il y a quelques jours, monsieur Teyton a publié sur ce blog un commentaire dans lequel il affirmait son soutien au mouvement de mobilisation pour le maintien des filières menacées du LMB.
Il y avait adjoint quelques lignes particulièrement agressives vis à vis de certains personnels de cet établissement.
Je me suis beaucoup interrogé sur le fait de publier ou non ce commentaire. Eternel débat entre liberté d'expression, diffamation et censure...
Après beaucoup d'hésitations, je me suis résolu à le publier, non sans avoir précisé que ces propos n'engageaient que leur auteur. En effet, je ne partage absolument pas, ni la forme, ni le fond de ce qui était écrit. J'en suis même aux antipodes.
Les réactions n'ont pas tardé, qui se sont exprimées tout aussi librement à la suite.
Néanmoins, si moralement je n'apporte aucun crédit personnel à ce propos, il n'en demeure pas moins que ma responsabilité pénale de directeur de publication pourrait être recherchée. Je n'ai, vous l'imaginez, aucune envie de répondre éventuellement de propos qui sont à l'opposé de mes propres convictions.
J'ai donc choisi d'expurger de ce commentaire les lignes litigieuses.
J'ai adressé à monsieur Teyton un mail, avec copie complète de son commentaire. Je lui suggère de le publier sur son propre blog, s'il assume son opinion, et l'image qu'il souhaite donner de sa personne. Nous verrons bien s'il le fait.
Quant à moi, j'exprime mes regrets et mes excuses aux personnes qui ont pu être blessées par cette publication.
Copie du mail de ce jour à monsieur Teyton:
Bonjour Monsieur Teyton,
Votre commentaire publié sur mon blog, et qui se livrait à ce qui pouvait être ressenti comme une attaque personnelle envers un fonctionnaire du LMB, a suscité de nombreuses réactions.
Je n'avais pas voulu "censurer" votre commentaire, même si j'avais indiqué qu'il n'engageait que vous même. Néanmoins , ma responsabilité de directeur de la publication de mon blog peut être malgré tout engagée, et recherchée sur le plan pénal. Ne souhaitant pas répondre à ce titre de propos dont je ne partage ni le fonds, ni la forme, j'ai pris la décision de supprimer le passage litigieux.
Néanmoins, je vous adresse en PJ le commentaire tel que vous l'avez initialement rédigé. Vous avez ainsi toute possibilité de le publier sur votre propre blog, sous votre entière responsabilité.
Bonne réception
michel moine

Il faut plus que jamais respecter l'adversaire et éviter la démagogie et les attaques personnelle mais je pense Michel,compte tenu de l'importance pour l'avenir de notre pays de l'élection présidentielle il faudrait ouvrir largement ton blog aux commentaires des déclarations politiques et tout particuliérement en faire une tribune "riposte" intélligente aux déclarations de la droite en lançant le débat
Rédigé par : Robert PETIT | 26/01/2012 à 09:41
Les limites de la liberté d'expression trouvent une nouvelle illustration dans cette campagne pour les présidentielles 2012. Crispation identitaire et attaque ad hominem s'inversent à un tel point de déni de la démocratie qu'on ne sait plus s'il faut en rire ou en pleurer:
http://www.liberation.fr/culture/01012386017-les-affiches-du-spectacle-de-stephane-guillon-retirees-du-metro
Rédigé par : Jerome Mathias Bel | 27/01/2012 à 16:38
Les espaces où la liberté d’expression, au sens large de tous ses possibles, peut faire palpiter le sentiment ou la pensée de l’humain dans les impératifs mouvements qui les fondent, ces espaces peuvent se trouver soit dans la sphère publique soit dans la sphère privée. Ils peuvent se former, puis s’étendre ou se raréfier, selon la qualité des manifestations individuelles ou collectives qui s’y proposent comme autant d’éléments dynamiques, qu’ils initialisent de tels espaces ou contribuent à leurs destinées respectives en les nourrissant.
Que dorénavant ils reconduisent plus ou moins virtuellement, en «réseaux sociaux» et autres blogs, plus ou moins historiquement aussi, la fonction première de l’agora, ils appellent toujours à une éthique dont il est trop souvent malheureux qu’elle ne s’exerce ni dans la fonction de tempérance ni dans la mise en circulation d’une néanmoins légitime aspiration humaine au lien social : car à ce point-là, les actuelles conditions techniques d’une vélocité optimisée pour un tel désir d’expression cristallisent en effet, à la fois et plus que jamais auparavant, ce que les anciens désignaient en «kairos» et en «mimesis».
Donc, quoiqu’il en soit d’une opinion qui somme toute ne reste qu’un acquiescement du chef à un système, variable ou modulable en ses degrés comme en sa diversité, il demeure qu’en un tel phénomène de civilisation, c’est avant tout l’intime des uns et des autres qui, encore, se propose au final ; affirmé, évoqué, exhibé, suggéré, distancié, esquissé, ironisé, l’intime affleure toujours, en intimes convictions ou certitudes, en doutes, en inquiétudes, en questions, en craintes, en espoirs, en idéaux et en haines parfois. Ainsi, toute conception ouverte de la laïcité ne peut négliger d’avoir à considérer que, comme la pratique religieuse, la liberté d’expression convoque à ce croisement des sphères publiques et privées qu’est l’intime, une éthique et une responsabilité individuelle chez celle ou celui qui porte la charge citoyenne d’un de ces espaces d’expression, à défaut que ses divers contributeurs sachent reconnaître et pratiquer la pourtant évidente nécessité d’une expression mature, moralement afférente à toute expression publique et de surcroît lorsqu’elle émane d’une personnalité investie d’une représentativité politique, élue ou non. C’est dans un tel cadre d’exigence au savoir vivre du politique et à la pesée des mots et des idées que le présent billet de notre hôte permet à chacune et à chacun de mesurer, en ce cas précis, un manque flagrant de maturité politique et de responsabilité citoyenne.
Rédigé par : Jerome Mathias Bel | 27/01/2012 à 19:18