La commande de vaccins, comment dirais-je, à haute dose, 95 millions pour être précis, contre la grippe A semble avoir pêché par excès de pessimisme de la ministre de la Santé. On ne peut que s'interroger sur l'importance de cette commande, pour couvrir 65 millions de Français, tout comme on peut s'interroger sur le revirement méthodologique surprenant s'agissant du nombre d'injections nécessaires. De deux par personne initialement prévues, on nous expliqua ensuite qu'une seule suffisait. Le vaccin contre la grippe est-il à ce point expérimental, alors qu'on vaccine chaque année 10 millions de Français contre la grippe saisonnière avec une simple injection, qu'on tâtonne à ce point sur le mode opératoire ?
Que dire de l'organisation retenue par le ministère, qui n'aura permis d'assurer la vaccination que de 5 millions de personnes, dans des conditions contestables, et contestées, alors que les campagnes de vaccination contre la grippe saisonnière, assurées par les médecins de ville et les établissements de santé, deux fois plus efficaces, se déroulent toujours sans anicroches ?
L'annonce par Roselyne Bachelot, de l'annulation de la commande de 50 millions de doses confirme bien la gestion erratique de ce dossier. Il faut au passage un certain aplomb à la ministre pour revendiquer les 350 millions économisés par l'Etat. D'ailleurs, si une telle somme est disponible, il ne devrait pas y avoir de problème pour y trouver les moyens nécessaires au maintien de la radiothérapie de l'hôpital de Guéret, qui, elle, représente un véritable enjeu de santé publique pour les Creusois. Le ministère ne dit d'ailleurs pas dans quelles conditions financières a été négociée cette annulation de commande auprès des laboratoires pharmaceutiques. Dire, comme le fait madame Bachelot, que les doses n'ont été ni livrées, ni payées ne suffit pas à exonérer l'Etat du lien contractuel généré par la commande elle-même. Quelles étaient les clauses financières en cas d'annulation ? Autrement dit, quelles sommes devront malgé tout être réglées aux fournisseurs, au titre du dédommagement ?
Et que dire des stocks massifs de tamiflu, achetés curieusement en limite de péremption ?
Car nul doute que les laboratoires ne soient privés de tout viatique.
La lumière devra être apportée sur cette histoire. Une commission d'enquête parlementaire doit être constituée. Dans le cas inverse, c'est tout le processus de contrôle démocratique qui se trouverait grippé.

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