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Ceci s'explique tout simplement parce que nous voici en présence d'un haut fonctionnaire qui ignore tout de la Creuse(malgré de fréquents déplacements bien médiatisés) et du milieu rural de manière générale.Comme je l'ai déjà dit,les faits de violence sur les terrains de foot creusois ne datent pas d'aujourd'hui,mais sont exceptionnels.Quant au district,il ne peut prendre que des sanctions sportives et n'a pas vocation à se substituer à la justice;il y a des tribunaux pour cela

Jérôme Mathias Bel

En effet, score nul en Creuse pour l'équipe des apprentis-sorcier! Mais l'été passé avait déjà confirmé, avec la relégation du pays en division de déshonneur & suite aux expulsions brutales des membres d'une population pourtant européenne, que la stigmatisation, tour à tour des uns puis des autres, est le principal modus operandi de tout discours sarkozyste, échelle préfectorale comprise: "à mort l'arbitre!" crie déjà le shériff fédéral bientôt mandaté par Brice Hortefeux. Or, en s'interrogeant un peu moins ironiquement sur un tel phénomène, il est possible de constater qu'Erving Goffman propose une perspective analytique plutôt pertinente: le "stigmatisé" dit-il, l'est par la désignation d'un "attribut qui le disqualifie lors de ses interactions avec autrui. Cet attribut constitue un écart par rapport aux attentes normatives des autres à propos de son identité" (La sociologie de Erving Goffman, p.26). Ainsi, à propos d'attentes normatives, et pour ne rien de dire de plus d'une "identité" dramatiquement devenue "nationale", il est curieux qu'un ancien directeur de cabinet du Secrétariat au Sport attende d'être nommé en Creuse pour stigmatiser la "culture foot" dans un amalgame, pour le coup totalement ridicule, entre une pratique, ses implicites et son administration locale; cela au risque de l'identité sportive d'un terroir mais tout en s'offusquant de "la violence dans le sport"!

Jérôme Mathias Bel

S’il en fallait une supplémentaire, la preuve est faite là que nous sommes en présence d'une réelle méconnaissance et du pays (peu surprenant) et du domaine en question & de son histoire (plus grave): les attentes normatives du sport étant, depuis la plus haute antiquité occidentale, intrinsèquement liées à la violence martiale. Du javelot à la lutte gréco-romaine en somme, c'est bien l'exaltation violente qui se trouve parfois malheureusement communiquée encore sur les stades et dans les tribunes, jusqu'à une exultation proportionnellement violente. Un tel oubli chez le représentant de l'Etat sarkozyste en Creuse signifierait-il qu'il considère que le "foot creusois" puisse présenter plus de caractéristiques de violence que celle de la complicité décennale entre un célèbre club de foot parisien & ses skinheads où on a attendu longtemps le moindre carton rouge? On me dira peut-être qu'ici les enjeux politico-financiers de l'industrie du ballon rond ne sont certes pas les mêmes, surtout vus d'abord depuis le banc des vestiaires des grandes écoles, mais en se souvenant de l'époque où l'anglais adapte par "sport" le français "desporter", à lui seul le sens profond du terme indique que rien d'autre que le tout aussi anglais fair-play ne peut ramener le domaine culturel en question vers cette "détente divertissante" que le Roy de France recommandait déjà aux gentilhommes pour savoir se détacher de temps à autre des affaires politiques. Or le Préfet de la Creuse manquerait-il donc à ce point d'exercice lors que le fair-play lui fait tant défaut qu'il ne juge pas opportun de présenter quelques excuses publiques envers ceux que son verdict à l'emporte-pièce a publiquement méprisé sans aucune nuance?

Jérôme Mathias Bel

Il faut dire que, dès lors que le Président Sarkozy peut traiter un journaliste au travail sur le Karachigate de "pédophile" (sic), on peut comprendre aisément que le monde rural qui inventa pourtant le boycott pour se défendre contre l'injustice et le mépris, d'une part n'en ait désormais plus l'entière possibilité légale grâce au dernier cadeau liberticide fait à son chef d'équipe par l'ex-Garde des Sceaux avant la migration de celle-ci sous d'autres auspices (hospices?) ministériels ; et d'autre part qu'il doive alors se résigner à subir le mépris qu'illustre parfaitement ce récent diktat interdisant la tenue habituelle de matches creusois en fin de semaine dernière. Il semble alors que le boycott de la compétition footbalistique locale n'étant plus que du seul ressort préfectoral, son "attribut" (pour reprendre la définition de Goffman), cet instinct de stigmatisation sarkozyste amène aussi à se questionner plus largement sur le choix d'un qualificatif à accorder désormais, à l'heure où les interdictions de jouer achèvent en Creuse d'accabler ce qui reste en France de l'idée d'un Etat de Droit aussi promptement que disparaissent les ordinateurs des journalistes indépendants dans le nouvel Etat "décomplexé" de Droite, à s'interroger donc sur le choix d'un épithète pour désigner le chef de... la tribu! Lequel s'est, à moultes reprises, publiquement défini d'ailleurs comme un "guide". Traduit dans les langues respectives de Mme Merkel & de Mr Berlusconi, cela pourrait-il faire enfin frissonner un Jean-François Copé puisque Mr Baroin n'est pas le seul à l'UMP qui estime notre terroir? A moins que le Préfet de la Creuse indique bientôt aux journalistes sportifs locaux comment on dit "hooligan" en russe et grâce à la liberté de la presse moscovite...

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