Alors que résonne pour toujours le fameux "je vous ai compris" du Général de Gaulle, bien démenti par les faits, Nicolas Sarkozy s'est essayé à l'exercice, après des régionales catastrophiques pour la majorité présidentielle. Le rapide discours prononcé à l'issue du conseil des Ministres s'est résumé à l'oxymore suivant: je vous ai compris, c'est pourquoi je ne change rien à ma politique.
Pourtant, dans les faits, quelques changements: alors que le Président souhaitait marquer son quinquennat du sceau de l'écologie et du développement durable, désigné par un vocable symboliquement fort de la rupture et de la négociation en politique, le "Grenelle", il a désormais décidé que tout cela suffisait, et même commençait "à bien faire".
Exit la taxe carbone ( qu'on ne pleurera pas outre mesure) , au motif soudain découvert d'atteinte à la compétitivité des entreprises, et renvoyée aux calendes européennes. En fin d'année dernière, il n'y avait rien de plus impérieux que de créer cette taxe, conçue dans le précipitation. Le Conseil Constitutionnel devait faire avorter ce projet. Qu'à cela ne tienne, on allait mieux concevoir les choses, et la naissance de ladite taxe, après avoir imprudemment été annoncée pour quelques semaines plus tard, surement un temps de travail trop court, était renvoyée au début de l'été.
On connait la suite. Cette nouvelle taxe était prématurée.
Face à de tels errements, on ne peut que se demander quelles sont désormais les règles de gouvernance d'un pouvoir déjà si usé. La pause dans les réformes est annoncée pour le deuxième semestre. Elle est d'ailleurs souhaitée dans la majorité. Le gouvernement et le¨Président n'agissent plus que par poses successives. Comment faire autrement quand il n'y a plus de règles ? Pose vis à vis du monde agricole, pose vis à vis du développement durable, pose enfin vis à vis des Français, plus dupes de rien.
Rien d'autre que de la stérilité politique. Rien d'autre ? Pas tout à fait: encore une capacité de nuisance vis à vis de l'immense majorité des Français.
La seule chose qui ne connaisse pas de pause, c'est la cote de popularité de Nicolas Sarkozy qui dégringole à 36 %.

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