Dans la nuit de samedi à dimanche dernier, l'adjudant-chef Christophe Chaussat, pompier volontaire au Centre de Secours Principal d'Aubusson, trouvait la mort en intervention. Ses obsèques se sont déroulées aujourd'hui, dans un hommage rendu par le Ministre de l'Intérieur Manuel Valls au nom de la Nation.
Voici l'éloge funèbre que j'ai prononcé à cette occasion.
« On ne naît pas homme, on le devient ». Nul mieux que Christophe Chaussat n’aura donné autant de sens à cet aphorisme imaginé il y a cinq siècles par Erasme.
Oui, notre ami Christophe a construit sa vie patiemment, avec ténacité et volonté. Il a construit sa vie d’homme. Ce faisant, il a aussi beaucoup contribué à bâtir celle de ses proches, de sa famille, et de ses collègues.
Il ne concevait pas que son chemin ne croise pas celui des autres. Ainsi, peu à peu, sans faire grand bruit, est-il devenu un maillon essentiel de tant de vies. Il aimait d’ailleurs beaucoup cette notion de chaîne, synonyme de solidarité, de liens entre les Hommes, qu’incarne si bien le corps des sapeurs-pompiers.
Ses qualités personnelles lui permettaient d’accomplir une carrière professionnelle constamment en évolution, lui qui savait consentir les efforts nécessaires à l’exercice de responsabilités toujours plus importantes.
Pour autant, son objectif de réussite personnelle n’occultait en rien la passion altruiste qu’il avait de se mettre au service de la collectivité. Son engagement jamais démenti depuis son adolescence, au service des autres comme sapeur-pompier volontaire du centre de secours d’Aubusson, lui valait le respect de ses concitoyens et de ses collègues. Dans cette mission aussi, il avait à cœur de faire preuve du plus grand des professionnalismes, au point d’être un formateur reconnu de sa hiérarchie et de ses pairs. La notion d’équipe était essentielle à ses yeux.
Sous des dehors calmes et posés, Christophe est donc un homme de passion. Passion pour sa famille avant tout, celle dont il est issu et celle qu’il construit, qui bien sûr n’en forment qu’une dont il est le centre.
Passion aussi pour sa ville, Aubusson, qu’il choisit de servir, et dont il constitue l’un des citoyens de référence. Notre cité d’Aubusson est aujourd’hui une ville meurtrie, figée dans sa douleur et son recueillement. C’est une communauté municipale en deuil, qui a perdu un de ses fils, alors que celui-ci était à l’ouvrage pour sa sécurité et sa tranquillité. Qui n’a pas, parmi vous, une histoire ou une anecdote dans laquelle il n’a pas joué un rôle déterminant ?
Les mots sont souvent impuissants, et parfois vains, confrontés au désespoir de ceux qui restent. Mais ils sont nécessaires pour réconforter, pour exprimer notre compassion, notre affection et notre amour, à ceux qui en ont tant besoin.
Christophe aimaient les mots justes et nécessaires. Il avait choisi de convaincre tout autant par l’exemple que par la parole. Quelque soit la situation, il était un point d’appui, si sûr, et si rassurant. On pouvait compter sur lui, sans crainte ni déception.
Christophe s’était construit Homme. Tous ceux qui l’aiment et l’aimeront par delà la mort, peuvent être fiers de lui, de ce qu’il fût, de ce qu’il fît.
Ils peuvent, nous pouvons tous, suivre cet exemple, cette ligne de conduite, cette rectitude morale. C’est là l’héritage, c’est là l’ambition, c’est là l’exigence qu’il nous lègue.
« Un homme se mesure en une nuit », disait Montherlant. En tout cas, il se révèle en une vie. Celle de Christophe fut trop courte, mais tellement remplie.
Nos pensées, notre affection, notre solidarité vont à sa famille, tellement éprouvée en ces dramatiques circonstances.
Elles vont également aux sapeurs-pompiers, filles et fils d’Aubusson comme l’était Christophe. Le souvenir de leur camarade guidera désormais leur engagement. Je sais que la mission d'aujourd'hui est l'une des plus pénibles qu'ils ont eu à accomplir.
Monsieur le Ministre, votre présence à nos côtés confirme qu’au delà de la population de ce territoire, c’est la Nation toute entière qui porte le deuil de Christophe Chaussat.
C’est la Nation toute entière qui lui manifeste sa reconnaissance.
C’est la Nation toute entière qui s’incline devant la douleur de ses proches et de sa famille pour mieux la partager.

Bel hommage mérité pour celui qui fut mon collègue de travail pendant plusieurs année.....
Rédigé par : JYA62 | 30/05/2012 à 21:28
J'ai pu constater lorsque j'étais maire le dévouement des sapeurs pompiers,j'ai pu également apprécier leur efficacité, lors d'une intervention urgente, alors que la vie de mon épouse était en danger.
Avec la mort de Christophe CHAUSSAT c'est la premiére fois qu'un sapeur pompier d'Aubusson est victime de son devoir et la population lui a rendu un juste hommage auquel le Ministre de l'Intérieur a tenu en personne à s'associer
Toutes mes condélances à sa famille.
Rédigé par : Robert PETIT | 31/05/2012 à 10:07