A quatre jours du second tour de la Présidentielle, alors que les candidats et leurs supporters redoublent d'efforts pour convaincre les derniers indécis, il est intéressant de noter comment certains responsables UMP interviennent publiquement.
Ainsi, Jean-Pierre Raffarin vient-il de faire connaître son intention de créer son mouvement au sein du parti, qui rassemblera les "Humanistes" ( défense de rire...), pendants, à ses yeux, de la Droite Populaire, dont l'humanisme tarde effectivement à se manifester.
Le Sénateur du Poitou s'appuie d'ailleurs sur les déclaration de ce jour dans le Figaro de Jean-François Copé, président de l'UMP, qui annonce, "en application des statuts", la possibilité donnée de créer des tendances reconnues comme telles.
Après l'exemple maintes fois invoqué des débats des Primaires Citoyennes, on notera avec une certaine mansuétude à quel point le mode de fonctionnement du parti socialiste inspire désormais un certain nombre de responsables de droite, qui n'en peuvent plus d'un sarkozysme autant crépusculaire désormais que groupusculaire.
C'est à la lumière de ces derniers feux que s'affûtent avec constance et conscience les lames de longs couteaux que l'approche de la nuit rend encore plus étincelants.
Ainsi, Laurent Wauquiez ne déclarait-il pas il y a quelques jours qu'il se tenait prêt à rassembler son camp après le 6 mai ? Gérard Longuet ne vient-il pas d'accorder à Marine Le Pen un statut enviable "d'interlocuteur" ? L'Unité Manifestement Perdue !
De là à envisager le recyclage du slogan de François Hollande, "à l'UMP, le changement c'est maintenant", dès le 7 mai, il n'y a qu'un pas que j'effectue malicieusement.

La tendance la plus lourde est toujours la même, et celle qui pourrait mener à l'intitulé "Unité Manifestement Perdue" en découlera inéluctablement. Sur deux pentes probablement, mais en toute schizophrénie de droite dorénavant.
Car les promesses au FN s'intensifient, sponsorisées par l'ultra-nationaliste conseiller spécial du président sortant, Patrick Buisson: après Longuet hier, affichant définitivement son originelle couleur brune pour séduire la blonde la plus impunément injurieuse envers le parlement de La République, c'est au tour du puritain Claude Guéant de racoler les électeurs du FN en marchandant, pile aujourd'hui! 40000 expulsions supplémentaires en échange de quelques voix en quête de boucs-émissaires.
La première tendance lourde qu'il convient pour toute conscience républicaine d'empêcher dimanche prochain s'incarne dans l'obscène tactique qui anime définitivement l'UMP: dissimuler que la droite décomplexée réalise depuis cinq ans la politique que lui inspire le FN, parti fanatique qui dicte leurs copies à messieurs Guaino, Guéant, Hortefeux etc. pour le seul bénéfice de la famille bling bling de Nicolas Sarkozy.
Mais comme le clan Le Pen trouve que cela ne suffit déjà plus à ses sinistres appétits antiparlementariste, sa façade latine, Louis Aliot, a pris les devants cet hiver:
http://www.challenges.fr/elections-2012/20120424.CHA5721/le-front-national-rebaptise-alliance-pour-un-rassemblement-national.html
Et l'autre avocat d'affaires (!) le plus médiatique après le candidat de l'UMP, l'inspirateur frontiste du strip-tease de Pierrette Le Pen dès 1984, toujours compétent en exhibitionnisme publicitaire du pire, déclare par hasard aujourd'hui tomber d'accord sur le nom. Tout est donc prêt, orchestré, avec ou sans règne sarkozyste à l'Elysée, pour légaliser enfin cette "préférence nationale" qui a déjà séduit en Creuse le maire de Cressat, et permettre ainsi au pire de régner au nom du "travail, famille, patrie" que le pétainisme laisse encore en héritage à cette "vraie France" au 21ème siècle!
Le changement c'est maintenant? La réponse de chacun est désormais cruciale, bien au-delà de l'avenir d'un candidat socialiste.
Rédigé par : Jerome Mathias Bel | 02/05/2012 à 19:22
A chaque scrutin présidentiel, il est désormais presque classique qu'un candidat ou un autre désigne, en débat et comme référence, le nord de l'Europe, la Scandinavie. En 2007, les deux prétendants l'évoquèrent durant leur confrontation télévisuelle, les soutiens d'alors à Nicolas Sarkozy se félicitant même qu'à l'exception de la Norvège, restée à gauche, les démocraties sociales suédoise et danoise aient basculées à droite.
Hier, seul Nicolas Sarkozy y a fait référence, et bien sûr à propos d'immigration et d'intégration, caricaturant les flux migratoires.
Et c'est donc là où il convient sans doute de repérer la nature profonde du dangereux clivage qu'entretient sans vergogne le candidat UMP, afin de mesurer les risques qu'il souhaite désormais faire courir à notre démocratie.
Car il n'est alors peut-être pas inutile, à l'heure où Gérard Longuet entérine définitivement pour le sarkozysme la légitimité politicienne des indignes discriminations souhaitées par le FN et après que les "frontières" selon Guaino aient été depuis cinq ans déjà tracées à l'emporte-pièce par Hortefeux puis Besson et Guéant, à l'heure où le FN envisage un médiatique et pernicieux changement de nom ("Alliance Nationale"), il n'est peut-être pas inutile de rappeler que la seconde confession religieuse en Norvège est, comme en France, l'Islam. En Norvège où la diversité des origines des sujets norvégiens musulmans, pratiquant ou pas, suffit à elle seule à prémunir cette indépendante nation de tout massif dérapage communautariste. A l'exception d'un seul,"dérapage", symbolique d'un antiparlementarisme foncier que ne dédaignait toujours pas le clan Le Pen dans son discours du 1er mai dernier, et massif déjà par le nombre de victimes qu'il fit le 22 juillet dernier parmi les jeunes socialistes norvégiens pacifiquement et démocratiquement rassemblés dans toutes leur diversité ethnique: l'assassin franchissement de l'essentielle frontière biblique ("Tu ne tueras point"/6ème commandement) par le terroriste Anders Breivik, nationaliste initialement formé au Parti du Progrès (sic), formation créée en 1973 (autre aspect similaire avec la France où l'actuel FN date de 1972)et revendiquant depuis sa détestation de l'Etat-providence par un fétide conservatisme culturel allié à un nauséabond ultra-libéralisme économique et social. Il n'est peut-être pas inutile aujourd'hui de souligner que ce modèle inavoué du FN (voir: http://www.lepoint.fr/monde/en-france-le-parti-du-progres-ne-serait-pas-considere-comme-d-extreme-droite-25-07-2011-1356108_24.php ) est, depuis 2005 déjà, le premier parti d'opposition et le second parti de Norvège.
La tendance lourde, très lourde, trop lourde, affichée par Nicolas Sarkozy hier soir encore est là, en écho scandinave pourrait-on dire mais évidente pour quiconque ne voulant pas la nier, si perceptible qu'elle est pour tous dans cette actuelle accélération, cette surenchère en périlleux glissement du paysage politique français, menant chaque jour un peu plus à l'implosion prochaine de la droite républicaine, dorénavant devenue par la seule grâce du sarkozysme, l'idiote utile du populisme d'extrême-droite.
Il n'est que de parcourir l'étude du belge Pascal Delwit http://dev.ulb.ac.be/sciencespo/dossiers_membres/delwit-pascal/fichiers/delwit-pascal-publication99.pdf
pour saisir aujourd'hui le cadre historique récent de la nouvelle stratégie à l'oeuvre de réseaux nationalistes qui désormais s'articulent intensément à l'échelle européenne tout entière (voir la présence de Marine Le Pen au bal viennois du FPÖ le 27 janvier dernier - http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/01/28/marine-le-pen-invitee-d-honneur-au-bal-de-l-extreme-droite-europeenne-a-vienne_1635848_1471069.html) pour amorcer une prochaine phase d'exercice du pouvoir: celle du règne augmenté de leurs idées auprès de leurs alliés de circonstance, devenus leurs temporaires intermédiaires, en préparation de celle de leurs éventuelles strictes applications par leur propre exercice, sous une quelconque étiquette "dédiabolisée", "alliance nationale" oblige.
La première tendance lourde est là: elle définit déjà une "nuit des longs couteaux" qui n'a nulle chance de ressembler à son précédent historique, surtout à l'UMP où la brillance des lames tirées n'indique plus que celles-ci sont émoussées jusque dans les fondements humanistes qu'elles prétendaient puiser encore dans leur héritage gaulliste et vouées de puis cinq ans au moins au rôle d'intérimaires parfois douteux.
Ainsi la Norvège est, à bien des titres, encore une exception, ce mot qu'entend sans en comprendre le sens pourtant français le président sortant, tant sa connaissance statistique des flux migratoires est aussi caricaturale que celle de l'extrême droite dont il a choisit de privilégier les critères, quand il n'en adopte pas désormais symboliquement quelques références ou élements de language. A propos de rétention donc, et des tendances lourdes de ce phénomène (le sort d'enfants évoqués par le candidat du PS hier au soir), il convient alors de dire au plus tôt que la rétention du français ainsi opéré par Nicolas Sarkozy fait symptome mais devient aussi peu exceptionnelle en Europe que les meurtres de jeunes dont la différence culturelle ne menace pourtant en rien la nationalité, à commencer par la leur, de la sorte atrocement privée d'avenir dans leur propre pays. En votant Sarkozy dimanche, il est à craindre qu'à droite, l'effet Breivik ne faisse que commencer là où l'effet Merah est déjà achevé.
Rédigé par : Jerome Mathias Bel | 03/05/2012 à 15:35
Avant le choix déclaré de François Bayrou, il n'y avait pas qu'au MoDem que la lepénisation de l'UMP embarrassait; Jean-Louis Borloo aussi commençait à ressentir le malaise, après avoir apporté au final son soutien inconditionnel au président sortant, pourtant auparavant peu épargné par le président du Parti Radical:
"Jean-Louis Borloo reconnait une certaine «gêne» sur la stratégie adoptée par le président-candidat Nicolas Sarkozy à l’entre-deux tours vis-à-vis du FN.«J’ai plaidé pour un virage social et le choix stratégique provisoire n’a pas été celui-là», a-t-il constaté à propos de la stratégie adoptée par Nicolas Sarkozy en direction des électeurs du Front national. «Oui, bien sûr, ce virage ne m’a pas échappé. Et je ne suis pas le seul que cela ait gêné», a-t-il glissé."
Certains prédisent ce matin à François Bayrou une recomposition du centre droit sans lui, prétenduement isolé. Une seconde surprise au centre pourrait être au rendez-vous des prochaines échéances électorales tant la tendance Sarkopen est déjà en train de redéfinir, jusqu'à une ambition au centre gauche, la droite républicaine:
http://www.liberation.fr/politiques/2012/05/04/fillon-souhaite-que-toutes-les-opinions-s-expriment-a-l-ump_816354
Rédigé par : Jerome Mathias Bel | 04/05/2012 à 12:29
Respectivement de 9 à 11%, deux tendances politiques engagent déjà aux spéculations, alors que le choix présidentiel des français n'est pas fait. Cette tendance lourde, "fille de la première" (pour paraphraser un célèbre discours de Malraux), qui initie le débat des législatives de façon tout à fait prématurée,indique que deux hommes, au vu de leurs propres résultats au premier tour, sont chacun objet d'un questionnement quand à leur carrière politique et cela au-delà des idées qu'ils portent.
Déjà soupçonneux, et alors que l'inédite et assez imprévisible position personnelle de François Bayrou n'engage que lui, sans aucun accord préalable ni prochain avec le PS, le frontisme de gauche s'empresse de repérer par avance une enième frontière (une de plus!), quand les ténors du centre droitier préfèrent prédire un désert au MoDem que de comprendre qu'avec Nicolas Sarkozy, c'est la droite qui devient le supplétif des idées du FN:
http://www.liberation.fr/politiques/2012/05/03/la-classe-politique-interpellee-par-l-annonce-de-bayrou_816209
http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/05/04/jean-luc-melenchon-tient-a-l-il-l-ami-de-la-regle-d-or_1695859_1471069.html
Double fébrilité qui aujourd'hui ne sert en fait que l'UMP en phase de lepénisation: la seule frontière à dépasser sans cesse vers un véritable horizon de rassemblement, est celle que François Hollande déclare vouloir immédiatement repousser au plus loin d'une exigence de justice sociale espérée par une majorité de citoyens pour retrouver dans l'effort commun une croissance équitable en France et en Europe.
De son propre aveu lui-même dubitatif sur l'évolution prochaine de son parcours personnel, Jean-Luc Mélenchon doit ainsi savoir que la décision de François Bayrou mérite d'être considérée en tant que ce qu'elle est avant tout: c'est à dire à la fois le fruit courageux d'un dialogue assumé au sein de la diversité désormais un peu moins droitière du MoDem et l'expression mesurée mais spontanée d'une fierté républicaine individuelle dans un moment crucial pour la destinée nationale.
Qu'il soit alors permis de le répéter, le vote pour François Hollande dimanche prochain dépasse depuis le premier tour le sort du candidat socialiste: il représente une espérance collective plus large que les carrièrismes individuels et les projections dogmatiques. Ainsi que le candidat PS l'a souligné à Toulouse,il représente une éthique orientée vers l'intérêt collectif face au règne unilatéral de l'intérêt particulier qu'a incarné Sarkozy durant 5 ans. Certains ont déjà profondément compris l'envergure réelle de l'enjeu de ce second scrutin, et parmi eux Marc Augé, expert en "non lieux" s'il en est:
http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/04/pourquoi-il-faut-voter-francois-hollande_1695852_3232.html
Rédigé par : Jerome Mathias Bel | 04/05/2012 à 13:30
C'est aujourd'hui en Vendée que la campagne du président sortant s'achève en atteignant des sommets dans l'outrance et l'outrage envers l'esprit de la République. En effet, accueilli aux Sables d'Olonne par ses derniers inconditionnels pour son ultime meeting,le candidat UMP est introduit par le maire UMP, Louis Guédon, qui déclare que "la gauche défile derrière les drapeaux rouges des camps de concentration des soviets" (sic). En guise de rassemblement des français autour de son candidat, voilà donc ce qu'il reste à l'UMP à proposer: la détestation caricaturale et dangereusement revendiquée, flirtant de près avec le rance language du révisionnisme, de 28,63% de votants, c'est à dire de 10 272 705 citoyens français!
Pire: poursuivant dans le copié/collé littéral du discours FN qui désormais constitue essentiellement l'idéologie sarkozyste, l'actuel président de la République (!!), dorénavant jusqu'auboutiste plagiaire du clan Le Pen, relaie immédiatement, en élargissant aux catégories socio-professionnelles cet appel à la discrimination civile entre français. Lui qui déclarait craindre un climat de guerre civile, voilà qu'il tente de le diffuser en masse et en éructations néo-pétainistes.
Car après sa justification des brutalités faites par ses militants aux journalistes au Trocadéro et à Toulon, non seulement il interpelle depuis sa tribune un journaliste de TF1 assurant une retransmission en direct, mais il ordonne à ses militants d'imposer (pas "proposer") leur (pas "la") liberté, et de ne pas "accepter la main mise d'une pensée unique et d'un système politico-médiatique". Parle-t-il à nouveau de son propre système en place depuis 5 ans? Parle-t-il en fait de lui et de ses amis? On peut de moins en moins en douter tant on dirait du Le Pen: avec le son, la couleur et le goût du Le Pen, l'UMP est définitivement comme un célèbre soda canadien en comparaison du whisky. L'UMP en 2012, c'est du FN dry. Cela, au-delà de Sarkozy lui-même, il est possible de le vérifier depuis au moins la précédente venue de François Fillon aux Sables d'Olonne, pour une campagne UMP de printemps qui n'avait pas attendu les résultats du premier scrutin pour offrir un visage militant spontanément disposé au dérapage incontrôlé. Portrait vidéo in situ du 14 avril dernier, en terre RPF (De Villiers/Pasqua), UMP, FN... au choix, en toutes équivalences. Attention, tendance lourde encore garantie:
http://www.dailymotion.com/video/xq46wu_derapage-d-un-cadre-de-la-droite-vendeenne-en-marge-du-meeting-de-francois-fillon-aux-sables-d-olonn_news
Rédigé par : Jerome Mathias Bel | 04/05/2012 à 15:32