«Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d'environnement. Parce que là aussi, ça commence à bien faire ! »
Les propos du Chef de l'Etat, prononcés le dernier jour de la redoutée confrontation avec le monde agricole ont retenti comme l'oraison funèbre de la démarche du Grenelle de l'environnement. En l'absence de madame Jouanno, désormais promue secrétaire d'Etat aux katas. Chacun ses priorités...
Chacun aura compris le véritable objectif des paroles présidentielles, à 8 jours du premier tour des élections régionales, alors que les agriculteurs français traversent l'une des pires crises de leur histoire. Il est quand même fou de constater comment Nicolas Sarkozy peut ainsi foutre en l'air ce qui est l'un des piliers de son quinquenat, sur lequel il a tant capitalisé . Force est de reconnaitre qu'il ne s'agissait décidément que d'une simple posture politique, tout comme l'est la soi-disante empathie vis à vis des paysans.
Nous touchons du doigt la quintessence ( pas sans aplomb) du sarkozisme: une sucession de postures, dont l'addition ne donne finalement qu'une imposture faussement benchmarkée.
Je pourrais rédiger une longue note, reprenant les travaux du groupe 4, qui a planché sur les modes de production et de consommation durable, évoquant le Plan Ecophyto 2018 qui traite de la substitution des substances chimiques préoccupantes, ou encore le plan adopté fin 2009 pour préserver les pollinisateurs sauvages. Mais à quoi bon ? Ce n'est pas une question d'arguments objectifs.
Il est tellement plus simple de dresser les catégories de la population les unes contre les autres. Ce samedi, c'était donc le tour des citoyens soucieux d'environnement d'être jetés en pature au monde agricole. Quand les temps sont durs, la tactique du bouc émissaire peut satisfaire les esprits faibles, en les détournant des véritables problèmes structurels. Néanmoins, en l'espèce, la ficelle est un peu grosse, et ne suffira certainement pas à rallier un monde agricole désenchanté, pour ne pas dire désemparé.
Oui, vraiment, ça commence à bien faire ! Vivement que ça se termine.

Sarkomenteur une nouvelle fois démasqué... Je me permets de citer ici quelques paroles extraites d'une très bonne intervention au meeting de Dun le Palestel de Jean-Marie Perrier, candidat PS sur la liste PS aux régionales, qualifiant l'UMP « d'Union pour la Misère Paysanne »... les paysans ne vivent plus de leur métier. Pas la faute aux supposées contraintes grenello-environnementales, mais plutôt à l'ultralibéralisme sauvage, à l'absence de régulation publique permettant de garantir des prix de vente adaptés. J'espère voir bientôt le jour où les agriculteurs voteront plus massivement à gauche,pour « rétablir un ordre agricole » et penser aux générations futures (0 pesticide pour infiniment plus de vie!...).
J'ai toujours pensé que les agriculteurs ne pouvaient pas être insensibles aux préoccupations environnementales, ils connaissent si bien la nature et savaient l'écouter, la comprendre et la respecter avant que des politiques ne les orientent (pas tous) vers toujours plus de rendements,... ça fait donc du bien d'entendre des agriculteurs de gauche (comme Geneviève aussi), soucieux d'environnement, de qualité de production et de coopération. Certains, beaucoup sans doute, remettent en cause le système, depuis longtemps, sans être forcément écolo ou bio, c'est rassurant!
Mais l'écologie doit être réaliste : « avec un plein de biocarburant, on nourrirait une famille africaine pendant une année ». On ne doit pas faire n'importe quoi au nom de l'environnement. La faim dans le monde est un défi plus majeur encore avec l'augmentation de la population.
Le Grenelle de l'Environnement c'est bien (même si perfectible), le mettre en œuvre, c'est mieux et même indispensable. Sinon effectivement c'est une imposture, de plus!
Rédigé par : Cécile Fortineau | 08/03/2010 à 21:35