Le Parti Socialiste, après l'avoir longtemps différé, s'est engagé sur la voie de sa rénovation. Le 1er octobre prochains, ses militants se prononceront sur 11 questions. Il s'agit pour les socialistes de jouer un rôle d'initiateurs de l'évolution démocratique de notre société, en s'imposant en interne des règles qui préfigurent les évolutions de la Loi qu'ils mettront en oeuvre, revenus aux responsabilités nationales.
Primaires, parité, non-cumul des mandats pour les parlementaires, limitation des mandats éxécutifs dans le temps, ouverture plus large du parti, éthique sont donc à l'ordre du jour de cette consultation militante.
C'est une excellente chose de fixer ainsi des règles qui s'imposeront à tous, même si nous pouvons parfois éprouver un sentiment sisyphien. En juin 2001, lors du colloque sur "l'idée socialiste" au CNIT, Martine Aubry, chargée du projet 2002, qui se méfiait de "la radicalité des slogans" appelait déjà à "ouvrir" le parti aux mouvements contestataires. Désormais aux responsabilités, elle peut mettre en oeuvre ce voeu. Les primaires en sont l'outil.
L'idée générale des questions posées aux militants affiche en filigranne la volonté de lutter contre l'instauration de baronnies locales, où les potentats trustent les mandats importants. Il s'agit d'éviter à certains camarades de ne plus estimer avec lucidité le moment venu de confier à d'autres les fonctions qu'ils ont occupé, souvent avec talent et efficacité, pendant une notable période. Sage et vertueuse préoccupation, dont on se méfiera pourtant de certains effets pervers.
Ainsi, si je suis convaincu de la pertinence du non-cumul pour les députés, suis-je un peu plus circonspect pour les sénateurs. En effet, les premiers sont les élus de la population, de l'ensemble des citoyens, et les attentes de ces derniers vis à vis de leur député exige une disponibilité totale. Ce sera d'ailleurs particulièrement vrai dans notre département, qui ne va plus compter qu'une circonscription unique, composée de 260 communes. Le député aura fort à faire, et celà lui sera souvent impossible, pour répondre à toutes les sollicitations du terrain, singulièrement le week-end, pour s'embarrasser d'un autre mandat.
S'agissant des sénateurs, élus des grands électeurs et des territoires, il est important qu'ils soient issus du corps électoral dont ils dépendent. Une expérience d'un mandat de maire ou de conseiller général, voire régional semble indispensable si on veut avoir une conscience fine des problématiques auxquelles les collectivités sont confrontées, singulièrement dans cette période de RGPP et de réorganisation des différents échelons territoriaux.
Doit-on de ce fait interdire à un sénateur l'exercice d'un autre mandat ? Celà mérite réflexion et discernement. Je ne serais, pour ma part, pas opposé à ce qu'un sénateur puisse être maire d'une commune de moins de 3.500 habitants, ce qui lui permettrait de garder un lien direct avec les réalités de gestion d'une collectivité.
Je regrette que la rédaction des questions de la consultation militante ne puisse permettre de nuancer ainsi sa réponse.
Sur le reste, je suis favorable à la limitation dans le temps des mandats exécutifs. Le texte avance le chiffre de trois mandats consécutifs. Celà parait raisonnable, et correspondre largement au temps de mise en oeuvre de politiques locales profondes. Au-delà, on rentre probablement dans des logiques d'usure et de dilution, néfastes à l'intérêt général.
Quant à la parité, bien sûr oui, dès lors que ce principe n'est pas antinomique avec compétence et démocratie locale. Je me méfie, d'expérience, des décisions prises à Paris, et pour lesquelles la parité a souvent été un prétexte pour d'autres fins politiciennes. Il conviendra donc d'établir des règles fines et équitables, où l'échelon local, la fédération et les militants locaux, auront leur mot à dire, autant que le national. Je voterai donc non à la question 3.3 sur le mandat donné au bureau national pour déterminer les circonscriptions réservées.
Enfin, je remarque que la démarche socialiste fait évoluer la société toute entière. Nous avons entendu le député UMP Auclair s'indigner du cumul des mandats chez ses adversaires, lui qui est également conseiller général et maire de sa commune de Cressat. Rappelons-lui qu'il est député depuis bien longtemps, et que nous cherchons toujours dans les archives de l'Assemblée Nationale la moindre proposition de Loi de sa part instaurant le non-cumul des mandats pour les parlementaires. Il est d'ailleurs toujours étonnant de voir avec quelle promptitude certains se précipitent pour exiger d'une toute nouvelle sénatrice les vertus qu'ils ne s'imposent pas à eux-mêmes.
Le chantier est donc devant nous. C'est une révolution interne qui est en marche, et qui, une fois qu'elle sera en oeuvre, ringardisera tous ceux qui ne s'y seront pas pliés. Je suis heureux de voir que ce combat que j'ai engagé en 2002 aux côtés d'Arnaud Montebourg commence à porter ses fruits.
Comme le disait en 2001 Lionel Jospin: " les socialistes ne sont pas condamnés soit à l'inadaptation de leur pensée au monde contemporain, soit à la trahison de leurs idéaux." C'est tellement vrai !

En ce qui concerne le SENAT cette institution dans sa forme actuelle me parait périmée, elle est devenue en grande partie la "maison de retraite" de la République",pour lui donner un sang neuf,car je ne suis pas partisan de sa suppression pure et simple comme la Gauche la longtemps demandé,il est nécéssaire de faire élire cette Assemblée au suffrage universel et à la proportionnelle dans un cadre régional.
Les Sénateurs représenteront ainsi les régions et les collectivités locales,les députés l'ensemble des citoyens,nous aurons ainsi un bien meilleur équilibre institutionnel et non pas deux chambres d'enrégistrement des décisions du Président de la République.
Rédigé par: Robert | 23/09/2009 à 09:04
Concernant la place des femmes, je me fais le relais des EgalEs qui ont noté : "ce n’est pas acceptable (titre de la question 3) de mélanger la question de l’égalité femmes/hommes avec celles de la diversité, des jeunes et des outre-mers (qui doivent apprécier), pour la raison que les femmes ne sont pas une catégorie et que dans tous ces groupes il y a 50% de femmes au moins ! Il est encore moins acceptable (question 3-3) et même scandaleux que les femmes soient « une diversité » parmi d’autres, expression que 52% de la population de ce pays ne manquera pas d’apprécier !"
Tu comprendras que je sois d'accord avec ces remarques comme avec la tienne : attention à l'instrumentalisation de la parité à d'autres fins : la compétence, la démocratie locale et je rajouterai l'envie et la disponibilité, qui ne sont ni le monopole des hommes ni celui des femmes...
Je fais le lien avec René Nicoux, qui permet à la Creuse de respecter la parité des sénateurs, par un vote local et la reconnaissance de ses compétences. Y aurait-il la même cabale contre le nombre de mandats qu'elle exerce si elle avait été un homme? je me garderais ici de citer des hommes politiques qui cumulent de très hautes fonctions, sans que ça n'émeuve Auclair ou d'autres... Accepter que des femmes prennent des postes à haute responsabilité en politique c'est dur pour les hommes, les voir en plus en obtenir beaucoup, ce doit être insupportable, le début de la fin? Laissons lui le temps de voir comment elle peut s'organiser, comment elle peut défendre au mieux ses convictions, son territoire.
Rédigé par: Cécile | 24/09/2009 à 07:00