Blog de Michel Moine - Maire et Conseiller Général d'Aubusson



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Jean Auclair, et son "petit zizi" *

* citation !

C'est à qui dira la plus énorme, et j'avoue mon hésitation à décerner la palme du tartuffe en campagne.

A Jean-Pierre Raffarin, venu en Creuse "adouber" Jean Auclair , ou à Jean Auclair , député ump de Creuse, lui-même, sauf à le considérer définitivement hors concours.

Je m'explique: tout tourne autour de la desserte ferroviaire du Limousin, et de son irriguation du territoire creusois. Jean Auclair joue la ligne historique, le Pollt ( Paris-Orléans-La Souterraine-Limoges-Toulouse), contre le futur barreau TGV Limoges-Poitiers, qualifié par lui de "petit zizi". Encore qu'il y aurait sûrement à dire sur la véritable paternité de cette saillie...

"Et alors ?", me direz-vous, "n'est-il pas normal qu'un député creusois défende la desserte ferroviaire de son département ? " . En théorie, oui, surtout s'il s'agit d'une attitude constante. Et c'est là où le bât blesse. Le député Auclair a voté la loi 2009-967 du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement (1) .

Or cette loi fixe comme priorité, dans le point III de son article 12, que " La poursuite du développement du réseau de lignes ferrées à grande vitesse aura pour objectifs d'améliorer les liaisons des capitales régionales avec la région parisienne, de permettre des liaisons rapides entre elles grâce à des lignes transversales et des lignes d'interconnexion en Ile-de-France et de favoriser l'intégration de la France dans l'espace européen grâce à la connexion du réseau de lignes à grande vitesse français avec les réseaux des pays limitrophes".

Et elle précise quelques lignes plus loin  que " L'Etat contribuera, à hauteur de 16 milliards d'euros, au financement d'un programme d'investissements permettant de lancer la réalisation de 2 000 kilomètres de lignes ferroviaires nouvelles à grande vitesse d'ici à 2020.
Ce programme de lignes à grande vitesse pourra porter sur les projets suivants dans la mesure de leur état d'avancement :
― la ligne Sud-Europe―Atlantique, constituée d'un tronçon central Tours―Bordeaux et des trois branches Bordeaux―Toulouse, Bordeaux―Hendaye et Poitiers―Limoges ..."

Oui, vous avez bien lu: le Grenelle prévoit explicitement la construction du "petit zizi", et Monsieur Auclair, qui nous rappelle à longueur d'interview qu'il est vent debout contre, l'a voté à l'Assemblée Nationale !!!

Flagrant délit de mensonge donc, mais comme disait Edgar Faure, ce n'est pas la girouette qui change, c'est le vent, à fortiori le vent debout.

Jean Auclair est donc bien parti pour remporter ma fameuse palme...

Si ce n'est qu'il doit affronter une concurrence sérieuse, en la personne de monsieur Raffarin, venu s'extasier en Creuse sur ce si beau combat mené par Jean Auclair pour le Pollt. Saut que si ce projet a été abandonné, c'est bien à son initiative, alors qu'il exerçait les fonctions de premier ministre, lors du CIADT de décembre 2003.

En effet, alors que l'Etat était engagé sa signature sur cette ligne historique vis à vis des régions concernées, sur la technologie pendulaire, avec une mise en service prévue pour 2006, Jean-Pierre Raffarin devait renvoyer aux calendes grecques, c'est à dire 2025, les efforts d'aménagement, pour laisser y circuler des trains TEOZ n'apportant aucun gain horaire aux passagers. Jean Auclair se fît alors remarquer par sa discrétion.

Alors que monsieur Raffarin vienne ensuite, sur les lieux de crimes devait dire hier fort justement Michel Vergnier, féliciter son complice pourrait être savoureux si ce n'était particulièrement cynique.

Décidément, impossible de les départager ces deux-là ! Allez, comme chez Jacques Martin, tout le monde a gagné ! Tout le monde, sauf peut-être les Creusois et les Limousins...

03/03/2010 | Lien permanent | Commentaires (1)

Maux croisés

Emission "Mots Croisés" ce soir.

Débattent Laurent Wauquiez (ump), Marielle de Sarnez (modem), Jean-Marie Le Pen (front national) , Cécile Dufflot ( verts) , Benoit Hamon (parti socialiste) et Marie-Georges Buffet ( parti comuniste-front de gauche). Malgré la qualité personnelle des intervenants, débat finalement assez inintéressant. J'en étais à cette constatation, quand la lumière me vint : pas un seul des invités n'est conseiller régional sortan. Du coup, nous assistons à un débat de parisiens, bien peu au fait des réalités des missions des Régions.

Des généralités, des approximations, des lacunes ont ponctué les échanges.

Laurent Wauquiez n'avait de cesse de demander à Benoit Hamon si les socialistes entendaient augmenter les impôts régionaux. Marielle de Sarnez devait réagir, pour faire remarquer le peu de sens de la question, eu égard à la réforme des collectivités territoriales, qui va justement priver les Régions de leur capacité à lever l'impôt. "Oui, mais il va rester les cartes grises ! Augmenter le tarif pour une twingo de 50 €, ça va peser sur le pouvoir d'achat des ménages modestes" rétorquait le secrétaire d'Etat à l'Emploi. 

"Ne rentrez pas dans la technique  ! " exhortait alors l'animateur du débat, Yves Calvi. Révélateur de la méconnaissance de la nature de la réforme. Qui dit que les Français ne méritent pas qu'on leur explique, ce que se gardait bien de faire le secrétaire d'Etat à l'emploi... Là était le vrai débat, bien plus que le coût des cartes grises.

Passons sur le fait que la fiscalité sur les cartes grises relève du régime des taxes plus que de celui des impôts, on notera l'inanité de l'argumentation gouvernementale, à l'heure où le pouvoir d'achat des Français est impacté par bien d'autres causes que le prix des cartes grises. M'est venu spontanément à l'esprit le sketch de Fernand Raynaud, celui où le paysan qu'il incarne se plaint du prix du sel...

Fut reprochée par l'ump leur gestion aux Régions, et les champs de compétences larges dans lesquels elles ont choisi d'intervenir, oubliant en passant le chantage de l'Etat sur ses interventions dans ses propres champs de compétence régalien, obligeant par exemple les Régions à intervenir financièrement sur les routes nationales.

On entendit aussi monsieur Wauquiez reprocher aux Régions de ne pas avoir tenu leurs engagements en matière d'apprentissage, sans remettre en cause l'attitude des entreprises dans ce domaine. On ne l'entendit pas souligner le rôle moteur des régions en terme d'investissements publics, bien devant celui de l'Etat.

Je ne m'étends pas sur la pitoyable intervention de Le Pen, essayant désespérément de tirer le débat sur le terrain de l'insécurité et de son lien avec l'immigration et le multi-culturalisme de notre société (sic, bien sûr !) .

Par contre, je m'interroge encore sur la pertinence d'un tel plateau, alors qu'on reproche aux présidents de région un déficit de notoriété. Pourquoi ne pas convier les véritables spécialistes de la question ?

Peut-être conviendra-t-il à l'avenir d'interroger des policiers sur les problèmes des gendarmes, de consulter des pédiatres sur les conditions de travail des chirurgiens, de solliciter des sprinters sur le positionnement des sautoirs des perchistes, ou des pilotes de F1 sur le nombre de spéciales dans un rallye, voire Claude Allègre sur le réchauffement climatique ou Eric Besson sur l'humanisme... 

01/03/2010 | Lien permanent | Commentaires (0)

Meeting de Jean-Paul Denanot à Aubusson

DSCF3090 Il y a quelques jours, Jean-Paul Denanot et son équipe creusoise tenaient meeting à Aubusson. Devant une assistance nombreuse, ont été évoqués les grands axes de la campagne des socialistes limousins. Sans chercher à les détailler ici ( vous pouvez utilement vous connecter sur le site de campagne de Jean-Paul en cliquant là ), je reviens sur quelques thèmes.

 J'ai bien sûr particulièrement apprécié l'engagement de notre président de région sur le financement de la RD 941, aux côtés du Conseil Général. Cet axe Est-Ouest, qui relie des deux capitales régionales du Limousin et de l'Auvergne, a été laissé dans un total abandon par  l'Etat, lorsqu'il était encore route nationale, avant son transfert au département. Petit paradoxe, au passage, de voir que certains tronçons de cet axe transversal sont restés de compétence Etat dans d'autres départements... L'intervention financière de la Région est la bienvenue, compte tenu de la nature inter-régionale de cette route, de sa vocation économique, de son état de dégradation, et de son profil de plus en plus inadapté à la circulation moderne.

A ceux qui militent pour que les collectivités ne puissent exercer que leurs compétences obligatoires, je rétorque que nous avons là un exemple flagrant de la pertinence d'une intervention hors compétences obligatoires.

Et après tout, quel est le plus grand scandale : des collectivités qui interviennent pour le bien-être de leurs concitoyens avec efficacité, même au-delà de leurs obligations, ou bien un  Etat qui ne remplit pas correctement ses missions obligatoires, laissant des pans entiers du territoire rural à l'abandon ?

J'ai aussi apprécié l'engagement de la Région dans le financement, à hauteur de 8 millions d'euros par an, des emplois associatifs. En Limousin 600 jeunes sont concernés par ce dispositif, dont 147 dans le seul département de la Creuse, où le Conseil Général abonde le financement régional. Cet effort sera poursuivi, au plus grand soulagement du tissu associatif limousin.

En face, j'ai entendu messieurs Archer et Auclair annoncer leur intention de faire totalement disparaitre ce dispositif. Autrement dit, nos deux frères ennemis veulent rayer d'un simple trait de plume l'équivalent d'une entreprise de 600 emplois, d'un coup. Le monde associatif appréciera de se voir ainsi décapiter, lui qui assure dans notre Région un rôle particulièrement sensible d'animation du territoire et de lien social.

Le monde associatif, sûrement un ramassis de "petits zizis" !

En Creuse, les candidats socialistes ne ménagent pas leur peine pour présenter, expliquer et convaincre. On sent que les propositions sont accueillies avec intérêt et sympathie par les creusois, qui ont bien compris que les collectivités locales, Région et Conseil Général, sont de véritables remparts à la politique d'injustice sociale que mène le gouvernement de Nicolas Sarkozy.

Il faut dire qu'en face à l'UMP, on est bien en peine de formuler une proposition convaincante. L'attelage de la Droite, une carpe et un lapin, tant monsieur Archer semble anesthésié par un Jean Auclair, qui court partout sans s'occuper de rien, en est réduit à offrir le spectacle pitoyable du grand n'importe quoi. Ainsi, le barreau TGV, qui fût pendant toute ses dernières années l'obsession de Raymond Archer, vent debout pour, votes après votes, est désormais qualifié de "petit zizi" par Jean Auclair, auquel on ne contestera aucune compétence en la matière. Le même Auclair, qui a pourtant approuvé ce projet de ses amis politiques, en votant notamment le Grenelle, pour être maintenant vent debout contre.

Des vents debout contraires, de quoi désorienter la galère umpiste. Espérons qu'elle trouve un instrument d'amarrage à sa dimension.

25/02/2010 | Lien permanent | Commentaires (2)

Creuznogoud

Iznogoud

Répéter, telle une incantation, " je serai Président de la région " suffira-t-il à Jean Auclair pour convaincre Raymond Archer, tête de liste ump, à s'effacer devant lui ? L'ambiance monte en flêche. Entre amis...

Creuznogoud passe ainsi de la méthode Coué à la méthode Secoué.

Mieux : Creuznogoud, non content de vouloir prendre la place du calife, souhaite étendre immédiatement son califat, par fusion-absorption de la Région Auvergne. Dont il deviendrait immédiatement le Président auto-proclamé.

Qu'en pensent donc les amis ump auvergnats de Jean Auclair ? J'avoue que j'apprécierais de le savoir.

Décidemment, cette campagne régionale est bien partie.

02/02/2010 | Lien permanent | Commentaires (2)

Tags Technorati: Archer, Auclair, Auvergne, creuznogoud, Limousin, Régionales

« Ce qu'ont fait les communistes est assez inhabituel »

Je reprends le titre de l'article de La Montagne consacré au choix du parti communiste de la Creuse pour les prochaines régionales. Ce titre reprend une citation du conseiller général Daniel Dexet, commentant la décision de laisser la tête de liste au parti de gauche. Et Claude Guerrier, conseiller régional sortant, de renchérir: " On n'est pas là pour avoir des plaçous mais pour faire avancer les choses ".

Comment comprendre une telle déclaration ? Car, pour dire les choses, les relations entretenues entre élus socialistes et communistes, tant à la Région qu'au Conseil Général, ont toujours été empreintes de la plus grande loyauté réciproque, et même -osons le mot- d'amitié. Nos camarades communistes seraient-ils en train de dire que leur présence dans les majorités et les exécutifs n'ont pas fait avancer les choses, en dépit des votes qu'ils ont toujours exprimés, lors des budgets par exemple ?

Seraient-ils en train de dire qu'ils considèrent dorénavant que leurs mandats n'auraient été que des plaçous, autrement dit une démarche uniquement guidée par un intérêt pécuniaire ?

Lorsque Bruno Noble explique vouloir " ancrer à gauche la politique régionale en Limousin ", est-ce un retour à la bonne vieille pratique de l'auto-critique qu'il faut y déceler ?

J'avoue ensuite avoir quelques difficultés de contorsion pour suivre le raisonnement de mes camarades communistes, au regard de la conclusion à laquelle ils parviennent, à savoir une perspective de 2e tour "sans ambiguïté" pour battre la droite. Si je comprends bien, sans ambiguïté, cela signifie " avec les socialistes". Heureux de l'apprendre, car je n'ai pas ouï que des discussions aient été engagées entre les parti(e)s en ce sens... C'est peut-être aussi reconnaitre implicitement toute l'ambiguïté de la position adoptée pour le 1er tour !

Cela dit, j'ai quand même relevé quelques manifestations de réalisme, dans les déclarations de nos camarades. Ainsi, lorsque je lis : " On démontre ainsi qu'on ne cherche pas à rester au chaud avec des élus quasiment assurés ", je me dis qu'il y a du vrai. Le PG parait mieux placé pour les négociations d'entre-deux tour.

" Ce qu'ont fait les communistes est assez inhabituel ". C'est vrai aussi.

Devant quel type de démarche politique nous trouvons-nous donc ? 

27/01/2010 | Lien permanent | Commentaires (6)

Tags Technorati: Creuse, Dexet, Guerrier, Limousin, Noble, Régionales

Pousse-toi de là que je m'y mette

Le suspens est désormais terminé. Faux suspens, en vérité, dont je vous avais parlé une semaine plus tôt, que l'annonce de la candidature de Jean Auclair, en tête de liste départementale de l'UMP pour les élections régionales de mars prochain. Et pour tout vous dire, j'entendais cette rumeur se sussurer depuis plus d'un mois et demi...

Jean Auclair s'est donc dévoilé, tel qu'en lui-même, brutal, déloyal, amoral, même ( et peut-être, avant tout) vis à vis de ses "amis" politiques, qu'une certaine lassitude commence à gagner.

Rappelons- nous les grandes déclarations publiques, sur le nécessaire et inéluctable rajeunissement de la liste UMP. Sortir les sortants: il n'y avait rien de plus pressé !  La Montagne du 29 septembre se faisait l'écho de cette volonté de "puiser dans le vivier des jeunes élus ump du département". Le 30 novembre, on apprenait, dans le même journal, qu'était entérinée par les instances nationales de l'UMP la tête de liste de Vincent Turpinat, maire de Jarnages, conforme aux critères édictés. Etait en outre confirmée l'éviction de Pierre Brignolas et de Michèle Suchaud, les deux conseillers régionaux sortants.

Je passe sur les dénégations, démentis et autres calembredaines dont nous fûmes gratifiés ces derniers temps, révélant un profond respect, non seulement des médias, mais aussi de l'opinion publique.

Le plus drôle était à venir.

Car, non content, d'éjecter Vincent Turpinat en 3e position, de repêcher madame Suchaud, d'y adjoindre madame Jamot, et de faire l'impasse sur les jeunes élus ump du département, Jean Auclair revendique désormais la tête de liste régionale, et la place de président en cas de victoire. On n'ose imaginer le plaisir avec lequel Raymond Archer aura entendu cette revendication. Le mot "revendication" relève d'ailleurs plus de la litote que d'autre chose, tant l'affaire semblait entendue dans les propos du député creusois.

"Pousse-toi de là que je m'y mette" devrait-être le slogan de la campagne de l'ump .

Jean Auclair en première ligne, on peut s'attendre à une campagne particulière. Parce que Jean Auclair a tout à perdre, lui qui a déjà perdu sa circonscription. La soumission au pouvoir central, pratiqué avec constance depuis des années par l'édile cressatois, ne lui aura guère été payée de retour. Jean Auclair aurait-il été sommé de faire "un tour de chauffe", histoire de mesurer ses performances électorales, notamment dans la 1ere circonscription, avant la première élection de la circonscription unique ?

Une campagne de Jean Auclair ne saurait être une campagne comme les autres. C'est un élément à prendre en compte, sans doute possible. Les enjeux de ce scrutin le dépasse indiscutablement. Tout le monde va jouer gros, en mars prochain. Ne perdons néanmoins pas de vue les intérêts de notre région, et espérons que le débat ne s'éloignera pas trop des compétences régionales. Je sais que telle est l'intention d'Armelle Martin.

24/01/2010 | Lien permanent | Commentaires (9)

Tags Technorati: Archer, Auclair, Brignolas, Jamot, limousin, régionales, suchaud, Turpinat

Retraites

La déclaration de Martine Aubry, selon laquelle il pourrait être envisagé de repousser l'âge légal de départ à la retraite à 61 ou 62 ans, ne recueille pas mon assentiment.

- D'abord pour des raisons de formes: en effet, à aucun moment, la délibération collective des socialistes n'est intervenue pour déterminer une ligne politique sur cette question majeure. Or, à quoi doit servir un grand parti, comme le PS, si ce n'est à déterminer une doctrine et un programme de gouvernement, à l'issue du débat collectif ? S'exprimer comme l'a fait Martine Aubry engage tout le parti. Théoriquement. En l'occurence, pas sûr !

Enfin, on peut se demander quelle motif a poussé la 1ere secrétaire à sortir ainsi du débat sur les régions, où la bataille électorale doit se jouer. Combien de voix se détourneront ainsi des listes socialistes, pour des raisons bien éloignées des compétences régionales, suite à ces déclarations intempestives ?

- Ensuite, parce que l'éventualité évoquée par Martine Aubry n'est pas la position des socialistes. La retraite est un acquis social qu'il importe de préserver. Il ne s'agit pas de considérer qu'il n'y a pas à réfléchir sur la pérennité du système français par répartition. Mais la piste de l'allongement de la durée de cotisation est-elle la seule possible ?

A l'heure où les délocalisations conduisent à fabriquer de la valeur ajoutée loin des lieux de consommation, ne serait-il pas juste de taxer ces produits soustraits à notre main d'oeuvre nationale ? Et que le produit de cette taxe soit affecté au financement du régime des retraites. Qu'on ne me retorque pas qu'une telle mesure serait en contradiction avec le Droit européen. L'exemple récent de l'intervention de l'Etat dans l'organisation de la production de la Clio, initialement prévue en Turquie, montre que la volonté politique conditionne les résultats obtenus. A une époque où on revendique une bonne dose de régulation pour le capitalisme, il ne serait pas incongru d'imaginer une motivation sociale à cette régulation. L'économie au service de l'homme, enfin...

Bref, il y a probablement beaucoup de grains à moudre, d'imagination à déployer, plutôt que se calquer sur les solutions toutes faites de la droite, et de présenter la facture toujours aux mêmes. Le dossier est indiscutablement complexe. Mais on est en droit d'attendre autre chose du Parti Socialiste. Rénové.

21/01/2010 | Lien permanent | Commentaires (11)

Tags Technorati: Aubry, retraites

Economies pas en crise

Il existe quand même des raisons d'espérer, voire de se réjouir, dans la crise que nous traversons. Tout n'est pas si noir.

Ainsi, monsieur Mestrallet, pdg de  GDF-Suez, vient-il de toucher 830.500 € de plus-value sur ses stock-options.

Ainsi monsieur Proglio, pdg d'EDF et président du Conseil d'Administration de Veolia, va percevoir à ce dernier titre une rémunération de 450.000 € par an. Alors là, ça nous rassure, de voir ainsi les horizons se dégager. Certes, madame Lagarde s'était bien engagée à ce que monsieur Proglio ne percoive de revenus que d'EDF, mais enfin, on ne va pas se formaliser pour si peu. La nouvelle est trop bonne, et tellement porteuse d'espérances.

Bien sûr, quelques esprits chagrins viendront objecter qu'est annoncée dans le même temps l'augmentation des tarifs d'EDF, au moment des fortes consommations, c'est à dire pendant les vagues de froid, quand les intempéries obligent nos concitoyens à la consommation... Ceux-là s'y entendent pour la sinistrose, alors que les bonnes nouvelles sont là.

Les économies de messieurs Mestrallet et Proglio sont sorties de crise. C'est déjà ça, non ? Elles montrent le chemin. Celui du monde d'avant. Le monde du mensonge et de l'argent facile. Ca nous rassure. On étaient troublés par le discours présidentiel sur l'immoralité de la finance, sur la nécessité de réglementer, de taxer les plus-values des trades, tout ça... C'est vrai que le Président ne cessait de se référer aux penseurs de gauche, à tel point qu'il s'appuyait sur eux pour justifier ses réformes, comme celle de la réforme des collectivités territoriales où le pouvoir se targue de s'inspirer d'un vague texte de Léon Blum pour justifier le mode électoral des futurs conseillers territoriaux.

Là, au moins, avec messieurs Mestrallet et Proglio, les choses reprennent leur place. On voit bien, en fait, la profonde influence de Léon Blum, lequel disait au congrès de la SFIO en 1946, à l'adresse de ses camarades: " Vous avez peur des électeurs, peur des camarades, peur de l’opinion, peur de l’échec. Et s’il y a eu altération de la doctrine, déviation, affaissement, ils sont là, ils sont dans la façon timorée, hésitante dont notre doctrine a été présentée dans les programmes électoraux, dans la propagande électorale.Il y a un an, ici, je vous suppliais de vous montrer aux élections avec votre vrai visage. Je vous disais : « Je vous en supplie, effrayez plutôt que de duper. Ne dissimulez pas le véritable visage du socialisme. Exagérez-le encore, plutôt que de le masquer »".

Bon sang, mais c'est bien sûr ! Nicolas et ses amis veulent se montrer sous leur vrai visage , celui du libéralisme. Ils ne le masquent plus.

Ouf ! On avait peur...

Et merci, monsieur le Président, de nous avoir rendu Léon Blum. Elle n'est pas si mal, cette exhortation aux socialistes, après tout. Et si on se la réappropriait ? Ca ne serait pas du vol.

20/01/2010 | Lien permanent | Commentaires (1)

Tags Technorati: Blum, crise, Mestrallet, Proglio, Stock-options, économies

Le jospinisme, la maladie gériatrique du socialisme

LogoPSnouveau Comme certains, je suis un peu agacé par ces socialistes à contre-temps, qui choisissent leur moment, pour des déclarations périmées ou intempestives. D'un côté celui qui ne pût être au second tour, de l'autre celui qui veut absolument être au 1er... A contre-temps, vraiment à contre-temps...Je vous propose un texte, de jeunes et brillants camarades, pour remettre le PS en mouvement.

Au fait, le PS a un nouveau logo. Heureusement que je lis la presse pour l'apprendre !

MM

" Il revient parce qu’il n’est jamais parti. Dans un livre de mémoires à paraître très prochainement, Lionel Jospin s’apprête à rappeler l’alpha et l’oméga de la pensée socialiste à ses camarades, ou du moins celle que les clercs et les intellectuels de système sont chargés de faire respecter. Le camarade Jospin va parler et l’enjeu est plus vaste qu’une autojustification égotiste. `

D’aucuns reprocheront à Lionel Jospin de tenir le même discours depuis 2002. Ils auront tort. Lionel Jospin n’a pas changé depuis 1983 ! Metteur en scène de l’autocritique de sa propre défaite en 2002, il offre aux Français le seul regard qui lui semble légitime : le sien. Dans cette Eglise qu’est le PS, l’abbé Jospin, las d’en avoir été le principal docteur de la foi, souhaite depuis sept ans revêtir les habits du martyr. Son bilan était bon, c’est sa « perception » par les Français qui ne l’était pas. De l’inconvénient de gouverner la France, ce pays d’impies !

Rien de neuf en réalité, car l’enthousiasme pincé du camarade Jospin pour son « bon bilan » de 2002 fait irrésistiblement penser à celui manifesté à la tribune du Congrès de Bourg-en-Bresse en 1983. A l’époque, théoricien de la « parenthèse libérale », le Premier Secrétaire, empressé qu’il était de justifier le tournant libéral de l’action gouvernementale, concluait les débat en exigeant de ses camarades, « un Parti plus unanime pour l’appuyer ».

 A partir de 1983, le PS devenait un parti « campé aux côtés du gouvernement », c’est-à-dire faisant siennes les contraintes qui pesaient sur l’action gouvernementale et cessant de facto d’exercer les fonctions d’un parti socialiste. Le PS, arrivé au pouvoir, voyait ses cadres se lover dans l’appareil d’Etat et bientôt ses anciens experts et ses hauts-fonctionnaires se ruer dans le secteur privé. La réussite sociale d’une génération remplaçait l’accomplissement du socialisme en France.

Pour agrémenter « idéologiquement » le quotidien, le PS se dotait de fausses consciences chargées de se substituer à l’idéal socialiste et à la « rupture avec le capitalisme » : « Europe sociale » et « antiracisme » devenaient les vasodilatateurs d’un Parti à l’encéphalogramme plat chargés de donner brièvement l’illusion de la maîtrise des choses alors que les « vents dominants » l’emportaient vers les rives du Potomac et l’Amérique reaganienne.

Dans l’histoire du socialisme français, le jospinisme n’est pas un épiphénomène ou une incongruité historique, il est autant le produit des contraintes qui ont réellement pesé sur l’action des socialistes en 1983 que cette absence de volonté des socialistes que l’on pourrait définir comme le souhait de ne point penser le monde de peur que la raison ébranle ce à quoi ils sont souvent le plus attachés : le raisonnable. En conséquence, rien n’a changé en vingt-sept ans au Parti Socialiste !

Pas une idée neuve, pas une analyse novatrice, pas un poste électif qui n’ait échappé à l’appétit prédateur d’une caste qui s’est peu à peu substituée aux militants. Pour penser, aujourd’hui, le socialisme, on doit se réfugier en dehors du Parti Socialiste, voilà la conclusion – à notre sens erronée - de beaucoup. Lucile Schmid, vice-présidente démissionnaire du Laboratoire des idées socialiste, a rappelé récemment qu’on a opposé à sa candidature aux élections régionales le fait qu’elle serait une « intellectuelle ». Triste bilan !

Ce qui manque à la Gauche, au PS comme à ses « alliés », c’est la volonté de quitter enfin les années 1980 et de faire un retour vers le présent sinon vers le futur. Période de réussites individuelles hors du commun, ces années ont aussi été celles d’une glaciation idéologique de la social-démocratie et de la gauche française dans son ensemble et de l’emprise croissante d’une caste social-libérale sur le destin de la gauche.

Aujourd’hui, penser la globalisation financière, la nouvelle géopolitique mondiale et la géographie sociale française, c’est penser les fameuses contraintes que le PS met si peu d’énergie à vouloir desserrer. Pour bâtir un projet progressiste face aux droites européennes, nous devons penser l’alliance de l’idéal égalitaire et de la protection de la planète. Voilà des pistes pour sortir le camp progressiste de l’ornière. Cela passe aussi par un réveil militant !
 
Nous n’avions pas cinq ans au moment du Congrès de Bourg-en-Bresse de 1983 (Moi, j'y étais ! MM )  , pourtant l’histoire nous a enseigné que, comme après 1920, comme après 1945, comme après 1969, la « vieille maison » pouvait être un des lieux d’élaboration d’une alternative politique et sociale. Il est temps qu’après les Français en 2002, les socialistes remercient définitivement cette fois le camarade Jospin. Aidons-les ! "


Les auteurs de ce texte: Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin sont membres du Parti Socialiste, auteurs de Recherche le peuple désespérément, Bourin Editeur, 2009. Mickaël Vallet est Maire (PS) de Marennes (17).

19/01/2010 | Lien permanent | Commentaires (2)

Jean Auclair, casse-tête de liste

Après avoir entretenu le suspens comme une menace ("J'irai si Jean-Jacques Lozach y va ! "), Jean Auclair, député du cercle de la circonscription disparue, avait désigné Vincent Turpinat, maire de Jarnages, comme tête de liste départementale UMP aux prochaines Régionales. Cela permettait de régler le conflit né de la dernière élection cantonale, qui avait vu le maire de Gouzon de l'époque, Jean-Pierre Vacher, désigné candidat, au détriment de Vincent Turpinat.

L'UMP dispose de deux élus sortants, Pierre Brignolas et Michèle Suchaud, qui ont appris en lisant La Montagne, que Jean Auclair leur avait réglé leur compte. Sacrifiés sur l'autel du jeunisme et du renouvellement ! C'est comme ça que ça marche, à l'UMP de la Creuse... Y a pas intérêt à louper une seule édition de La Montagne...

Seulement voila : on ne sait plus rien ! La semaine dernière, Vincent Turpinat était absent de l'inauguration du local et du lancement de la campagne de Raymond Archer. Jean Auclair était présenté par le reportage de France3, comme la tête de liste creusoise et l'interview qu'il donnait en donnait le parfait sentiment, avec de remarquables motivations régionales ! Jusqu'au démenti dans les colonnes de La Montagne du lendemain !

Et pourtant, la rumeur ne cesse d'enfler, d'une tête de liste décidément assurée par le député à la circonscription disparue. Vincent Turpinat se verrait relégué à la 3e position, dont l'éligibilité n'est pas garantie sur facture, et au passage, sauvetage de madame Suchaud, en 2e place, qui du coup, se montre sur le terrain. Le moins qu'on puisse dire, c'est que la liste UMP n'est pas un long fleuve tranquille. L'accouchement est difficile: on se demande si le bébé se présente par la tête ou par le siège !

Que se passera-t-il si cette rumeur se confirme en information ? Vincent Turpinat, qu'on ne voit nulle part, accepte-t-il sereinement la figuration dans laquelle on le cantonne ?

Quel mandat abandonnera Jean Auclair une fois élu à la Région ? Atteint par les dispositions de la Loi sur le cumul des mandats, renoncera-t-il à la députation, lui qui s'est révélé incapable de conserver une circonscription qu'il représente depuis 1993, ou au Conseil Général où il siège depuis 1989 ?

Dans tous les cas de figures, on ne peut pas dire que l'incertitude qui prévaut légitime particulièrement Vincent Turpinat, désormais condamné au rôle de bouche-trou, quelque soit le résultat final, ce qu'il ne mérite pas. Jean Auclair est plus que jamais dans l'emploi qu'il préfère, celui de dynamiteur de ses amis politiques. C'est lui, lui et encore lui. Casseur de tête de liste. Entre autre. Car ses "amis" semblent de plus en plus estimer qu'il ne leur casse pas que la tête.

Bon message en vérité, en direction de la jeunesse, que de fragiliser ainsi ceux qu'on prétend mettre en piste, vous pouvez me croire.

Nous ne devrions pas tarder à être fixés. La vérité si je mens...

16/01/2010 | Lien permanent | Commentaires (1)

Tags Technorati: Jean Auclair, Jean-Pierre Vacher, Michèle Suchaud, Pierre Brignolas, tête de liste régionales Creuse, UMP Creuse, Vincent Turpinat

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