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Jérôme Mathias Bel

Faits divers, show business et populisme se mêlent depuis l’ère moderne de notre civilisation : la fiction littéraire s'en est, la première, fait le reflet puis l’inspiratrice de conjugaison. Ensuite la photographie et le cinéma ont à leur tour contribué de façon très significative à définitivement poser certaines archétypes à partir desquels, dans notre monde de communication quasi instantanée, plusieurs phénomènes s’exercent aujourd’hui en quasi permanence, voire dans l’entropie d’une incessante intensification, mettant alors en risque le politique et sa pensée en visant quiconque souhaiterait s’en sentir individuellement partie, de ce politique et de cette pensée et depuis ne serait-ce que la citoyenneté première que ses régulières contributions à la vie commune lui confèrent. Pourtant les intentionnalités humaines à l’œuvre ne sont pas innovantes en effet. De l’attaque ad hominem à la criminelle rumeur, du moralisme de salon au défoulement caractériel, du prophétisme névrotique à l’opportunisme mesquin, ceux que Milan Kundera nomme les « imagologues » semblent avoir définitivement conquis par de tels biais un droit qui, jusqu’alors, n’était accordé qu’à titre d’exception, selon une jurisprudence d’ailleurs divine ou non. Plus que l’idéal démocratique, c’est d’abord l’essence républicaine qui paraît ainsi au péril de l’usage de ce pouvoir auquel presque tout un chacun pense être dorénavant autorisé : celui que confère non pas le droit de poser une question mais celui, plus si exclusif, d’exiger une réponse. Comme une garantie sur le temps, une capitalisation par avance sur sa propre durée en qualité de questionneur exclusif, omnipotent jusqu'à cet étrange droit de réponse qui frise en fait la prétention à l'omniscience. Or, à travers la libéralisation d’une telle licence, notre société médiatique participe d’un mortifère et intentionnel brouillage entre des sphères sociales dont toute gouvernance se devrait pourtant de garantir la cruciale distinction : jusqu’il y a peu, le droit d’exiger une réponse n’était pas consenti à quiconque selon que la question qui l’induit relève du domaine privé ou du domaine public. Or, il faut là s’apercevoir qu’en quelques années, bien public et intérêt privé ont vite fusionné au nom de missions dites d’intérêt général dont les probables futurs astreints aux travaux du même nom n’ont déjà plus accès, pour peu qu’ils n’en aient auparavant jamais eu le moindre bénéfice. Donc, puisque le même philosophe définissait déjà le journaliste comme « l’esclave en papier du jour » et la lecture d’un quotidien comme « la nouvelle prière moderne », il y a fort à parier que, d’un côté ou de l’autre de la plume communicationnelle ou de la barrière spectacularisée , sur la Toile ou en coulisse, la mise en scène de la réalité politique peut désormais fasciner autant ceux qui y prétendent que ceux qui la subissent : la tombée du métier est au final encore celle d’un rideau ou d’un écran car les aspirations au paraître, en ombre chinoise ou au reflet des spotlights peu importe, ces illusions d’incarnation ne sont-elles pas toujours les plus communément partagées et, de nos jours, les plus porteuses de somme toute éphémères désirs de reconnaissance pour celle ou celui qu’une nouvelle dictature, celle de la transparence, conforte enfin en toute indigence morale dans un matérialisme qu’il n’est de la sorte même plus nécessaire de pouvoir refouler ? Il ne me semble donc guère possible d’espérer une démondialisation d’un tel miroir sans tain ou une décroissance de tels appétits dès lors qu’entre starisation présidentielle et encouragement à la calomnie, une société de défiance n’en finit pas de s’établir à partir de sa volontaire ignorance d’un « oikos » et d’un « nomos » antiques sans lesquels il est ainsi inévitable d’être dangereusement tenté d’inverser une hiérarchie : celle d’une supériorité pourtant indiscutable de cette « économie » sur la possibilité d’une « écologie ». Comment une maison pourrait-elle maîtriser un discours si elle persiste en permanence à donner au monde entier le nom de sa seule résidence ? Il est tristement tant d’identités encore à demeure qu’elles en ont oublié l’origine du monde même en peinture ; au point qu’elles participent ainsi quotidiennement de l’avènement du règne annoncé de la crispation identitaire à tous les étages, de la cave au grenier et inversement. Alors, est-il encore raisonnable d’imaginer échapper à cette esthétique en circuit fermé, à une somme toute si hystérique théâtralisation immobilière?

David Gipoulou

Et Arnaud Montebourg est incontestablement le candidat aux primaires socialistes avec lequel nous partageons (au Parti de Gauche) le plus de projets politiques...
Bonne campagne interne donc !
amicalement

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