Arnaud Montebourg et Audrey Pulvar ont été agressés alors qu'ils sortaient d'un restaurant par une quinzaine d'individus. Les invectives, les insultes, les slogans racistes prononcés par leurs agresseurs ne laissent planer aucune ambiguïté sur leur référence politique et dogmatique.
Marine Le Pen s'offusque que le Front National puisse être mis en cause dans cet incident, alors que son propre patronyme a été prononcé lors de l'agression. Il y a là un schéma frontiste classique: alors que son discours procède toujours de l'amalgame et du simplisme, avec dénonciation de "l'établissement" les bons jours, et du "tous pourris" les autres jours vis à vis de ses concurrents politiques, le Front National devient très sourcilleux dès que la critique le concerne. Il se livre alors à une analyse quasiment sémiologique des incidents qui l'impliquent pour mieux s'en dégager. Jamais les nuances ne prennent-elles une telle importance que quand il s'agit de répertorier les composantes de l'extrême-droite. La complexité du classement relève quasiment de la rigueur botanique.
Ainsi, en l'occurrence, n'aurions-nous ici que des supporters du PSG, adeptes manifestement du fascisme appliqué au football, dont chacun appréciera les sources d'inspiration, qui seraient sortis de leur champ de compétences naturelles. L'alcool aura probablement altéré leur capacité d'appréciation, quant à la nature du seul terrain cependant, puisque personne ne contestera le profil d'ailier gauche d'Arnaud Montebourg.
Marine Le Pen n'aurait donc rien de commun avec des individus qui partagent totalement les idées qu'elle promeut, et l'idéologie qui les inspire, voire la violence physique qui les accompagne.
Nous sommes face à une position qui refuse jusqu'au déni tout synallagmatisme politique, ou qui refuse de l'assumer publiquement.
Personne ne pourra se méprendre néanmoins sur l'origine du poison ainsi distillé. C'est bien l'idéologie du Front National qui légitime ces comportements violents, intolérants et inhumains.
Le comble du cynisme est atteint lorsque Marine le Pen se permet d'affirmer qu'Audrey Pulvar "sort de son rôle de journaliste" en dénonçant ses agresseurs. Le rôle du journaliste est-il d'être l'objet d'agression verbale et physique ?
"Ce n'est pas de ma faute s'il y a la guerre" dit le marchand d'armes. " Ce sont ceux qui s'en servent qui sont responsables. Moi, je ne fais que du commerce..." Les idées sont comme les armes: leur commerce se nourrit de leur consommation. Et n'exonère pas de responsabilité.
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