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Commentaires

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Cécile Fortineau

Je me suis amusée à rechercher dans Wikipedia, la répartition par âge de la population française en 2010 :
24,6% ont moins de 19 ans (ils ne peuvent prétendre être élus!), 54,2% entre 20 et 59 ans (à moins de 25-30, c’est un peu jeune sans doute), seulement 4,4% ont entre 60 et 64 ans, 16,8% entre 65 et 74 ans, 9% 75 ans et plus (Il n’y a pas de raison de ne pas les représenter ! Ce serait la même discrimination que celle d’exclure les « jeunes »). La valeur n’attend pas le nombre des années, mais l’âge ne fait pas forcément perdre la tête ! Il y a sans doute à peu près autant de femmes que d’hommes dans toute la pyramide des âges, une représentation juste à l’Assemblée Nationale devrait, à mon sens tendre à refléter la pyramide française plus d’autres critères : parité bien-sur, mais aussi diversité, origines socioprofessionnelles... pas facile. Mais ça doit ressembler à cela l’ordre juste!

Jerome Mathias Bel

What else? « Time and the hour run through the roughest day. » Shakespeare.
Il faudrait certes pouvoir penser le célèbre "carpe diem" de Horace sous l'éclairage d'un "hic&nunc" dont l'interprétation hâtive, voire une foncière impatience, restreint le potentiel de sagesse de la formule du poète à une affligeante puérilité. Il semble que, là encore, la question soit en fait de l'ordre, justement, du disciple et de la discipline, entre donc punition et enseignement comme l'atteste l'étymologie latine. Or, si le souci des populations les moins avancées en âge est un mérite certain, l'avenir d'une communauté humaine ne peut s'y lire sans l'entretien permanent d'un solide écho avec le souci des populations les plus avancées en âge. A l'ère des discriminations déjà instituées par mercantilisme, il est peut-être nécessaire de se souvenir aussi de la formule populaire qui dit qu'on a l'âge de ses artères. A moins de préférer, « tempus fugit » oblige, un refrain de Georges Brassens nous chantant que "le temps ne fait rien à l'affaire...". Bref, toute césure générationnelle contient potentiellement un totalitarisme de pensée que les pires régimes politiques de l'Histoire ont fait plus que fantasmer dans le dogme de la "génération spontanée", nommée au 19ème siècle spontéparité ou hétérogénie et que la chimie prébiotique, après Louis Pasteur, a heureusement démontré comme peu crédible scientifiquement. Un autre versant culturel de cette croyance ne saurait donc nous proposer d'ignorer que, par exemple, la littérature moderne d'Europe propose pourtant quelques repères, de l'immaturité selon Witold Gombrowicz à Milan Kundera qui écrit dans sa "Plaisanterie": "La jeunesse est horrible : c’est une scène où, sur les hauts cothurnes et dans les costumes les plus variés, des enfants s’agitent et profèrent des formules apprises qu’ils comprennent à moitié, mais auxquelles ils tiennent fanatiquement." La question pourrait alors être: ont-ils élaboré d'eux-mêmes de telles formules? C'est un aspect des choses qui peut être abordé avec le philosophe Giorgio Agamben dans "Le langage et la mort" comme dans "Enfance et histoire - destruction de l'expérience et origine de l'histoire".

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