Je reprends le titre de l'article de La Montagne consacré au choix du parti communiste de la Creuse pour les prochaines régionales. Ce titre reprend une citation du conseiller général Daniel Dexet, commentant la décision de laisser la tête de liste au parti de gauche. Et Claude Guerrier, conseiller régional sortant, de renchérir: " On n'est pas là pour avoir des plaçous mais pour faire avancer les choses ".
Comment comprendre une telle déclaration ? Car, pour dire les choses, les relations entretenues entre élus socialistes et communistes, tant à la Région qu'au Conseil Général, ont toujours été empreintes de la plus grande loyauté réciproque, et même -osons le mot- d'amitié. Nos camarades communistes seraient-ils en train de dire que leur présence dans les majorités et les exécutifs n'ont pas fait avancer les choses, en dépit des votes qu'ils ont toujours exprimés, lors des budgets par exemple ?
Seraient-ils en train de dire qu'ils considèrent dorénavant que leurs mandats n'auraient été que des plaçous, autrement dit une démarche uniquement guidée par un intérêt pécuniaire ?
Lorsque Bruno Noble explique vouloir " ancrer à gauche la politique régionale en Limousin ", est-ce un retour à la bonne vieille pratique de l'auto-critique qu'il faut y déceler ?
J'avoue ensuite avoir quelques difficultés de contorsion pour suivre le raisonnement de mes camarades communistes, au regard de la conclusion à laquelle ils parviennent, à savoir une perspective de 2e tour "sans ambiguïté" pour battre la droite. Si je comprends bien, sans ambiguïté, cela signifie " avec les socialistes". Heureux de l'apprendre, car je n'ai pas ouï que des discussions aient été engagées entre les parti(e)s en ce sens... C'est peut-être aussi reconnaitre implicitement toute l'ambiguïté de la position adoptée pour le 1er tour !
Cela dit, j'ai quand même relevé quelques manifestations de réalisme, dans les déclarations de nos camarades. Ainsi, lorsque je lis : " On démontre ainsi qu'on ne cherche pas à rester au chaud avec des élus quasiment assurés ", je me dis qu'il y a du vrai. Le PG parait mieux placé pour les négociations d'entre-deux tour.
" Ce qu'ont fait les communistes est assez inhabituel ". C'est vrai aussi.
Devant quel type de démarche politique nous trouvons-nous donc ?

Le Parti Communiste français en refusant de se moderniser après la chute de l'URSSS s'est condamné à mourir à petit feu et l'on trouve ici la raison de son effacement devant le Parti de Gauche dont l'avenir ne me parait guère plus brillant.
Rédigé par : Robert | 28/01/2010 à 11:27
Réponse le 14 mars mon cher Michel !
Je pense que ce que mes camarades et ami-e-s communistes ont entrepris est de raviver l'envie de modifier l'ordre du monde. C'est d'abord une démarche nationale qui vise à porter l'axe principal de la gauche sur une ligne de transformation sociale et non d'accompagnement. Le délitement n'est pas leur fait mais bel et bien celui du principal parti de la gauche jusqu'alors , le PS, qui ayant épuisé complètement la dynamique d'Epinay, et donc du pouvoir, fait peser sur nous tou-te-s une chape de plomb.
Les récentes déclarations de Martine Aubry, sur les retraites et sa volte face en sont une expression de plus, le soutien hypocrite à George Frèche et son abandon aujourd'hui va dans le même sens. Mon ancien parti a la boussole qui s'affole, parce qu'il ne voit pas plus loin que le bout de son nez.
Ce qu'ont accepté les communistes creusois, ils et elles l'ont fait au nom d'un intérêt général politique dont ils et elles ont pleinement conscience. Je veux dire par là, que tout a été validé, expliqué, ammendé, voté par des militant-e-s, révélant une vivacité interne que l'on ne peut soupçonner, lorsqu'on connaît les mauvaises habitudes prises au parti socialiste et le cantonnement des adhérent-e-s au rôle de supplétifs. Au PCF, ce n'est pas le cas et les adhérent-e-s savent aussi bousculer les murs.
Cette alliance là et la liste qui en résulte assume complètement une concurrence avec le PS et EE au premier tour. C'est la logique même car une fracture importante fait clivage dans la gauche, celle de l'acceptation des règles libérales comme transcendance indéboulonnable qui fait que des économistes de droite se jouent de juristes de gauche comme pour le traité constitutionnel européen. Cette quasi soumission fait même accepter le mépris du vote du peuple français (à l'exception de quelques courageux dont les parlementaires creusois)pour subir le traité de Lisbonne. Cette logique empêche la redistribution des richesses et la prise de conscience d'un intérêt général écologique.De l'autre côté de la fracture celles et ceux qui croient qu'un autre monde, solidaire est possible et dont la principale irresponsabilité ne découle pas de leur espoir mais bel et bien de leurs divisions ataviques.
Oui pour un grand parti comme le PCF, qu'un élu sortant accepte la règle d'un vote démocratique interne et la stratégie régionale de son parti paraît inhabituel, loyal, honnête mais inhabituel pour le moins. Qu'un parti comme le PCF accepte de céder une tête de liste au NPA, ou au PG, impensable si l'histoire ne se regardait que dans le rétroviseur, est assez inhabituel... Mais quelle leçon pour d'autres à gauche où ce serait assez tout simplement impossible qu'un baron ou une baronne se départisse de son mandat comme s'il s'agissait d'un privilège médiéval tout simplement. C'est la leçon de la jouvence du PCF, qui sert à tou-te-s.
Cette action aide aussi le PS a ne pas complètement chavirer. Elle est un point d'appui. Le premier tour est fait pour choisir librement à gauche qui doit prendre la responsabilité qu'incombe au courant majoritaire de la gauche et au second la droite doit être battue, sans confusion et donc sans le Modem, car on ne peut pas battre la droite culturellement en faisant appel à la droite.
Si demain pourtant cela ne devait ps suffire, alors il faudra que cette renaissance commune à gauche, s'enrichisse des socialistes qui ont gardé cette étincelle en eux et en elles. Je me dis Michel que le jour venu tu seras de ceux là, pas pour un plaçou (mandat électif dont on ne fait rien) mais bel et bien parce que c'est l'intéret général qui commande aux républicains et l'égalité et la justice aux socialistes philosophiques.
amitiés
Rédigé par : David Gipoulou | 28/01/2010 à 21:48
Quand on n'a plus rien à perdre et pas grand chose à gagner,laisser la place à d'autres ne me semble pas une difficulté insurmontable
Rédigé par : Carte | 30/01/2010 à 09:48
David,
Le PS a traversé une crise importante. Je garde espoir qu'il saura, avec ses partenaires habituels et parce qu'il opère lui-même un travail de rénovation de ses idées et de ses pratiques, se rassembler pour de nouvelles victoires absolument nécessaires pour nos territoires et pour la France. D'ici là, autant construire et débattre que s'invectiver.
Sur le rôle des militants, je trouve ta position exagérée. Les militants socialistes ont acté un certain nombre d'orientations quant à la rénovation du parti. Laissez-nous le temps de les mettre en oeuvre.
Quant aux retraites, il conviendra d'écouter les français aussi, le sondage des Echos indique que 6 français sur 10 (seulement) sont attachés au symbole de la retraite à 60 ans et que la 1ère solution qu'ils proposent pour sauver le système actuel est l'allongement de la durée de cotisations (51% des français). Certes, un sondage c'est fait avec un échantillon de 1000 personnes, quand les partis ou les syndicats représentent des 100taines de milliers d'individus, mais pas forcément représentatifs de toutes les catégories socioprofessionnelles, contrairement aux sondages. Un référendum serait intéressant sur la question. Les français ne sont pas dupes : partir à 60 ans oui, mais sachant que la retraite à taux plein ne sera possible qu'après 60 ans pour de plus en plus d'entre nous...
http://www.lesechos.fr/info/france/020337116120-six-francais-sur-dix-attaches-au-symbole-de-la-retraite-a-60-ans.htm
Tout le monde reprend à son compte l'intérêt général écologique, même ceux qui prônent le productivisme pour relancer l'économie et l'emploi!!! Tant mieux. Beaucoup au PS, contrairement à ce que laisse penser le résultat du pôle écologique du congrès de Reims sont sur la ligne d'une mutation écologique de l'économie. Quant à la redistribution des richesses, tu y vas un peu fort, c'est la base même de notre idéologie.
La question est dans un monde mondialisé, quelles règles adopter? et ce n'est pas forcément les règles libérales : taxe tobin, taxe carbone sur les produits entrants en Europe, ... les pistes qui pourraient être réellement mises en oeuvre en France et en Europe sont nombreuses. Je ne considère pas que ce soit de l'accompagnement, idem dans les combats pour les services publics. C'est bien la revendication d'un autre modèle de société que celui proposé par NS. Pas seulement le modèle d'avant l'ultralibéralisme, mais un vrai nouveau modèle écologique, social et démocratique (sans référence au modem promis!).
Tu reconnaitras enfin je pense que le PS a montré aussi pour les régionales sa capacité à mettre en avant de nouvelles têtes et à leur confier des responsabilités. Ce point nous unit encore contre la droite et Auclair.
Quant au modem, il doit comme vous se positionner : avec, à côté, contre le PS!
Tu imagines que j'observe avec attention ce que fera la liste Royal en Poitou Charentes : des syndicalistes, au modem en passant par les socialistes et les Verts. Quand on s'accorde sur un bilan et un projet, pourquoi ne pas l'assumer dès le départ et en tirer les conséquences? Mais je suis sans doute encore naïve.
Rédigé par : Cécile Fortineau | 30/01/2010 à 12:03
En ce qui concerne le lâchage de Georges FRECHE pour des propos qu'il a tenus à l'égard de Laurent FABIUS aprés les attaques de ce dernier,propos peut être mals venus mais pas antisémites comme certains voudraient le laisser croire,Martine AUBRY a commis, une bourde qui pourrait être lourde de conséquences en ce qui concerne le maintien à gauche de la région Languedoc Roussillon,mais il est vrai que compte tenu de la position de la grande majorité des socialistes et de leurs alliés dans la région le PS envoie la Maire de Montpellier au casse pipe !
Rédigé par : Robert | 30/01/2010 à 18:15
Bonsoir ! Comme l'histoire balbutie et se répète finalement !
Bah... Je ne tirerais pas plus -j'y ait usé beaucoup de cartouches déjà- sur le PCF -qui fut à la botte des stals et de Moscou durant des décennies- puisque c'est devenu -dans le paysage politique- une ambulance en flammes...
Depuis, on voit poindre tout un tas de nouveaux petits partis "plus à gauche que moi, tu meurs...". enfin, soi-disant...
Il est évident que, pour survivre encore un peu dans ce panier de crabes qu'est la politique politicienne et électoraliste, le PCF n'a plus, comme dernier recours, de tenter de s'allier avec quelques ovnis gauchisants... et très trompeurs puisqu'il est tout aussi évident que ces petits partis, faisant croire à une factice radicalité, se rallieront au second tour, au PS, comme d'ab.
Aaaah, que reviennent vite ce bon vieux temps où, par exemple, le mouvement anarchiste savait bouter hors des manifs le PS opportuniste et hypocrite car dans les luttes, nous étions plus nombreux qu'eux réellement ! Hé voui !
Salutations Anarchistes !
Rédigé par : Alayn | 04/02/2010 à 02:13