Monsieur le Ministre André Chandernagor
Monsieur le Sous-Préfet
Monsieur le Sénateur, Président du Conseil général
Madame la Sénatrice-Maire de Felletin
Monsieur le 1er vice-président du Conseil Régional
Messieurs les Conseillers Généraux
Mesdames et Messieurs les Vice-Présidents de la Communauté de Communes
Mesdames et Messieurs les maires, adjoints et élus municipaux
Mon Colonel
Mesdames et Messieurs les chefs de services de l’Etat et du Conseil général
Mesdames et Messieurs les représentants du monde économique et associatif
Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités,
Au moment de rédiger ce discours, je me suis interrogé sur la forme à lui donner. En effet, je n’ai pas été insensible au Chaminadour qui évoquait la kyrielle de cérémonies de vœux, et en fixait les dangers. Pour autant, quelqu’en soit la forme, j’ai le sentiment que pour chaque orateur qui se livre à l’exercice, c’est la sincérité du propos qu’il tient qui en conduit le fil conducteur. Cependant, la sincérité n’exonère pas du risque de lassitude de l’auditoire, pour lequel l’opportunité de rencontrer, dans une unité de temps et de lieu, un grand nombre d’autres acteurs de la vie locale, le dispute à sa capacité d’écoute. C’est d’autant plus vrai que l’orateur s’éternise, alors que le buffet tiédit tout doucement. Ce sont là les risques de l’exercice convenu, dont je vais essayer de tirer un exercice convenable.
De là à vous promettre qu’il sera bref, il y a un pas que je me garderais de franchir…
D’abord, et même si c’est très convenu, je souhaite vous dire, ce qui est très sincère, le plaisir que j’ai, avec l’équipe municipale, à vous accueillir pour cette traditionnelle cérémonie des vœux de la municipalité d’Aubusson. Les années passent, le plaisir subsiste, parce que ces années nous permettent d’apprécier le travail accompli au service des Aubussonnais et des citoyens de la Communauté de communes. L’action politique ne peut que s’inscrire dans la durée, c’est donc à l’aune de cette durée, grâce à la confiance renouvelée de nos concitoyens, que je vais avoir le plaisir d’évoquer l’action municipale et intercommunale de l’année 2009, ainsi que les perspectives 2010.
Mais si la politique ou l’action publique ont besoin de durée, elles ont aussi besoin d’hommes et de femmes pour les conduire ou les incarner.
Et vous me permettrez de débuter réellement mon propos sur cet aspect des choses. Etre maire, ou Président de Communauté de Communes, n’est pas un exercice solitaire. C’est au contraire une pratique où la notion de travail en commun, la notion de délégation de responsabilités sont essentielles. Le dévouement et l’engagement sont donc deux qualités indispensables à qui veut œuvrer pour le bien public. J’ai –et quand je dis « j’ai » il faut comprendre « les collectivités dont j’ai la charge »- j’ai, disais-je, l’immense chance de pouvoir travailler avec des vice-présidents, à la comcom, et des adjoints, à la commune, qui sont des hommes et des femmes tout à fait remarquables. Leur dévouement pour le développement de notre territoire est total. A l’heure où il semble de bon ton de stigmatiser les élus, où l’idée de leur utilité relative infuse les esprits de manière pernicieuse, à tel point que s’agissant de ceux qui interviennent aux échelons départementaux et régionaux, on considère qu’ils sont 2 fois trop nombreux, je souhaite rendre un hommage appuyé aux équipes qui m’entourent. Chaque fois que je vais évoquer une réalisation municipale ou intercommunale, je vous remercie de penser qu’elle est le résultat du travail de toute une équipe, ici rassemblée.
Je vous remercie de les applaudir.
Nul n’ignore la crise financière, économique et sociale qui frappe notre pays, et dont l’année 2009 aura illustré les graves conséquences pour nos concitoyens. Le gouvernement a souhaité mettre en place un plan de relance de l’économie, et les collectivités locales, qui, en temps normal, assurent déjà 73 % de l’investissement public, ont été sollicitées pour accompagner cette politique de relance par l’investissement.
La commune d’Aubusson ne s’est pas dérobée devant ses responsabilités. L’objectif qui nous était assigné par l’Etat, pour pouvoir bénéficier du remboursement anticipé du fonds de compensation de la TVA était d’1,378 millions d’euros d’investissements réalisés. Cet objectif a été rempli, bien au-delà du chiffre que je viens d’évoquer, puisque nous clôturons 2009 avec un total de nos investissements de 2,867 millions d’euros, et encore, sans compter les travaux réalisés en régie par les agents municipaux, uniquement les travaux facturés par les entreprises. C'est-à-dire que nous avons plus que doublé en 2009 le montant des investissements de l’année précédente.
Pour cela, nous avions rempli un certain nombre de conditions nécessaires
- D’abord, le travail d’assainissement des comptes de la commune, son désendettement ( je vous le rappelle, - 25 % en six ans), les économies de gestions réalisées, depuis 2001, sous notre précédent mandat, nous ont permis de dégager des marges de manœuvres financières indispensables.
- Ensuite, nous avons réfléchi à la mise en place des priorités d’investissement municipales. Si certaines décisions se sont imposées à nous, du fait de la carence de nos prédécesseurs, comme la réhabilitation de la station d’épuration, d’autres ont répondu à notre souhait d’offrir de nouveaux services publics à la population, tout en tirant parti du patrimoine municipal à réhabiliter, comme le pôle enfance. Je vous informe, au passage, que ce bâtiment se verra remettre les rubans départementaux du patrimoine lundi prochain, pour la qualité de sa réalisation.
- Enfin, 3e condition il faut que le montage des dossiers soit suffisamment avancé pour être en capacité de passer en phase travaux. Parfois même, nous avions de l’avance, comme pour la maison de l’emploi, où les lots étaient attribués depuis avril 2007, mais où nous avons dû patienter pour obtenir le conventionnement financier avec l’Etat.
C’est ainsi qu’il n’y aura jamais eu autant de chantiers ouverts simultanément à Aubusson ! Et c’est une bonne chose, car c’est bien en période de crise, comme celle que nous traversons, qu’il importe d’investir, à la fois pour les conséquences favorables sur l’emploi, mais aussi pour préparer l’avenir.
Citons, pour mémoire, les travaux en centre-ville de réaménagement de l’espace public, afin de dynamiser les commerces, l’installation de la passerelle et la rénovation de la venelle des îles, pour rapprocher les zones de stationnement du centre-ville commerçant, l’effacement des réseaux aériens rue Vaveix et quai des Iles, le réaménagement de la rue vaveix entre la place de la libération et le Pont de la terrade, la création d’un préau et de trois salles de classes supplémentaires à l’école primaire clé des Champs, le remplacement des luminaires du Pont Neuf, la réfection de la voirie communale du village de la Cube, la reconstruction de deux courts de tennis au stade pakomoff, la restauration du hall d’accueil et de l’escalier d’honneur de l’Hôtel de Ville, à l’occasion de l’accrochage de la tapisserie de Gérard Garouste, les travaux engagés par la commune à l’occasion de la mise à disposition de la Pépinière au théâtre Jean Lurçat…
N’oublions pas non plus le chantier des Etats Généraux de la Jeunesse, auquel se consacre Michel Dias.
Il me faut aussi évoquer d’autres chantiers, dont la commune n’assure pas la maîtrise d’œuvre, mais dont elle est partie prenante : je pense notamment à la construction par Creusalis, dont je salue le directeur général Gilles André de 10 pavillons HLM au Mont. Je sais que ces pavillons sont très attendus. Ils marquent la volonté de Creusalis de s’investir à Aubusson, où elle compte un patrimoine important, et auquel elle consacre d’importants travaux de rénovation et de confort. Je saisis l’occasion qui m’est ainsi donnée pour annoncer l’ouverture d’une agence Creusalis à la rentrée prochaine, à Chabassière, ce qui va, à n’en pas douter apporter beaucoup de facilité dans la relation avec les locataires.
Cet avenir que j’évoquais, il passe également par un certain nombre de très grands chantiers.
Je pense bien sûr à la Cité Internationale de la tapisserie et de l’Art Tissé sur laquelle le Président du Conseil Général et moi-même travaillons d’arrache-pied. Je ne reviendrai pas sur le caractère historique de ce projet, chacun ayant compris que tout échec en ce domaine sonnerait le glas de tout espoir pour cette filière économique et culturelle. Le dossier, identifié site phare du Limousin dans le programme POMAC est mené avec beaucoup de compétence et de volonté dans le cadre du syndicat mixte que la communauté de communes a rejoint en lieu et place de la commune d’Aubusson. L’Etat, La région, le CG et la ComCom, les chambres consulaires et les professionnels sont tous animés du même souci de pérenniser le savoir-faire de nos lissiers. Le renom d’Aubusson doit retrouver le niveau de rayonnement international qui jalonne son Histoire.
La reconnaissance de ce savoir-faire, par l’Unesco, le 30 septembre dernier, au lendemain de la St Michel ( ceux qui pensent que je le dis pour moi se trompent ! attendez la suite !) , cette reconnaissance vient nous encourager dans la voie que nous nous fixons. Je voudrais d’ailleurs profiter de l’occasion qui m’est fournie pour corriger, très amicalement, une petite erreur commise par nos amis de La Montagne lors de la rétrospective de l’année. On pouvait en effet comprendre que le mérite de cette inscription était à inscrire au compte d’Emmanuel Gérard, chef de projet de la Cité. Or si on peut accorder beaucoup de mérites à Emmanuel, il serait inexact de lui attribuer celui-là, ce que d’ailleurs, il ne revendique absolument pas. C’est bien Michelle Giffault, conservatrice en chef du musée, qui a, sur le plan scientifique et technique, apporté la contribution nécessaire au dossier, administrativement instruit par votre prédécesseur, Monsieur le Sous-Préfet. Patrick Guillot, qui a participé comme moi aux réunions de travail à la sous-préfecture, peut, tout comme moi donc, en porter témoignage. Je voudrais donc remercier publiquement Michelle Giffault de son travail et de sa participation essentielle à la réussite de cette démarche. Je le fais avec d’autant plus de plaisir, chère Michelle, que je ne suis pas sûr de pouvoir le faire lorsqu’il s’agira de vous rendre hommage au moment où nous serons réunis autour de vous lors de votre départ en retraite. Il reviendra, en effet, au Président du Conseil général, de retracer votre carrière, et je suis sût qu’il n’omettra pas ce volet dont vous pouvez légitimement être fière.
Vous aurez compris, Mesdames et Messieurs, toute l’importance que j’attache à ce dossier, auquel je consacrerai toute ma volonté politique, afin d’en permettre l’aboutissement heureux. Je ne suis pas de ceux qui confondent savonnerie et savonnage de planche. Je me concentre sur ce et sur ceux qui sont utiles, qui apportent leur pierre à l’édifice, et ce sont les plus nombreux.
La tapisserie, et son histoire, sont constitutifs de notre identité locale, et c’est bien autour de cette identité que s’articule notre communauté de communes. La Cité Internationale de la tapisserie et de l’Art Tissé conjugue ses dimensions culturelles, scientifiques, économiques et de formation. Elle est donc au cœur de nos compétences et de nos préoccupations.
L’autre grand projet de la Communauté de Communes, c’est bien évidement celui de la construction de la future piscine intercommunale. 2009 aura été l’année du choix de l’agence d’architecture. Il s’agit en l’occurrence du cabinet Brochet, Lajus et Pueyo, qui a remporté le concours que nous avions lancé. Ces architectes bordelais ont imaginé un bâtiment très intégré dans son environnement, ouvert et lumineux.
L’année 2010 sera celle de la construction administrative et technique du projet, pour un lancement des appels d’offre travaux que je souhaite pour cette fin d’année. Des choix ont déjà été actés, comme l’inox pour les bassins, ou encore une production de chaleur issue des énergies renouvelables. D’autres sont encore à arbitrer comme le rapport intérêt/coût du maintien du bassin existant le temps du chantier. La nouvelle piscine représente un enjeu important en terme de développement local, à la fois pour notre population, qui est en droit d’attendre de la modernité et de la qualité, mais aussi pour nos visiteurs, qui trouveront là de quoi satisfaire leur besoin de détente et de confort. Il s’agit bien sûr d’un investissement important, pour lequel nous pourrons compter sur d’importants financements ( 70 %), et qui doit nous donner pendant un certain temps quelques longueurs d’avance ( c’est bien le moins pour une piscine !) dans le département, en terme d’équipement nautique moderne.
La communauté de communes est appelée à jouer un rôle de plus en plus important. Les élus viennent d’opter, à l’unanimité du Conseil Communautaire, et à l’unanimité des conseils municipaux pour le passage à la fiscalité économique unique, ce qu’on appelait jusqu’au 31 décembre dernier la taxe professionnelle unique. Désormais, il n’y a plus de concurrence fiscale entre les communes du territoire, la compétence économique est entièrement dévolue à la comcom, et celle-ci va disposer de la bonification de dotation globale de fonctionnement que lui versera l’Etat. C’est une nouvelle page de son Histoire qui s’ouvre. Ainsi, suis-je en mesure de vous annoncer l’acquisition de parcelles, zones du Mont, dans le cadre d’un échange foncier avec un agriculteur. Par contre nos démarches amiables envers d’autres propriétaires étant restées vaines, nous procéderons par expropriations pour nous assurer la maîtrise foncière des terrains qui font actuellement défaut aux porteurs de projets.
Le fait intercommunal va de plus en plus s’imposer à tous, dans des contours sûrement appelés à évoluer. Je suis favorable à une réorganisation territoriale de nos EPCI, dès lors qu’il sera démontré qu’il y a valeur ajoutée pour le citoyen. Il est souhaitable que chacun s’identifie, dans une relation de confiance réciproque, à l’intercommunalité, dont les moyens d’action ne sont pas une simple addition de ceux des communes, mais plutôt une démultiplication.
Mais le temps passe, surtout pour vous, et peut-être serait-il souhaitable de s’acheminer vers la conclusion. Je me fais donc une douce violence, non sans aborder quelques derniers points, ceux qui concernent 2010.
- Nous poursuivrons notre programme d’aménagement de la rive droite, bien sûr sur le chantier de la rue des déportés politiques, actuellement en cours, mais aussi sur l’aménagement du parking Philips, les accès depuis ce parking au quartier de la terrade, la mise en place d’une nouvelle signalétique en centre-ville, la construction de la maison des sports en agrandissant le dojo, l’aménagement de nouvelles salles à l’école villeneuve, etc. je souhaite que nous puissions devenir aussi des producteurs d’énergie photovoltaïque, sur les bâtiments communaux, à commencer par la maison de l’emploi. Les études ont été faites par EDF.
- Le chantier de la cité de la tapisserie doit être pour nous l’occasion de réfléchir à un schéma directeur d’aménagement de la rive gauche de la Creuse, pour faciliter l’ergonomie des accès aux différents bâtiments publics du secteur.
- En ce qui concerne l’habitat, nous avons déjà acquis une parcelle de 1,5 ha au village de la Chassagne. Je présenterai lors du prochain conseil municipal une proposition d’achat de deux parcelles dont une contiguë à celle que nous possédons déjà, de presque 5 ha, qui nous est faite. Ainsi, nous disposerons du foncier nécessaire pour lancer un projet de lotissement, et reconquérir de la population.
Vous constatez qu’il y a encore du pain sur la planche, même quand elle n’est pas savonnée. Je crois avoir, tout au long de mon intervention, apporté la démonstration que la municipalité n’était pas dans le discours, mais bien dans l’action. C’est pour nous un effort financier important, dont l’exercice trouvera un jour ses limites.
Aubusson, c’est aussi du lien social, un tissu associatif important, et mes amis Michel Giraud, et Michel Galvaing m’en voudraient si je n’attirais pas votre attention sur la soirée des trophées des sports qu’ils organisent ce samedi, ici même au hall polyvalent, pour mettre à l’honneur les sportifs aubussonnais. Le spectacle sera aussi au rendrez-vous, n’hésitez pas à vous inscrire pour cette exceptionnelle soirée de l’Office Municipal des Sports.
Du temps, des hommes, de la volonté : autant d’ingrédients d’un avenir possible. Incorporons-y la levure des moyens financiers pour le bonifier. Encore faut-il que ce mélange ne soit pas anéanti par des décisions qui nous échappent.
Que penser lorsqu’on nous annonce la disparition de notre circonscription électorale ? Les maires de la Creuse se sont exprimés clairement et nettement sur cette question. Monsieur le Sous-Préfet, je vais vous remettre les pétitions signées par les élus, ainsi que les délibérations des conseils municipaux.
Au moment où je vous parle, Michel Vergnier s’apprête à intervenir dans l’hémicycle pour demander le maintien des deux circonscriptions en Creuse. Il a déposé un amendement en ce sens.
Que dire des menaces qui pèsent sur la radiothérapie de Guéret, et qui concernent nombre d’Aubussonnais ?
Lors de ses derniers vœux aux Français, en 1994, François Mitterrand disait : « Ne dissociez jamais la Liberté et l’Egalité. Ce sont des idéaux difficiles à atteindre, mais qui sont à la base de toute démocratie. » Nous ne demandons finalement rien d’autre, que d’être de bons républicains, de bons démocrates et d’être considérés et reconnus comme tels. Les paroles de François Mitterrand résonnent encore aujourd’hui avec une grande actualité.
Mes chers amis, je vous présente tous mes vœux pour 2010. En tout premier lieu, des vœux de santé et de solidarité, de courage, et de réussite dans vos entreprises. Bonne année à tous. Et comme le dit Jean-Louis Azaïs, "ne lachez rien ! ".

Tous mes voeux pour 2010 en espérant que la Creuse et particuliérement Aubusson se sortira du marasme économique et à condition toutefois que ne continue pas la destruction des services publics
Notre Etat centralisateur et jacobin raisonne tojours en s'appuyant sur des normes résultant de statistiques nationales sans se péocupper des situations locales ce qui depuis près d'un siécle à contribué à la désertification des zones rurales.
Rédigé par : Robert | 15/01/2010 à 09:41