Je me suis rendu hier après-midi à l'hopital de Guéret, où devait se tenir le Conseil d'administration, présidé par le député-maire, Michel Vergnier. "Devait se tenir", car les circonstances en ont bouleversé le déroulement, et Michel a décidé de ne pas le présider. En effet, l'annonce brutale de la fermeture, dans six mois, du service de radiothérapie a retentit comme un coup de tonnerre dans le ciel de la Creuse. C'est une catastrophe inexplicable et un coup supplémentaire porté aux Creusois, dans l'assassinat programmé des services publics et de la santé publique en milieu rural.
Il y a trois ans, un investissement de trois millions d'euros a permis d'équiper le centre hospitalier de Guéret d'un accélérateur de particules neuf, qui est venu remplacer un appareil au cobalt en phase d'obsolescence. Un radiophysicien a été recruté, et une équipe s'est constituée autour de lui, pour apporter aux patients creusois atteints de cancers, une solution de traitement de proximité moderne et efficace. Après une montée en puissance progressive, c'est désormais plus de 220 patients qui sont traités par ce service par an, sans que le rythme de croisière ne soit encore atteint. Nous savons tous, malheureusement que ces maladies touchent de plus en plus de nos concitoyens.
Or, pour l'Agence Régionale de l'Hospitalisation, l'activité du service ne justifierait plus son maintien. Il manquerait de 15 à 20 patients par an. Résultat, fermeture du service guérétois, et accueil des malades à Limoges ou Montluçon.
On imagine le progrès, pour ces derniers, contraints à des temps de trajets pouvant aller jusqu'à 2h30, pour des séances de radiothérapie de 12 minutes ! Dans les circonstances que traversent ces patients, rien de plus urgent de leur imposer de tels délais de route...
Pire : à Montluçon, l'équipement de radiothérapie date ... de 1989, et est beaucoup moins performant que celui, tout neuf, de Guéret. A Limoges, au CHU, le radiophysicien est ... en arrêt maladie. La clinique Chénieux ne pourrait accueillir qu'un tiers des patients actuellement en cours de traitement à Guéret.
La présence de très nombreux patients, hier, dans le hall de l'hopital, témoignait de leur confiance et de leur reconnaissance envers l'équipe de la radiothérapie. J'ai écouté avec beaucoup d'émotion le témoignage du radiophysicien, monsieur Roméro, expliquer la réalité de la situation de son service, et son désarroi face à la décision de fermeture prise, dont les explications officielles oscillent entre dénigrement insupportable et entorses à la vérité des faits.
Ce combat pour le maintien du service de radiothérapie est celui de Michel Vergnier, bien sûr. Mais il est avant tout celui de toute la Creuse. L'hopital de Guéret est un établissement performant, et je me souviens de ce que me disait le précédent directeur Didier Hoeltgen, avec lequel il était facile de discuter, sur la qualité de son plateau technique, que bien des hôpitaux parisiens pouvait envier. La radiothérapie en est le fleuron.
C'est pour cela que, président du Conseil d'Administration de l'hôpital d'Aubusson, et réprésentant de toute cette partie du département, j'apporte tout mon soutien aux initiatives de mon collègue de Guéret, qui n'a pas ménagé ses efforts dans ce dossier difficile, et qui ne les ménagera pas dans les semaines qui viennent.

Si on lit la lettre adréssée par Jean AUCLAIR à la Ministre de la Santé la Clinique de la Croix Blanche serait menacée de suppression à court terme?
Rédigé par : Robert | 19/12/2009 à 14:04
Merci pour cette note qui donne pas mal de détails importants, portant à se mobiliser pour cette cause. Les investissements récents ne présagent donc rien, l'argent est mal géré dans ce pays (l'amortissement sur 3 ans laisse réveur, même si l'équipement est délocalisé!), les paroles ne sont pas conformes aux actes (plan cancer). Et demain, la maternité aussi, n'est-ce pas? car le "quota" à attreindre est fragile...
ce ne sera plus un hopital mais un établissement de bobologie comme dit M Vergnier... c'est une catastrophe pour la Creuse si on en vient là. Qui voudra s'installer ou rester dans un département où les services publics les plus essentiels ne sont même plus assurés.
La notion de service public doit pouvoir intégrer la distance, donc l'accessibilité dans la notion d'équité. Toujours une question de péréquation des coûts, des moyens entre zones plus ou moins denses. Là j'aimerais bien qu'on parle de service minimum. Sur une maladie épuisante comme le cancer, les 2h30 de trajets semblent tout simplement inacceptables, incompatibles avec la maladie. Les citoyens ruraux auraient moins le droit de guérir que les autres?
Rédigé par : Cécile Fortineau | 19/12/2009 à 22:37
On ne peut qu'être scandalisé par une décision qui pénalise à nouveau notre département.Une des raisons qui conduit le directeur de l'ARH à agir de la sorte,c'est le nombre insuffisant de patients traités,de nombreux creusois se dirigeant vers Limoges ou Montluçon et non Guéret.Cette réalité mérite qu'on s'interroge sur les raisons qui poussent ces patients vers l'extérieur de notre département,la proximité n'expliquant pas tout.Je pense que la responsabilité des décideurs creusois est aussi engagée dans cette affaire,l'hôpital de Guéret ne sachant pas "se vendre" ;expression sans doute peu adaptée à la situation mais qui résume bien ma pensée.Un exemple?J'ignorais que Guéret possédait un matériel de radiothérapie bien plus performant que celui de Montluçon et je ne suis pas le seul dans ce cas.La santé n'est pas une marchandise dit-on,mais rien n'empéche un hôpital de se faire mieux connaître des malades et d'agir auprès des médecins généralistes.Et de ce côté là celui de GUéret est aux abonnés absents...en tous cas pour ceux qui,comme moi,habitent l'est du département.J'ai le sentiment que ce qu'on appelle le pays de Guéret a trop tendance"à se regarder le nombril",ignorant ce qui se passe tout autour de lui (la réaction parfois vive de certains élus devrait pourtant alerter chacun).Si l'on veut que les gens viennent vers vous,il faut aussi aller vers eux et ce n'est pas le cas aujourd'hui,le chef-lieu ayant trop tendance à se replier sur lui-même.Peut-être que mes propos sembleront excessifs à certains,mais il ne font que refléter ce que je ressens et ce depuis longtemps déjà.Ceci dit,j'éspère sincèrement que l'ARH reviendra sur cette décision inique et sans doute un peu politique
Rédigé par : Carte | 22/12/2009 à 11:02
Mais concrètement, a t-on un recours ? Ceci est une vraie question.
C'est évident que les gens vont fuir de plus en plus ce beau département, et quel jeune couple serait assez fou pour s'installer ici sans aucun service public ? L'hôpital, les écoles, un jour la maternité... Le cercle vicieux de la désertification frappe la Creuse. Guéret tente désespérément de conserver un nombre suffisant de personnes (en faisant n'importe quoi au passage...).
Faudrait-il que ça passe par une nouvelle dynamique économique du département ? Mais, de suite, que doit-on faire ?
Rédigé par : Espoir | 22/12/2009 à 17:38
Si les Guérétois croient sauver seuls leur ville du déclin alors que le reste de la Creuse se désertifie ils se trompent,je ne donne pas cher de la survie du département et de sa préfecture dans quelques années,déjà certaines administrations (exemple une grande partie de la DDAS émigrent à Limoges),seule une action concertée de tous les Creusois pourra peut être nous sauver?
Rédigé par : artine | 27/12/2009 à 08:50