Emission "Mots Croisés" ce soir.
Débattent Laurent Wauquiez (ump), Marielle de Sarnez (modem), Jean-Marie Le Pen (front national) , Cécile Dufflot ( verts) , Benoit Hamon (parti socialiste) et Marie-Georges Buffet ( parti comuniste-front de gauche). Malgré la qualité personnelle des intervenants, débat finalement assez inintéressant. J'en étais à cette constatation, quand la lumière me vint : pas un seul des invités n'est conseiller régional sortan. Du coup, nous assistons à un débat de parisiens, bien peu au fait des réalités des missions des Régions.
Des généralités, des approximations, des lacunes ont ponctué les échanges.
Laurent Wauquiez n'avait de cesse de demander à Benoit Hamon si les socialistes entendaient augmenter les impôts régionaux. Marielle de Sarnez devait réagir, pour faire remarquer le peu de sens de la question, eu égard à la réforme des collectivités territoriales, qui va justement priver les Régions de leur capacité à lever l'impôt. "Oui, mais il va rester les cartes grises ! Augmenter le tarif pour une twingo de 50 €, ça va peser sur le pouvoir d'achat des ménages modestes" rétorquait le secrétaire d'Etat à l'Emploi.
"Ne rentrez pas dans la technique ! " exhortait alors l'animateur du débat, Yves Calvi. Révélateur de la méconnaissance de la nature de la réforme. Qui dit que les Français ne méritent pas qu'on leur explique, ce que se gardait bien de faire le secrétaire d'Etat à l'emploi... Là était le vrai débat, bien plus que le coût des cartes grises.
Passons sur le fait que la fiscalité sur les cartes grises relève du régime des taxes plus que de celui des impôts, on notera l'inanité de l'argumentation gouvernementale, à l'heure où le pouvoir d'achat des Français est impacté par bien d'autres causes que le prix des cartes grises. M'est venu spontanément à l'esprit le sketch de Fernand Raynaud, celui où le paysan qu'il incarne se plaint du prix du sel...
Fut reprochée par l'ump leur gestion aux Régions, et les champs de compétences larges dans lesquels elles ont choisi d'intervenir, oubliant en passant le chantage de l'Etat sur ses interventions dans ses propres champs de compétence régalien, obligeant par exemple les Régions à intervenir financièrement sur les routes nationales.
On entendit aussi monsieur Wauquiez reprocher aux Régions de ne pas avoir tenu leurs engagements en matière d'apprentissage, sans remettre en cause l'attitude des entreprises dans ce domaine. On ne l'entendit pas souligner le rôle moteur des régions en terme d'investissements publics, bien devant celui de l'Etat.
Je ne m'étends pas sur la pitoyable intervention de Le Pen, essayant désespérément de tirer le débat sur le terrain de l'insécurité et de son lien avec l'immigration et le multi-culturalisme de notre société (sic, bien sûr !) .
Par contre, je m'interroge encore sur la pertinence d'un tel plateau, alors qu'on reproche aux présidents de région un déficit de notoriété. Pourquoi ne pas convier les véritables spécialistes de la question ?
Peut-être conviendra-t-il à l'avenir d'interroger des policiers sur les problèmes des gendarmes, de consulter des pédiatres sur les conditions de travail des chirurgiens, de solliciter des sprinters sur le positionnement des sautoirs des perchistes, ou des pilotes de F1 sur le nombre de spéciales dans un rallye, voire Claude Allègre sur le réchauffement climatique ou Eric Besson sur l'humanisme...

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