L'attentat manqué contre l'avion américain, revendiqué par Al Qaeda, illustre la grave crise que traverse le monde, sous couvert de fanatisme religieux. De manière générale, le XXIe siècle, qui achève sa première décennie, est celui du fait religieux, ce fait qui imprègne désormais les relations internationales, mais aussi les affaires intérieures de notre pays. Ainsi, le Président de la République française, laïque, a lui-même cru devoir s'exprimer, avec l'opportunisme qu'on lui connait, sur cette question. Personne n'a oublié le discours de Latran, en transgression avec la doctrine de l'Etat jusqu'alors exprimée, mais aussi en transgression avec l'Histoire objective de notre pays. Toute la philosophie de Nicolas Sarkozy est résumée dans ce discours, qu'il convient de lire attentivement, et auquel le Président ne manque pas une occasion de réaffirmer l'importance qu'il lui accorde.
Un vrai débat politique que celui-ci, fondamental, et qui mérite qu'on se donne la peine d'y réfléchir. On voit d'ailleurs à quel point il peut être sous-jacent dans ce fameux débat sur l'identité nationale, qui dérive très vite sur la place de l'islam dans notre pays. On en arrive même à envisager de légiférer sur des problématiques qui avaient échappé à tout le monde jusqu'ici, comme les minarets que nos voisins suisses ont placé au coeur de la polémique.
Il n'est pas question ici de nier le fait religieux, pas plus que le cléricalisme qui désormais alimente la doctrine officielle de notre pays. Il n'est pas question non plus de manquer de respect à la foi des croyants que notre République laïque reconnait comme liberté absolue de conscience. Car là est bien le point de débat, entre la libre pratique de sa foi et de sa religion, et l'interférence des églises dans les affaires publiques, ce que la Loi de 1905 a réglé.
"La religion est l'opium du peuple" a estimé Karl Marx. Loin d'être un mot d'ordre, ou un slogan, cette phrase nous conduit à nous interroger sur la véritable nature du fait religieux. Ce n'est pas la religion qui fait l'homme, mais bien l'inverse. Ce sont les hommes qui font les religions, qui sont les prismes de leur vision du monde tel qu'ils l'imaginent, ou tel qu'ils le souhaitent. Ce prisme est la plupart du temps conflictuel, car il masque, ou déforme, la réalité des enjeux de pouvoir qui opposent les peuples. Le fait religieux est donc avant tout un fait social et économique. L'appartenance religieuse, exacerbée, permet de fédérer, d'embrigader, voire de fanatiser. La religion est une illusion, celle d'un monde meilleur, qui adviendra "après", et dont la perpective permet de faire croire au croyant qu'il peut s'abstraire de la revendication juste d'un partage équitable des richesses matérielles de notre monde terrestre.
La religion est donc l'instrument des classes dominantes et possédantes dans le cadre du rapport de force induit par la compétition entre classes sociales, ce que Marx appelle la lutte des classes.
Alors, pourquoi une telle exacerbation du fait religieux ? Pour une raison simple, consubstantielle à la nature même du capitalisme, singulièrement dans sa dernière métamorphose financière. Ainsi, ces trente dernières années se sont-elles caractérisées par une valeur ajoutée qui a vu, en France, la rétribution du capital augmenter de 28 % à 40 % alors que la part du travail, dans le même temps passait de 72 % à 60 %...
La réponse à la problématique des églises passe donc par une dimension économique mondiale régulée, d'une manière ou d'une autre. Elle s'accompagnera inévitablement par la dimension sociale, et la réaffirmation que seule la laïcité peut garantir un vivre-ensemble acceptable, et accepté par le plus grand nombre.
Finalement, il ne faut pas craindre les débats. Il suffit d'éviter les faux débats, dilatoires, comme celui qu'on nous tend comme un miroir de notre société, où j'ai bien du mal à reconnaitre ma république. Lancer un débat de fond sur les valeurs de la République, qui en sont la devise, et la manière de leur donner réalité sociale, me paraitrait autrement opportun. Il n'y a probablement pas un modèle unique d'identité nationale, assimilatrice. L'assimilation, c'est la négation de notre Histoire commune. Mais il y a probablement bien des façons de se reconnaitre dans les valeurs de la République laïque, et aussi bien des déceptions, vis à vis des espérances républicaines, notamment en terme d'égalité, non satisfaites. C'est à ce prix que la république réaffirmera son crédit face aux religions qui prospèrent sur les inégalités sociales.
C'est pour celà que je suis laïc. Laïc, et pas anticlérical, comme l'opposition municipale cherche à me caricaturer. La liberté absolue de conscience est un acquis de la République, qui en reconnait le bien-fondé, dans la sphère privée de chaque citoyen. La religion n'a pas à interférer dans les affaires publiques. Chacun appréciera à quel point ce concept de laïcité reste toujours aussi novateur et révolutionnaire. La France doit rester ce pays phare, aux valeurs universelles. Elle est l'héritière du siècle des Lumières. C'est même à partir de là qu'elle a posé le pied dans la modernité.
Et là se trouve le choix: soit considérer ce que je viens de dire comme une vérité historique et politique, soit, comme Jean-Paul II, estimer que c'est à partir de la philosophie des Lumières que sont issues les "idéologies du Mal".
C'est l'un des enjeux de ce nouveau siècle, dont dépendra la guerre ou la paix du Monde. Celà mérite qu'on en parle !

Je n'aime guère la phrase de Marx "Dieu est l'opium du peuple",car elle s'applique aussi au communisme et à toutes les idéologies totalitaires,je préfére celle de Michel de MONTAIGNE dans l'apologie de Raymond Sebon:"Les hommes ont fabriqué les dieux sans se rendre compte que la religion n'était qu'une pièce de leur invention propre à lier leur société"
Sur l'anticléricalisme il existe une ambiguité, ce qui est condamnable c'est l'anticléricalisme dirigé contre les personnes ou la libre pratique des religions,ce qui est par contre souhaitable c'est l'anticléricalisme dirigé contre l'influence des religions sur l'Etat et sur les Lois,nos ancêtres lors de la Révolution ont mis fin à la domination de l'Eglise catholique et à aucun pris cette domination ou celle d'une autrre religion doit à nouveau s'imposer.
Rédigé par : Robert | 30/12/2009 à 09:46
Si l’on appelle « fait religieux » l’ensemble des pratiques cultuelles et rituelles qui composent, au cours de l’histoire, les manifestations visibles de la vie spirituelle, ainsi que l’ensemble des institutions religieuses qui constituent les superstructures créées par les sociétés humaines comme autant de traductions « temporelles » de la vie spirituelle, alors la fameuse analyse marxiste, ainsi que l’interprétation que Michel en donne dans la note ci-dessus, restent d’une indéniable pertinence pour caractériser l’instrumentalisation du religieux par la société bourgeoise de l’époque. Mais il s’agit d’une analyse socio-politique applicable à des circonstances historiques bien particulières et donc tout à fait relative aux conditions sociales décrites par Marx. La relativité des inscriptions du « fait religieux », ainsi défini, dans l’organisation socio-politique des communautés humaines confirme l’affirmation selon laquelle « ce sont les hommes qui font la religion ».
En revanche, si l’on désigne sous le concept de « fait religieux » l’existence d’un « sentiment religieux » comme fait humain universel, alors la critique marxiste n’est d’aucun recours pour comprendre une réalité fondamentale et anhistorique de l’esprit humain qui s’origine sans doute dans un pathos primordial du rapport à la mort et au cosmos.
C’est ce sentiment religieux donnant naissance à l’idée du sacré qui est infiniment respectable car il ancre la spiritualité dans les affects primitifs de notre espèce. Avec l’anthropologue Leroy-Ladurie, on peut penser que l’émotion religieuse est à l’origine de la capacité de l’esprit humain de se projeter hors du présent, de s’élever vers ce qui le dépasse et, par là, de développer la faculté d’abstraction jusqu’à forger un langage conceptuel comme seul moyen de communiquer sur le plan des idées, ce qui est foncièrement le propre de l’homme. De sorte que, cette fois-ci, l’on peut dire que c’est bien « la religion qui fait l’homme ».
Ce n’est pas offenser le principe de laïcité que d’affirmer qu’aucun être humain, pas plus aujourd’hui qu’hier, ne saurait nier le vertige existentiel qui est à l’origine du « fait religieux » ainsi entendu. Au vertige religieux qui confronte l’être humain à ce qui le dépasse, l’univers laïc répond par une quête perpétuelle de sens. Une émotion de nature authentiquement religieuse est la source de toutes les productions de l’esprit. Elle confère une aspiration à la transcendance et un sens du sacré qui diffusent dans tous les champs de l’activité humaine, en particulier au cœur de la vie sociale et politique ; elle est le moteur du « monde humain ».
Au regard de ce pouvoir d’imprégnation du sentiment religieux originel, il se pourrait bien que les pratiques confessionnelles – malgré la place qu’elles occupent historiquement – ne soient qu’une émanation partielle, et peut-être inappropriée, d’une religiosité fondatrice que la Renaissance et les Lumières n’ont pas abolie mais plutôt orientée vers d’autres formes de spiritualité.
Je me souviens m’être laissé convaincre par un beau texte du philosophe Alain disant qu’il y a plus de religion dans une raison scientifique qui accepte de ne pas tout comprendre que dans une approche théiste des origines de l’univers et de la condition humaine. Alain, après avoir stigmatisé l’anthropomorphisme théiste attribuant les vicissitudes du monde aux décrets arbitraires d’un « capricieux jardinier », conclut par cette prodigieuse sentence : « la prière est l’acte irreligieux par excellence » ! Ce qui ouvre à la définition de la laïcité des perspectives inattendues : ne s’agit-il pas de refuser l’emprise de toute culture confessionnelle dans l’espace public afin que ce dernier puisse devenir le théâtre d’une religiosité séculière déployée dans la geste politique que constituerait la délibération des citoyens égaux occupés à créer l’humanité dans chacune de leurs décisions politiques ? C’est en ce sens que j’entends pour ma part la formule attribuée à A. Malraux, selon laquelle « le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas »
Le confessionnel et le politique, que la laïcité veut séparer, ont à l’origine un lien de parenté étroit qui les a longtemps réunis dans une fraternité coupable : l’institution politique et l’institution religieuse ont toutes deux vocation à relier les hommes. Dans la tradition chrétienne on a tiré le mot « église » du vocable grec qui désignait d’abord l’assemblée populaire réunissant le peuple pour traiter des affaires publiques. C’est que les hommes ne peuvent être reliés que par ce qui transcende leurs individualités respectives, que par un principe qui se donne comme commun en raison même de sa transcendance : les uns l’appellent Dieu, les autres l’appellent Justice.
Le tout, pour l’esprit laïc, est alors d’identifier ce qui sépare vraiment le confessionnel du politique. Or, je pense quant à moi que ce qui les sépare c’est le mode de distribution de la parole : la parole confessionnelle est une parole communielle, la parole politique est une parole dialoguante. L’une est dispensée selon un modèle vertical : le chef de l’Eglise s’adressant à l’assemblée ; l’autre s’échange selon de modèle horizontal de la parité entre les citoyens. La spiritualité laïque est une spiritualité dialoguante.
Le problème est bien que les « classes politiques », à l’heure de la laïcité, ont séparé l’Eglise de l’Etat sans jamais se départir de l’ancien modèle vertical qui régissait depuis toujours la structure confessionnelle de la société. A vrai dire, aussi longtemps que la vie politique reposera sur le pouvoir des chefs dispensant la parole à leurs ouailles militantes, elle trahira le principe de laïcité. De fait, les communautés politiques qui se proclament hypocritement laïques restent, en réalité, des églises, où les gouvernants servent leurs programmes comme autant de nouveaux opiums dispensés au peuple pour leur faire accepter leurs chaînes au nom en vue d’un avenir meilleur. Il n’y aura de laïcité que lorsque la quête collective du transcendant – justice et humanité – se fera loin des bibles programmatiques, par la discussion toujours renouvelée entre pairs, exercice qui supposera de la part des citoyens une religiosité de l’humain.
Rédigé par : Michel Dias | 02/01/2010 à 10:24
Bonsoir ! C'est intéressant... Il est bien évident qu'on ne pourra empêcher les gens qui le souhaitent à continuer à croire à des obscurantismes quelconques si ils le désirent.
Par contre, il tout aussi clair que les Religions n'ont pas à nous imposer leurs croyances rétrogrades et c'est pourtant bien les des plus gros problèmes subsistant dans ce monde (quelles que soient la religion d'ailleurs)
Perso, quand je vois des écoles cathos ou des églises (alors que le Vatican est pété de pognon) pleurnicher à l'Etat ou aux pouvoirs publics (alors que la séparation de l'Eglise et de l'Etat date de 1905) je fais des bonds.
Ni Dieu ni maître ! A bas la calotte ! Vive la sociale !
Salutations Anarchistes !
Rédigé par : Alayn | 03/01/2010 à 01:10
Merci à Michel de sa participation à ce débat. Il répond en cela à la préoccupation évoquée dans Le Monde par le sociologue Michel Wievorka , (http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/01/02/michel-wieviorka-la-societe-attend-des-individus-qui-savent-reflechir_1286720_3224.html ), qui s'inquiéte du "climat populiste, anti-intellectualiste" qui nimbe les initiatives gouvernementales. Je crois aussi que la période actuelle, de crise, appelle des débats de haute qualité, pour fixer des axes de pensée à notre société si matérialiste. D'ailleurs, ce que j'appelle le fait religieux s'inscrit probablement dans la satisfaction de ce besoin.
Alors, est-ce l'homme qui fait la religion, ou la religion qui fait l'homme ? Je partage avec Michel l'idée que l'Homme est habité d'un besoin de spiritualité, ce qui le différencie notamment de l'animal. La religion, ou la croyance religieuse, manifeste de cette démarche. Mais le socialisme n'en est lui même pas dépourvu. Si j'ai cité Marx, pour qui c'est l'Homme qui fait la religion, ce qui ne veut pas dire qu'il exprime là un rejet total de la dimension spirituelle de l'individu, on peut, en contre-point, citer la doctrine de Pierre Leroux, adepte d'un socialisme non collectiviste, et où la spiritualité occupe une place première : "Nous vous disons et nous vous prouvons que la volonté divine a fait l'humanité progressive" ou encore "Si le mode de nutrition de l'homme par l'homme était purement spirituel! ". Alors si on admet qu'il y a de la vérité dans les 2 points de vue, si l'homme fait la religion et si la religion fait l'homme, est-ce un pur sophisme de conclure que, finalement, c'est l'homme qui fait l'homme ?
Par contre, je suis plus dubitatif sur l'affirmation de Michel, selon laquelle " Le problème est bien que les « classes politiques », à l’heure de la laïcité, ont séparé l’Eglise de l’Etat sans jamais se départir de l’ancien modèle vertical qui régissait depuis toujours la structure confessionnelle de la société. A vrai dire, aussi longtemps que la vie politique reposera sur le pouvoir des chefs dispensant la parole à leurs ouailles militantes, elle trahira le principe de laïcité".
Je crois en effet qu'il n'est pas inintéressant de se replonger dans les débats qui aboutirent à l'adoption de la Loi de 1905, rapportée par Aristide Briand, dite de séparation des églises et de l'Etat. L'originalité de la position de Briand a justement été de ne pas céder aux plus ultras partisans de l'anticléricalisme, comme Combes ou Gambetta, au motif qu'il ne s'agissait justement pas de substituer un culte à un autre. Je crois donc que la république laïque, tolérante et garantissant la Liberté de conscience, s'est bien départie du modêle organisationnel confessionnel de la société. Ramener les partis politiques, à qui notre Constitution confère un rôle éminent dans l'expression démocratique, à de simples églises est réducteur, et assez peu confiant dans le libre-arbitre de ses adhérents. Il suffit d'ailleurs d'observer le Parti Socialiste depuis quelques années pour comprendre à quel point la notion de moule peut être relative. Ceci étant, je partage l'idée d'un dialogue permanent entre élu et citoyen, même si la démocratie représentative reste l'expression, probablement imparfaite, de la démocratie républicaine.
On en concluera que la richesse et l'exigence intellectuelle du débat conditionne la réalisation personnelle de l'individu, élément d'une société organisée, ritualisée, et comme dit Michel, dialoguante. C'est bien ce à quoi nous nous livrons !
Rédigé par : Michel Moine | 04/01/2010 à 00:14
Bonsoir ! N'étant pas un exégète ni un cul-béni de Marx (çà ici, tout le monde le sait que j'ai toujours préféré Michel BAKOUNINE et le courant anti-autoritaire qui s'est affronté dès la première Internationale aux marxistes)
Néanmoins, et c'est certainement la meilleure sortie de Marx (une qui l'avait pas pompé à P.J Proudhon pour une fois): "La religion est l'opium du peuple".
Pierre Leroux était certes plus ambigu sur cette question, spiritualiste plus que religieux à mon avis, et j'ai du respect pour lui néanmoins ("inventeur" du mot "socialisme" dans sa forme moderne, ne l'oublions pas !): sans lui aussi, George Sand n'aurait pas pondu certains de ses meilleurs romans^^
+ son imprimerie à Boussac qui avait in fine un fonctionnement libertaire, qui reste malgré les querelles des 3 branches originelles du socialisme (socialisme, marxisme, anarchisme) une référence.
Pour cette vieille branche du socialisme qu'est l'anarchisme qui aura raison inéluctablement un jour ou l'autre sur le marxisme ou le socialisme -c'est en cours et à grands pas- (arf !) il est bien clair que les curetons de tous acabits, c'est No Pasaran !
La spiritualité ou les religions ? Bah, comme dit plus haut, on n'empêchera pas néanmoins celles et ceux qui veulent toujours gobé et croire des balivernes et se rassurer devant la mort, ce qui est l'ultime fonction des Religions en faisant miroiter des Paradis improbables et falsificateurs...
Bref, débat très intéressant, iconoclaste.
Quelques que soient nos divergences politiques, idéologiques, stratégiques, etc... çà me fait plaisir.
Salutations Anarchistes !
Rédigé par : Alayn | 04/01/2010 à 04:29
Même si on peut être d'accord avec Bakounine (dont je ne suis pas un spécialiste) dans sa dénonciation du sacrifice dans la religion, force est de constater qu'il se contente d'une critique sociale de l'Eglise catholique. Il ne prend pas la mesure de l'aspiration à la spiritualité des individus, se contentant de la renvoyer à l'urgence d'une révolution sociale. Pour lui, l'homme s'extirpe de sa condition animale uniquement par la pensée et la révolte. Il me semble qu'il fait trop l'impasse sur la spiritualité.
La question qui reste posée, c'est bien la gouvernance de la société, si on souhaite qu'elle s'affranchisse des machines à penser religieuses, et dont la laïcité de l'Etat, en qui, il est vrai, Bakounine ne voit que l'expression d'une oligarchie confiscatrice des libertés individuelles. Pour lui, seules les Lois naturelles sont légitimes. La difficulté de la définition de celles-ci, ainsi que le refus des maitres à penser, et donc quelque part de lui-même, rend l'exercice extrêmement hasardeux et périlleux, et pour tout dire, pure spéculation intellectuelle.
Merci, en tout cas à Alayn, dont les interventions m'ont fourni l'occasion de me replonger, même fugacement, dans la pensée de Bakounine.
Ce blog est ouvert aussi à ceux qui voudraient défendre des points de vue différents, dès lors qu'il s'agit de véritables contributions au débat identifiées. Il serait par exemple intéressant que ceux qui se retrouvent dans le discours de Latran fassent valoir leurs arguments.
Rédigé par : Michel Moine | 04/01/2010 à 09:00