Samedi 10 juillet, les maires de Creuse se sont réunis en assemblée générale, suite à la décision du ministère de la Santé de fermer le 30 juin le service de radiothérapie de l'hôpital de Guéret. Après avoir "baladé" les deux députés de la Creuse, Michel Vergnier (PS) et Jean Auclair (UMP) pendant des mois, en faisant espérer le maintien de ce service, neuf, essentiel au traitement du cancer, l'annonce de sa fermeture est un véritable traumatisme pour la population creusoise et ses élus.
Lors de cette assemblée générale exceptionnelle, des décisions ont été prises, à l'unanimité des 300 élus présents.
1. Recours au Conseil d’État.
2. Prise de contact avec les élus de la Coordination des hôpitaux de proximité.
3. Création d’une cellule de veille pour les patients.
4. Impression de 100.000 cartes postales à adresser au ministère de la Santé.
5. Rupture de toute relation avec l’État.
6. Apposition de banderoles dans toutes les entrées de communes creusoises.
7. Nouvelle AG fin septembre, avec possibilité de démission collective, si le service n'a pas rouvert.
Ces décisions n'ont pas été prises de gaité de coeur, mais la solidarité des maires et adjoints a été totale. Jean Auclair n'assistait pas à cette réunion.
Aujourd'hui, en ce jour de fête nationale, lors de mon allocution, j'ai rappelé cette atteinte aux valeurs de la République qu'induit la décision de fermeture du service, susceptible d'obérer l'égalité entre les citoyens, en l'occurence en terme d'égal accès aux soins. J'ai expliqué aux personnes présentes les décisions prises par les maires, notamment le point 5. Aussi quelle n'a pas été pas été ma surprise d'entendre le député Auclair déclarer après moi que cette rupture des relations avec l'Etat était une inepsie, que la Creuse ne pouvait être le village de Petibonum, qu'elle avait besoin de l'Etat, que ce dernier était très généreux avec elle...
Je ne savais pas, à cet instant, que la veille au soir, Jean Auclair était arrivé à la fête de Dontreix... dans la voiture du Sous-préfet d'Aubusson !
Et d'enchaîner par une séance publique d'autosatisfaction, sur les 120 associations creusoises bénéficiant de ses largesses, à raison de 1.200 € en moyenne, avant de nous apprendre qu'il avait demandé "à qui de droit" l'éviction de la ministre de la Santé lors du prochain remaniement, que cette dernière était "une nulle"...
Il est tout à fait regrettable de voir ainsi le député Auclair, qui nous a confié "avoir perdu une bataille", rompre ainsi l'unanimité des élus. Peut-être craint-il de devoir admettre que son explication de la situation touche à ses limites. Combien de temps, en effet, pourra-t-il dissimuler derrière l'argument du "caprice personnel" de Roselyne Bachelot, la responsabilité politique du pouvoir actuel qu'il soutient ? L'absence de toute réponse de l'Elysée à la demande de rendez-vous formulée par les parlementaires, Auclair compris, et le bureau de l'association des maires de la Creuse est en soi une réponse.
Jean Auclair se voit-il désormais dans le rôle de l'apprenti-sorcier, qui prend la mesure de la mobilisation qu'il appelait de ses voeux, en passe désormais de le dépasser. Peut-il nous garantir que le changement de ministre conduirait automatiquement à la réouverture du service de radiothérapie ? Assurément non.
Or cette hypothèse ne pourrait que radicaliser les choses chez les élus, et mettre en difficulté celui qui a surfé sur une indiscutable ambiguïté. Le masque ne tient plus désormais qu'à un fil. Nous ne tarderons pas à avoir la confirmation de la véritable motivation de notre député à la circonscription perdue.
Ceci étant dit, rien n'indique que cette position aujourd'hui exprimée ne modifie l'unanimité des maires. Depuis la déroute aux régionales, où le score obtenu par Jean Auclair était sensiblement inférieur à celui de la liste conduite lors de l'échéance précédente par Pierre Brignolas, la contestation interne à droite s'exprime de plus en plus nettement. La suppléante du député, Valérie Simonet, élue il y a quelques jours à la présidence du pays de Combrailles, a tenu à préciser "qu'elle ne s'appelait madame Auclair", et qu'elle ne faisait pas partie des "bébés Auclair".
Pas sûr donc que la position exprimée aujourd'hui par le député n'ait fait l'objet de discussions entre les élus ump de la fédération creusoise...
Jean Auclair aurait-il été rappelé à l'ordre par Paris, au risque de se marginaliser chez ses propres amis ?
Ce qui est certain, c'est qu'il rompt le pacte des maires... et qu'il le rompt seul !
Mise à jour 15 juillet:
Jean Auclair: "les maires doivent collaborer avec les services de l'Etat". source, site de la Montagne
Commentaire: Décidément le masque tombe vite ! La collaboration, voila le choix du dépu-traitre de Cressat...
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