Le débat sur le non-cumul se poursuit dans la presse nationale. J'y reviens donc également
Après le vote des militants du 1er octobre 2009, le Parti Socialiste a réuni une convention nationale le 3 juillet 2010.
Une texte a été adopté, qui s'impose à tous les socialistes, que vous pouvez consulter in extenso en cliquant ici.
Je vous en livre quelques extraits.
" (...) La droite veut concentrer le pouvoir, la gauche doit le partager (...) La rénovation du pays et la rénovation du Parti Socialiste sont intimement liées. Pour que lesFrançais nous fassent pleinement confiance, pour que se tournent vers nous d’avantages de femmes et d’hommes, nous devons commencer par nous rénover nous-mêmes.(...) Ensemble, il nous revient de concrétiser nos engagements. La vraie rénovation, c'est celle qu'on met en pratique.(...).
La rénovation, c'est celle qui franchit une nouvelle étape dans la limitation du cumul des mandats. C'est aussi un enjeu dont le Parti socialiste a toujours eu raison de se saisir.
Nous avons été les premiers à légiférer en 1985. là aussi, l'exemplarité doit être conjuguée avec la réalité. L'exemplarité, c'est de ne pas attendre la loi que nous ferons voter dans les premiers mois du quinquennat-et qui sera associée à un statut de l'élu-pour appliquer à nous même la limitation du cumul de mandats des parlementaires et d'un éxécutif local. La réalité, c'est de tenir compte par des adaptations transitoires des enjeux locaux face à une droite qui s'exonérera de ces exigences tant qu'une loi ne les y obligera pas, dans l'intérêt général de nos territoires et des combats que nous portons. "
Ce texte nous engage, vis à vis de nous-mêmes et vis à vis de nos concitoyens, à quelque niveau de responsabilité que ce soit. Il engage plus encore les parlementaires, qui outre le devoir d'exemplarité auquel ce texte les contraint, doivent traduire sur le plan législatif ce point du programme socialiste.
Faire autrement, ce serait adopter une attitude que le texte ne reconnait qu'à la droite, pour mieux la stigmatiser. Pour ma part, je ne peux me résoudre à l'idée que nous nous comporterions ainsi.
J'exprime en cela l'immense majorité de ce que pensent les militants socialistes, je suis un militant socialiste depuis 1979, j'exprime ce que les socialistes ont de plus cher: le respect des décisions démocratiques.
D'ailleurs le texte y fait expressement référence : " la rénovation de notre démocratie tient aussi à la reconnaissance du vote des militants."
Le respect de ce principe relèverait-il de l'intimidation ? Que dire, au contraire, de la tentation de s'en affranchir ?
Je préfère relire la conclusion du texte de la Convention : " Rénover, c'est dire aux citoyens l'idée que nous nous faisons, comme socialistes, de la démocratie au XXIe siècle, et c'est lui donner chair, au sein même de notre famille politique. Pour renforcer la crédibilité de notre projet, et redonner espérance aux Français".
C'est dans cette parole-là du Parti Socialiste que je me retrouve, celle de l'expression collective et de l'idéal socialiste, avec tous mes camarades.
L'argument principal de ceux qui tentent de se dérober à cet engagement, c'est de dire qu'ils se conformeront à la Loi...quand elle existera.
Outre le fait qu'il n'y a aucun mérite particulier à se conformer à une Loi, qui s'applique à tous les citoyens, c'est un peu vite oublier qu'une Loi existe déjà, celle du Parti Socialiste.

Il est intéressant d'observer, à travers ce débat sur le cumul/non cumul des mandats, désormais ouvert politiquement et médiatiquement à toute échelle, comment une telle problématique, passionnante en soi puisque elle questionne de près la notion d'éthique politique, devient surtout un vecteur de lutte politicienne pour quelques détracteurs du gouvernement Ayrault, plus prompts à se saisir aujourd'hui, avec un opportunisme somme toute grossier, de ce qu'ils souhaitent faire enfler au plus vite comme une polémique nationale (et en cela contribuer à une autre forme du discrédit du politique), qu'à se dégager d'une amnésie coupable au même titre que d'autres.Comme si en toute frange partisane le mauvais exemple n'avait pas été donné en pratique avant cette promesse électorale et cet engagement à l'exemplarité de la part du Parti Socialiste, certes novateur en la matière. Comme si aucune tendance n'avait eu dans ses rangs et hiérarchies quelques potentats dont l'existence, aujourd'hui, semble franchement indisposer une grande majorité de citoyens, sensibles, très sensibles, à ce phénomène de politiquement correct venu du monde anglo-saxon depuis plus d'une décennie, comme une ère nouvelle de la correction et de l'exemplarité citoyenne, d'un champs social à un autre parfois aussi ouvert aux vents souvent troubles d'un moralisme supplémentaire.
Le MoDem creusois, et d'autres pétitionnaires, s'empresse ainsi d'interpeller le seul député creusois qui reste au département, du fait de sa mandature municipale. Osera-t-on nous dire alors que l'identité pleinement socialiste de celui-ci ne se trouve là concernée qu'en regard du débat fertile qui anime son parti depuis longtemps et de façon déjà exemplaire sur cette question ? Ou poussera-t-on le bouchon à se prétendre alors, en la bien pratique circonstance, plus socialiste que le militant Vergnier?
A se demander où était l'éthique et la volonté de moralisation de la vie politique quand le maire de Cressat empilait hier encore les mandats avec le plein soutien ou le complice silence des mêmes qui, aujourd'hui, revêtent la panoplie du chevaier blanc comme dernier effet d'amnésie. Bref, rien de nouveau sous ce soleil en orangé crépusculaire: l'objectivité analytique s'accommode mal avec le costume politique, surtout quand, à propos du PS, le dit costume porte à droite.
Qu'il me soit donc permis de renvoyer ici vers cet article signé par Stéphane Beaumont aujourd'hui dans Le Monde. Ce passionné de poésie avec lequel il m'a été offert de pouvoir passionnément échanger en de nombreuses occasions, ne m'en voudra pas trop de ne pas partager son point de vue qui, néanmoins, a le mérite de pointer un horizon autre pour une éventuelle réflexion à mener collectivement ici, comme nous y invite notre hôte: car c'est de la territorialité du politique qu'il conviendrait vite de parler, avant qu'à l'insu de Stéphane ou d'autres, nos "terroirs" de carrière politique ne deviennent trop le terreau pour des appétits déjà bien aiguisés d'ambitions très nationales.
http://mobile.lemonde.fr/idees/article/2012/07/06/le-cumul-des-mandats-un-imperatif-republicain_1729962_3232.html
Rédigé par : Jerome Mathias Bel | 06/07/2012 à 19:59
Je m'étonne Jérôme de ce climat de suspicion méprisant à l'égard du MoDem 23 alors même que nous nous étions fait l'échos dans la cité tapissière, lors d'un rendez-vous que vous aviez hautement condamné sur un autre blog, des rénovations nécessaires qu'exigeait notre Démocratie, que nous décrivions en Crise. Ce que vous réfutiez...
http://democrate23.blogspot.fr/2012/01/apero-democrate-aubusson-reconstruire.html
J'ajoute que les thématiques énoncées lors de cet "apéro-démocrate" visait tout autant des dérives qui se déclinèrent tout autant à Droite qu'à Gauche. L'objectivité vous oblige à le reconnaître.
Il semblerait que pour vous le souci d'exemplarité éthique ne se décline qu'au socialisme. C'est un peu court.
Lorsque l'on se targue du changement après avoir été si critique, lorsque l'on s'engage formellement dans un projet de rénovation et de moralisation de la vie politique, il est normal pour le citoyen lambda d'attendre une mise en concordance des paroles et des actes ; cela oblige à une exemplarité irréprochable !
Trop simple après de jouer l'élu réfractaire lorsque l'on sait les directives du PS en la matière, celles-là même que Michel Moine a courageusement énoncées.
Trop simple et trop réducteur de vouloir pompeusement jouer le jeu de la polémique et de l'hypocrisie politique lorsque l'on sait à quel point cette thématique nous tient à coeur.
L'inconfort de la situation se révèle ainsi, lorsque l'on est à ce point mis face à ses propres contradictions.
Rédigé par : Mathieu Charvillat | 06/07/2012 à 23:23
Je maintiens ma position,je ne suis pas favorable à la régle que veut imposer le PS à ses élus c'est à dire le non cumul d'un mandat parlementaire et d'un mandat exécutif local,je considére que c'est un grave erreur qui éloignera les élus du terrain.
A mon avis en l'absence d'une Loi appliquer unilatéralement la régle pronée par le PS déstabiliserait les élus.
Rédigé par : Robert Peit | 09/07/2012 à 23:25