Il existe quand même des raisons d'espérer, voire de se réjouir, dans la crise que nous traversons. Tout n'est pas si noir.
Ainsi, monsieur Mestrallet, pdg de GDF-Suez, vient-il de toucher 830.500 € de plus-value sur ses stock-options.
Ainsi monsieur Proglio, pdg d'EDF et président du Conseil d'Administration de Veolia, va percevoir à ce dernier titre une rémunération de 450.000 € par an. Alors là, ça nous rassure, de voir ainsi les horizons se dégager. Certes, madame Lagarde s'était bien engagée à ce que monsieur Proglio ne percoive de revenus que d'EDF, mais enfin, on ne va pas se formaliser pour si peu. La nouvelle est trop bonne, et tellement porteuse d'espérances.
Bien sûr, quelques esprits chagrins viendront objecter qu'est annoncée dans le même temps l'augmentation des tarifs d'EDF, au moment des fortes consommations, c'est à dire pendant les vagues de froid, quand les intempéries obligent nos concitoyens à la consommation... Ceux-là s'y entendent pour la sinistrose, alors que les bonnes nouvelles sont là.
Les économies de messieurs Mestrallet et Proglio sont sorties de crise. C'est déjà ça, non ? Elles montrent le chemin. Celui du monde d'avant. Le monde du mensonge et de l'argent facile. Ca nous rassure. On étaient troublés par le discours présidentiel sur l'immoralité de la finance, sur la nécessité de réglementer, de taxer les plus-values des trades, tout ça... C'est vrai que le Président ne cessait de se référer aux penseurs de gauche, à tel point qu'il s'appuyait sur eux pour justifier ses réformes, comme celle de la réforme des collectivités territoriales où le pouvoir se targue de s'inspirer d'un vague texte de Léon Blum pour justifier le mode électoral des futurs conseillers territoriaux.
Là, au moins, avec messieurs Mestrallet et Proglio, les choses reprennent leur place. On voit bien, en fait, la profonde influence de Léon Blum, lequel disait au congrès de la SFIO en 1946, à l'adresse de ses camarades: " Vous avez peur des électeurs, peur des camarades, peur de l’opinion, peur de l’échec. Et s’il y a eu altération de la doctrine, déviation, affaissement, ils sont là, ils sont dans la façon timorée, hésitante dont notre doctrine a été présentée dans les programmes électoraux, dans la propagande électorale.Il y a un an, ici, je vous suppliais de vous montrer aux élections avec votre vrai visage. Je vous disais : « Je vous en supplie, effrayez plutôt que de duper. Ne dissimulez pas le véritable visage du socialisme. Exagérez-le encore, plutôt que de le masquer »".
Bon sang, mais c'est bien sûr ! Nicolas et ses amis veulent se montrer sous leur vrai visage , celui du libéralisme. Ils ne le masquent plus.
Ouf ! On avait peur...
Et merci, monsieur le Président, de nous avoir rendu Léon Blum. Elle n'est pas si mal, cette exhortation aux socialistes, après tout. Et si on se la réappropriait ? Ca ne serait pas du vol.

Mr Proglio applique à la lettre la formule de Sarkozy:travailler plus pour gagner plus...enfin travailler c'est beaucoup dire car il parait que la présidence de Véolia l'occupera 1h30 par mois.Mais on nous dit que ces grands patrons sont irremplaçables,que si on veut les garder en France il faut les payer;il faudra alors qu'on explique aussi pourquoi ils se font plus que rares à l'étranger(Etats-Unis,Allemagne,Grande-Bretagne...)Y en a marre de ces gens "irremplaçables"!
Rédigé par : Carte | 21/01/2010 à 10:13