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Commentaires

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Robert PETIT

L'analyse faite par Michel DIAS du discours de Nicolas SARKOZY est trés pertinente; Il tente d'utiliser la mémoire des guerres de la France pour sa propagande personnelle. Aucune guerre ne se ressemble et la mémoire des acteurs et témoins est bien différente.
Mes deux grands péres ont fait la guerre de 14/18 et en sont heureusement revenus indemnes. Leur vision de cette guerre ne se ressemblait pas,l'un reproduisait le discours du patriotisme officiel,l'autre avait une vision lucide du crime des politiques et généraux envoyant les soldats à la boucherie.
Un ami d'enfance Jean Paul COINTET,Professeur émérite d'histoire contemporaine à l'Université d'Amiens,alors jeune universitaire dans les années 60, qui travaillait à une Histoire de Vichy, me fit part de ses difficultés avec les témoins et acteurs de cette époque,encore fort nombreux,qui avaient chacun une mémoire des événements,souvent diamétralement opposée.
Lorsque l'on interrogeait les acteurs de la guerre d'Algérie il en était de même et on avait parfois des surprises. Je me souviens d'un fils de professeur de langues,agrégé de lettres,lieutenant de réserve qui se vantait publiquement d'avoir pratiqué la torture.
Toucher à la mémoire des peuples,à la mémoire des guerres qu'ils ont mené n'apporte rien à la cause de la paix bien au contraire.

Jerome Mathias Bel

La question ici est en effet celle du "rescapé". Elle implique désormais la responsabilité individuelle et le droit, plutôt que le devoir, de mémoire à l'ère de ce que Foucault désignait par le terme de biopouvoir mais aussi au regard des réflexions de Jacques Derrida sur la notion de "infinite justice" convoquée par Georges W. Bush au lendemain du 11 septembre 2001. Au-delà de la véracité, car il est possible d'authentifier un faux,la question est celle du témoignage et de sa légitimité. Qu'il soit ici permis de citer donc Giorgio Agamben: « Le témoin témoigne en principe pour la vérité et la justice, lesquelles donnent à ses paroles leur consistance, leur plénitude. Or le témoignage vaut ici essentiellement pour ce qui lui manque ; il porte en son cœur cet "intémoignable" qui prive les rescapés de toute autorité. Les "vrais" témoins, les "témoins intégraux", sont ceux qui n’ont pas témoigné, et n’auraient pu le faire. Ce sont ceux qui "ont touché le fond", les "musulmans", les engloutis. Les rescapés, pseudo-témoins, parlent à leur place, par délégation - témoignent d’un témoignage manquant. Mais parler de délégation n’a ici guère de sens : les engloutis n’ont rien à dire, aucune instruction ou mémoire à transmettre. Ils n’ont ni "histoire" [...], ni "visage", ni "pensée". Qui se charge de témoigner pour eux sait qu’il devra témoigner de l’impossibité de témoigner. » Ce qui reste d’Auschwitz, Bibliothèque Rivages, 1999, p.41-42.
Der Muselmann, le « musulman » désigne, dans l’argot des camps, l’homme-momie, le mort vivant, celui qui a cessé de lutter, qui a perdu toute conscience et toute volonté. Ce terme renvoie probablement « au sens littéral du terme arabe muslim, signifiant celui qui se soumet sans réserve à la volonté divine » (ib., p. 53). Selon l’Encyclopedia Judaïca, il pourrait provenir « de la posture typique de ces détenus, blottis seuls, les jambes repliées à la manière "orientale", le visage rigide comme un masque. ». Pour Giorgio Agamben (Ibid., p. 49), le « musulman » est le nom de l’intémoignable.

Robert PETIT

Puisque l'on parle de triple A,jamais le différentiel de taux d'emorunt entre la France et l'Allemagne a été aussi élevé ce qui à court terme annonce,comme Jacques Atali l'avait prévu une dégradation de la note de la France due à la politique incohérente de Sarkozy et à des plans d'austérité successifs sans aucune efficacité et caducs dès qu'ils sont votés.

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