avis. Elle doit être liée à la pénibilité et à l'epérance de vie. On sait qu'un éboueur vit 5 ans de moins qu'un ouvrier, lui-même vivantetc... La pénibilité devrait être réévaluée tous les 5 ans selon des critères objectifs (espérance de vie par exemple, la CNAM a des études). Comment admettre qu'à la SNCF on parte si tôt, le charbon c'est fini depuis longtemps, etc... Je souhaite que la retraite par répartition soit sauvée, pour celà il faudra sans doute faire des efforts et en profiter pour rétablir de l'ordre juste : est-il normal qu'il y ait encore de tels écarts entre calculs des retraites public/privé? Quant aux services publics en général, je suis contente de certaines réformes de Sarkozy : fusion Trésor/Impôts, ANPE/ASSEDIC (très mal fait mais il fallait le faire : guichet unique), etc... Par contre là où la gauche a des différences très nettes à porter par rapport à la politique désastreuse actuelle c'est la défense absolue des moyens à accorder à l'Education, la Santé, les piliers de la société française sociale qu'on aime, et à la Recherche, l'Innovation, facteurs de (l'éco)développement pour demain.
Un bémol aussi sur la sécurité : il faut refaire de la prévention (les emplois jeunes étaient un très bon exemple : mettre des jeunes au boulot et leur redonner ainsi de l'espoir et une place dans la société, c'est le meilleur antidote à la délinquance). La gauche devra assumer aussi, comme l'a fait Ségolène le côté répressif (mais pas à la sauce Sarko biensûr). La sanction au premier acte de délinquance, l'encradrement militaire étaient des pistes courageuses de Ségolène en 2007. Ne pas faire l'impasse là-dessus. Ne pas opposer le tout prévention au tout répression.
Quant au PS, à quand la révolution des militants pour la tenue d'un congrès extraodinaire nous permettant de choisir en un seul vote : un leader avec son projet et des statuts rénovés pour le fonctionnement interne.
Michel, merci d'arrêter de répandre l'idée que l'alliance avec le modem est un postulat de base pour certains socialistes, dont je suis. Le PS a le même problème (mépris) vis-à-vis des Verts, dont il refuse de voir le saut électoral. Le PS doit être un parti d'ouverture, si nous sous ne le sommes pas , avec notre philosophie de gauche... Simplement il faut commencer par être clairs sur notre projet socialo-socialiste avant d'aller discuter avec les Verts, le Front de Gauche, les Radicaux et le Modem, avec lesquels nous partageons des valeurs essentielles (démocratie, médias indépendants du pouvoir, humanisme/solidarité, remettre l'Homme au coeur du projet et pas le profit, l'écologie...). Ne veut-on pas que ce soient ces valeurs-là qui gagnent en 2012?
Et pourquoi pas des états généraux des forces de progrès (ou un laboratoire d'idées pour que ça fasse moins peur), des Verts au Modem où on parle des idées de chaque camp et pas des personnes, où l'on essaie de trouver un projet commun pour 2012, histoire de redonner de l'espoir aux français et de donner à l'opposition un fil directeur, chaque parti continuant à partir de ce fil directeur à défendre ce qui le touche le plus, qui l'écologie, qui le travail,.... Tu crains que soit la fin de tel ou tel parti? il y en a de trop à mon avis pour que les français comprennnent quelque chose et trouvent notre camp crédible et donc digne d'éventuellement gouverner la France.
J'irai peut-être aux ateliers d'été organisés par Peillon et Bianco à Marseille, où des intervenants des verts au Modem sont annoncés, plus des gens de la société civile. Les portes ouvertes, il ne faut pas que le dire, il faut le faire. Je suppose que ce genre d'intervenants sera peu présent à La Rochelle.
Rédigé par : Cécile | 27/07/2009 à 17:25
Et bien, avec une gauche comme çà, la droite n'a guère d'efforts à produire, ni de souci à se faire...Elle a déjà gagné la bataille idéologique !
Rédigé par : michel moine | 27/07/2009 à 21:47
Quand la retraite à 60 ans a été instaurée, l'espérance de vie était sans doute à à peine 80 ans. On travaillait dès l'âge de 16/18 ans. Aujourd'hui, on rentre dans le monde du travail de plus en plus tard, on peut vivre plus longtemps, il est légitime et politiquement indispensable de se reposer la question. Mon premier salaire je l'ai eu à 23 ans, et encore pendant 2 ans, j'ai pas mal pointé à l'anpe : je n'ai vraiment travaillé de manière continue qu'à partir de 25 ans et encore grâce à un emploi-jeune merci Jospin, j'accepte de travailler jusqu'à au moins 65 ans et plus si nécessaire, pourvu que j'ai droit à une retraite décente. Mon métier n'est pas pénible physiquement, il n'ampute pas mon espérance de vie. Tu sais, je suis d'une génération qui a fait le deuil de la carrière sans accident malgré de brillantes études, je suis prête à faire le deuil de la retraite à 60 ans, ça ne me parait pas être aujourd'hui le plus important. Ce qui compte c'est de sauver ce modèle de la retraite par répartition alors que les retraités sont de plus en nombreux et les actifs de moins en moins (délocalisations, mécanisation, ...).
Les politiques prétendent travailler pour préparer demain, pour nous par exemple, les "jeunes". Si vous nous écoutiez un peu. Vous verriez peut-être qu'on n'est pas attachés forcément à la retraite à 60 ans, que ce qui nous intéresse surtout c'est d'avoir des perpectives de boulot stables pendant 40 ans pour pouvoir construire notre vie. Et puis de savoir qu'on aura des revenus décents pour subvenir à nos besoins du 3ème et 4ème âge. La santé s'améliore, on change souvent de boulot, on doit pouvoir rester au boulot longtemps sans se lasser (sauf les métiers pénibles), quand on a connu le chomage, la valeur travail est importante, elle structure la vie, elle donne une place dans la société. Ce n'est pas parce qu'on est la génération 35h (excellente idée du partage du travail qui nous rend fiers d'être de gauche) qu'on est des fainéants, qu'on ne pense qu'à nos RTT et à notre retraite.
Je veux bien qu'on cherche à ponctionner les profits pour financer les retraites c'est très bien, mais on ponctionnera quoi pour sauver l'hopital, quoi d'autre pour sauver la culture,... Il faut voir les problèmes globalement puis accepter d'étudier toutes les solutions, y compris celles qui sont douloureuses. La gauche doit avoir du courage.
Ce qui agace les français c'est ce passéisme, cet immobilisme idéologique de la gauche, qui nous fait ressembler à des partis de dinosaures plus que d'éléphants.
Ségolène voulait instaurer le socialisme du XXIème siècle, elle a raison : il y a sans doute un cap idéologique à passer. La social-démocratie est un échec, soit. Je ne crois pas que la posture à gauche toute soit efficace pour l'intérêt général des français à long terme. Je ne pense pas à moi mais à mes enfants. Je ne veux pas leur léguer une dette financière, écologique, idéologique, culturelle, etc... La bonne politique est à réinventer, les vieilles recettes ne font plus recette. On ne veut pas de la politique sarkoziste, mais ce n'est pas l'opposé de sa politique point par point qui est la solution. Heureusement (car il est là 5 ans, sauf problème de santé!) il a quelques bonnes idées, courageuses. Le courage est une très belle qualité, surtout en politique. Courage de faire ce qui est utile à l'intérêt général, de s'autocritiquer, de se remettre en question sans tabou, quitte à se faire mal voir, et ne pas se faire réélire... Le pire c'est que Sarko en nous bousculant dans nos schémas traditionnels risque de se réélire! Bref, tout ce qui manque au PS aujourd'hui. Etre mal vu, c'est déjà acquis pour le PS. On a donc tout à gagner aujourd'hui à oser la réflexion jusqu'au bout, à remettre tous les grands dossiers sur la table et à décider de ce qui peut être réformé dans notre idéologie. Si on le fait en consultant la base, on sera sans doute étonné du résultat. Le changement c'est difficile, c'est tellement plus simple et confortable de ne rien changer.
Rédigé par : Cécile | 28/07/2009 à 07:38
Une précision en ce qui concerne les retraites.
je ne suis pas défavorable au retard de l'age de départ à la retraite pour ceux qui sont volontaires mais les propositions du patronat relayées par le gouvernement sont incohérentes car:
-La plupart des entreprises licencient en priorité les salariés agés.
-A partir de 50 ans il est extrémement difficile de trouver du travail.
-de trés nomlbreux jeunes sont à la recherche d'un emploi qu'ils n'arrivent pas à trouver faute de places disponibles.
Enfin la destruction systématique des emplois publics désorganise notre société particuliérement dans les zones rurales.
Le financement des retraites exige des solutions innovantes qui doivent faire appel à la solidarité nationale.
Rédigé par : Robert | 28/07/2009 à 12:01
Robert, on a inventé la parité pour permettre aux femmes d'accéder à des postes en politique. Pourquoi n'instaurerait-on pas de discriminiation positive qui fonctionne pour les + de 50 ans? C'est un peu facile de dire, "oui mais personne n'en veut" (des femmes ou des plus de 50 ans) et de ne rien faire. Pour moi, le problème des femmes ou celui des + de 50 ans, c'est du même niveau. Soit on se résigne, soit on se bat. Si on considère que les + de 50 ans sont bons à rien, on peut virer tous les politiques qui nous gouvernent à commencer par notre président : le raisonnement ne tient pas. Les capacités intellectuelles et même la forme physique sont souvent intactes. La jeunesse n'est pas forcément un gage de performance. En plus, libérés des contraintes de l'éducation des enfants, les + de 50 ans sont potentiellement plus disponibles pour leur boulot.
C'est faux de dire "place aux jeunes". On sait que beaucoup de départs à la retraite ne sont pas remplacés (idéologie sarkozyste quant aux fonctionnaires, on profite aussi des départs à la retraite parfois pour obtenir des gains de productivité : le progrès technologique tue souvent l'emploi...). Le travail des plus de 50 ans ne nuit donc pas forcément à l'intégration des jeunes. Pour moi, c'est le partage du travail (35h) qui est la bonne piste, surtout si on doit travailler plus longtemps, qu'on travaille moins chaque année et ce sera plus supportable. ça permet en plus à plus de gens de travailler (viser le travailler tous, en plus ça fait plus de gens qui cotisent à la retraite). Par ailleurs, les RTT offertes par les 35h permettent aux familles actuelles (souvent monoparentales ou recomposées) de gérer mieux les histoires de gardes d'enfants etc... Pour moi, on est là dans le donnant-donnant, le gagnant-gagnant, la solidarité intra et intergénérationnelle.
Rédigé par : Cécile | 29/07/2009 à 05:32
Allez mort de rire ce matin lorsque j'ai cru que mon autoradio avait changé de station passant de RMC Info à Rires & Chansons lorsque j'ai entendu notre député de circonscription se définir comme l'Astérix local retranché dans son village creusois résistant à l'invasion régionale socialiste, seul contre tous (témoignage suite au rédécoupage électoral demandé selon ses dires par la gauche).
En tout cas un grand moment de détente pour commencer la journée.
Après Jeanne d'Arc boutant les Anglais hors de Creuse, Astérix contre les Socialistes...
Rédigé par : Francois TETEVIDE | 29/07/2009 à 08:29
Cher Michel,
l'après Reims est décidément une vraie désolation. Candidate aux européennes, j'ai été effondrée par l'inanité de mon Parti et je ne te cache pas un certain pessimisme . Quand aux alliances, a vrai dire , c'est un faux problème . Si le projet est bon et le (ou la leader) obtient la confiance de tous, l'union se fera naturellement.
Rédigé par : françoise | 31/07/2009 à 07:20
Pour Cécile:
Il n'y a pas contradiction entre tes propos et les miens,ce que j'ai fait c'est une simple constatation pour prouver que les propos du gouvernement et du patronat ne correspondent absolument pas à leurs actes.
Rédigé par : Robert | 01/08/2009 à 09:27
Le député de la seconde circonscription entonne son éternel refrain:c'est la faute aux socialistes.Il devrait se mettre d'accord avec son ami politique Marsaud qui accuse l'UMP d'avoir sacrifié le Limousin et la Haute Vienne à la suite de marchandages effectués au plus haut niveau
Rédigé par : Carte | 02/08/2009 à 11:05