La Droite aime à donner d'elle-même une image de bloc, sans aspérité ni fissure, et il faut reconnaitre qu'elle a assez bien réussi à faire passer cette idée dans l'inconscient collectif, y compris celui des gens de gauche. La clé de voute de cette architecture, c'est bien sûr Nicolas Sarkozy, évident candidat "naturel" pour les prochaines présidentielles.
Mais le propre du naturel, quand on le chasse, c'est qu'il revient au galop.
En effet, à y regarder de près, le moins qu'on puisse dire, c'est que la Droite est agitée de tels mouvements telluriques, que le plus piètre vulcanologue politique ne peut pas ne pas déceler, qu'on peut s'attendre à des irruptions imminentes, dont les prémices ont envahi l'espace médiatique.
Le discours du Premier Ministre, appelant à l'unité de la majorité et à sa mobilisation, est en soi la démonstration que celles-ci ne vont pas de soi. En effet, le spectacle donné -recadrage d'un conseiller spécial incontinent médiatique, recadrage d'une secrétaire d'Etat aux sports particulièrement prompte à se démarquer, recadrage d'un ancien Premier Ministre suspect d'entreprise sénatoriale déloyale, recadrage d'un autre ancien Premier Ministre qui estime excessive la quantité d'eau à mettre dans son vin de Bordeaux, etc..., laisse le sentiment d'un bateau-ivre. Sans parler de ceux qui jettent un regard critique sur leurs "amis"depuis leur fenêtre, et qui ne rêvent que d'une chose: revenir par laporte.
La question du grand emprunt est ramené au niveau d'un jeu télévisé ou d'une tombola de pesée de jambon. C'est plus ? C'est moins..!
Les ministres en sont réduits à prononcer de doctes soutiens à la candidature de monsieur-fils à la présidence d'une tire-lire départementale, avant de se livrer à de doctes analyses sur la dérobade finale. Même les Chinois se marrent...
De réformes sont lancées, qui ont le mérite de faire l'unanimité...contre elles, tant leur niveau d'impréparation remet en cause les fondements des équilibres tant économiques et financiers que démocratiques de nos Institutions et singulièrement les collectivités locales.
Tout cela pour conforter l'image d'un Président suractif. Suractif, mais sans efficacité dès lors qu'il s'agit de lutter contre un chômage galopant . Même ses supporters commencent à s'en émouvoir. La chute de la cote de popularité du Président dans les sondages est elle aussi galopante. Là aussi il a chaussé ses bottes de sept lieues, dans une France des petits marquis de Carabas.
En Creuse aussi, la grogne de certains élus de droite, las des méthodes violentes de leur chef, est de plus en plus perceptible.
L'unité n'est donc que de façade. Celle-ci se lézarde de plus en plus. Les régionales en apporteront une preuve supplémentaire.

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